UN JOUR, LA VIE… 9 courts récits

En octobre est paru, aux Éditions du Sureau, mon recueil UN JOUR, LA VIE… 9 courts récits. C’est une publication à compte d’auteur qui m’a permis de faire la connaissance des deux autres écrivants à ce jour: Daniel Musy et PascalF Kaufmann. Nous préférons ce terme d’écrivants à écrivains pour nous démarquer des auteurs professionnels.

Fausse modestie? Peut-être, mