Oui, mais…

La prière, c’est un dialogue avec Dieu, où l’un et l’autre parlent et se répondent.

Notre Père qui es aux cieux.
Oui, mais les cieux, c’est loin.
Et pourtant, je crois que tu es tout proche de moi.

Que ton nom soit sanctifié.
Oui, mais ton nom est brandi par les bons et ceux qui ne le sont pas.
Et pourtant, je crois que toi seul es saint.

Que ton Règne vienne.
Oui, mais cela fait longtemps que nous l’attendons.
Et pourtant, je crois que nous pouvons le faire grandir aujourd’hui déjà.

Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Oui, mais ta volonté n’est pas toujours ce que j’ai envie de faire.
Et pourtant, je crois que tu ne veux qu’une chose : m’aimer.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Oui, mais le pain de chaque jour est cher à gagner et j’y renonce parfois.
Et pourtant, je crois que tu combles tous mes besoins.

Pardonne-nous nos offenses.
Oui, mais mes mots dépassent parfois ma pensée.
Et pourtant, je crois que tu me pardonnes.

Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Oui, mais il y a des choses que je ne peux pas pardonner.
Et pourtant, je crois que tu peux faire reculer mon impossible.

Et ne nous laisse pas entrer en tentation.
Oui, mais je ne sais pas toujours résister.
Et pourtant, je crois que tu es là pour me guider dans mes choix.

Et délivre-nous du mal.
Oui, mais je n’ai pas toujours conscience de celui que je fais malgré moi.
Et pourtant, je crois que ton amour est plus grand que tout le reste.

Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire.
Oui, mais alors que me reste-t-il ?
Et pourtant, je crois que tu m’as fait à ton image.

Aux siècles des siècles.
Oui, mais ton éternité me dépasse tellement.
Et pourtant, je crois que tu as envoyé ton Fils dans mon histoire.

Amen.
Oui, mais…
Non, amen!

Photo personnelle

Et pendant ce temps-là, les Shadoks pompaient!

Lorsque la paroisse de La Neuveville m’a engagé comme diacre, le premier pour elle, son conseil pensait qu’il serait assez aisé de faire bouger les choses. En effet, l’Église réformée bernoise n’octroie pas la célébration des services funèbres et des bénédictions de mariage aux diacres. Ces actes sont réservés aux seuls pasteurs. Pour moi qui vient de l’Église réformée neuchâteloise, ça a été un choc!

Mais pourquoi?

Lorsque j’ai lu les arguments qui justifient cette décision, le choc a été d’autant plus grand. L’Église bernoise met l’accent sur une formation d’aumônier (qui n’existe d’ailleurs pas en tant que telle) et sur une pratique de l’accompagnement. Dit ainsi, je connais bon nombre de diacres qui répondent à ces critères.

Au vu de mon parcours professionnel, des formations suivies et de mon expérience, j’ai toutes les qualités requises. J’ai d’ailleurs eu à maintes reprises l’occasion de célébrer et services funèbres et bénédictions de mariage dans le Canton de Neuchâtel. Bon, passons.

C’est trop tôt.

Et quand les députées de notre paroisse informe le synode d’arrondissement de la situation, la réponse est consternante : cette question a été abordée il y a 3-4 ans et il est sans doute trop tôt de la reprendre maintenant. Et surtout, on ne propose pas d’alternative, de situation transitoire, de solutions…

Cela m’attriste de voir une Église, ou des Églises, se réfugier derrière des règlements et autres ordonnances, de les brandir comme parole d’Évangile, ignorant les réalités et les besoins des paroisses, du terrain. Et compliquant au passage l’organisation interne de notre paroisse. Cette décision met à mal la reconnaissance de mon ministère et de mon expérience. Mais, bien sûr, personne ne le reconnaîtra, mais quand même.

Anne, ma sœur Anne…

Le conseil reste attentif et des représentants au synode cantonal interpelleront leurs homologues, notamment alémaniques. Tout cela prendra du temps et avancera au rythme des pas de sénateurs.

Alors attendons, espérons, et prions sans cesse… Ne renonçons pas.

Et pendant ce temps-là, les Shadoks pompaient, pompaient, pompaient…

Source de l’image: Pixabay.com

L’Église, c’est plus que ce qu’on croit. Et tant mieux!

Au fait, c’est quoi l’Église? Il vaudrait la peine, un jour, de faire un micro-trottoir à ce sujet. Et qu’est-ce que j’attends pour le faire?

L’Église, c’est…

L’Église, ce peut être d’abord un édifice, au milieu du village, évidemment.

L’Église, c’est une institution confessionnelle : catholique, réformée, orthodoxe, évangéliques (au pluriel, tant la diversité est grande) et j’en passe (pardon…)

L’Église, c’est une communauté composée de ceux qui lui donnent vie par leurs engagements personnels, leur soutien moral et financier (à part les cantons de Genève et Neuchâtel, ils n’ont pas vraiment le choix). Ceux qui y sont mais sans attaches et qui n’ont pas voulu ou pensé la quitter. Ceux qui y restent pour de nombreuses bonnes (ou mauvaises) raisons. Et tous les autres aussi.

L’Église, c’est elle qu’on appelle un jour parce qu’on veut faire baptiser son enfant, bénir son mariage ou dire adieu à un proche.

Ça, c’est celle qu’on voit. Mais ça n’est pas que ça.

Continuer la lecture de « L’Église, c’est plus que ce qu’on croit. Et tant mieux! »

Au micro

Ce lundi matin, mon interview par la radio bilingue Canal3 de Bienne a été diffusée (à écouter, ça dure 5 minutes 22). Il s’agissait de répondre aux questions du journaliste Jérôme Favaretto à propos de mes débuts à La Neuveville : premières impressions, activités, projets…

Allô? C’est la radio…

Le premier contact s’est fait par téléphone jeudi matin. La radio s’intéresse à moi parce que je suis (très) actif sur les réseaux sociaux. Je suis pris un peu de court. On discute et je réponds à quelques questions, alors que je suis dans la rue. Des questions pour débroussailler et baliser un peu l’entretien qui sera enregistré dans les murs de Canal3 le lendemain.

Continuer la lecture de « Au micro »

Des pierres. Oui mais de chair !

Qu’est-ce qu’on regarde?

Les images n’auront échappé à personne. Ce lundi soir, tous les projecteurs étaient braqués sur les deux tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris, comme à une autre époque sur les Twin Towers. Les journaux télévisés en ont fait leur une. Cet incident a occupé toute la place, à tel point que l’allocution du chef de l’État a été annulée et reportée à des lendemains flamboyants.

Mais qu’est-ce qu’on regarde au fait ? Qu’est-ce qu’on nous oblige à regarder, à contempler ? Un incendie. Ne sommes-nous pas soudain surpris à être voyeurs ? Pourquoi cet incendie focalise-t-il tous les regards ? Est-ce parce qu’il touche un haut lieu de la religion catholique française ? Est-ce parce que nous sommes au début de la Semaine Sainte ? Est-ce parce qu’on croyait Notre-Dame indestructible, puisqu’elle avait résisté au temps et à ses affres ?

On s’inquiète au passage des risques pour nos édifices religieux. Et si…

Continuer la lecture de « Des pierres. Oui mais de chair ! »

Bonjour, Monsieur le Diacre

Depuis un mois que je suis engagé dans la paroisse de La Neuveville, une chose m’a étonné : le mot « diacre » n’appelle pas de questions… Ou pas encore. Comme si, dans l‘Église réformée Berne-Jura-Soleure, ce ministère était aussi connu et reconnu que celui de pasteur. La lecture de certains textes législatifs m’a prouvé que ce n’est pas si simple… Mais bon.

Monsieur le Diacre, comme Monsieur le Pasteur

Étonnant ? Oui, pour moi qui viens de l’Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel. Chaque fois que je disais : « Je suis diacre », un soulèvement de sourcil annonçait une question : « Et c’est quoi ? » Dans un billet, j’ai montré le malaise qui était le mien devant cette interrogation.

Continuer la lecture de « Bonjour, Monsieur le Diacre »

Grâce à Dieu

Tout est vrai… Tragiquement vrai !

L’histoire, le nom des protagonistes. Tout est véridique. Et même certaines répliques à l’image de « Grâce à Dieu, les faits sont prescrits. » Des mots qui ont soulevé l’indignation et pour cause, on parle d’enfants abusés par certains de ceux à qui ont les a confiés… en toute confiance. Je dis bien : certains.

Le film n’est pas d’abord le procès de l’Église catholique, mais d’un homme. C’est la quête du pardon, la reconnaissance d’une enfance blessée, de conséquences qui ne cicatrisent pas.

Le film, ce sont des parcours de vies mis à nus, écorchés, à chair vive. On n’en ressort pas indemne.

Continuer la lecture de « Grâce à Dieu »

Je suis un colibri (et ça soulage)

Depuis quelques jours, je suis en train de lire « Foutez-vous la paix ! Et commencez à vivre » de Fabrice Midal. J’y ai découvert la légende du colibri. Je vous la partage, racontée par Pierre Rabhi.

Certainement qu’elle n’aurait pas déplu au Rabbi Jésus, cette légende :   « Chacun est appelé à faire sa part ! » À l’heure de la mobilisation pour sauver le climat, et des rassemblements de toutes sortes, elle prend encore une autre dimension.

On pourrait être tenté de céder au découragement : sauver le monde n’est pas à ma portée, j’en suis bien incapable ! Il en va de même de l’éradication de la violence et du mal, de l’injustice, des fléaux qui ébranlent notre monde. Bien sûr que je suis incapable de sauver le monde. Mais est-ce une raison pour se résigner ? Pour abandonner ? Pour ne rien faire ? N’avons-nous pas à ressembler au colibri qui fait sa part : quelques gouttes d’eau versées avec opiniâtreté sur un incendie.

Faire sa part, ce n’est pas être le Christ, le Sauveur du  monde, mais c’est se mettre en route à sa suite, faire ce qui est possible, à notre portée, avec nos moyens et conscient de nos limites.

Alors, Foutez-vous la paix ! Et commencez à vivre comme un colibri. Vous verrez, ça soulage !

Source de l’image d’en-tête : pixabay.com

Je prie donc je suis

Une impulsion

Sur son blog, le pasteur Marc Pernot répond à un internaute qui affirme qu’il ne peut pas prier, ne reconnaissant pas Dieu comme une réalité. Le pasteur interroge et s’interroge sur « Dieu » et sur « prier ». Lisez sa réponse complète ici. J’ai beaucoup aimé l’humilité du théologien au-delà des réponses dogmatiques, institutionnelles ou toutes faites. Son éclairage a alors alimenté ma propre réflexion et a questionné mon rapport à la prière.

Continuer la lecture de « Je prie donc je suis »

Sois le Bienvenu !

Ce dimanche, premier du temps de carême, a marqué mon « entrée officielle » dans la paroisse réformée de La Neuveville, en qualité de diacre. Un ministère ouvert, parce que peu (re)connu dans l’Eglise bernoise, mais les choses sont en train de bouger positivement. Un ministère à géométrie variable qui évoluera au gré des besoins, des attentes et des envies. Ce dimanche, j’ai poussé la porte de ma nouvelle paroisse…

La maison ouverte

Une maison ouverte, avec une porte grande ouverte.
C’est une invite,
Un signe amical.
Sois bienvenu-e !

Voici le début de la première méditation du carnet de méditations 2019 « Se renouveler » de la Campagne œcuménique de Carême. La tenture réalisée par l’artiste allemand Uwe Appold, visible en tête de ce billet, source)  agrémentée des mots de Hildegard Aepli montre en son centre une maison avec une ouverture, une porte ouverte, invitant à y pénétrer ou à en sortir.

Un début ouvert

Une porte entrouverte ou grande ouverte. Des seuils à franchir et à dépasser aussi parfois. Des maisons dont on sort et dans lesquelles on entre. Des sonnettes à presser ou à tirer, des poignées à tourner ou à appuyer. Il y a aussi les passerelles pour passer au-dessus des séparations. Ce fut le thème de la prédication du pasteur John Ebbutt, basée sur le début de l’Évangile de Marc (1, 21-35) lors du culte qui m’a accueilli et présenté à La Neuveville.

Un mot qui ouvre

Et un mot, celui qu’on dit quand on accueille des invités. Un mot que j’ai adressé sur le pas de la porte de la Blanche-Eglise peu avant le culte : Bienvenu ! Un mot qu’on m’a adressé en guise d’au-revoir : Bienvenu !… Et merci.

Une attention gourmande a marqué cette nouvelle étape : Les Pavés de La Neuveville. Un régal pour l’amateur de chocolat que je suis…

Cela fait vraiment du bien de se sentir accueilli à portes grandes ouvertes, attendu peut-être… Un nouveau départ plein de promesse !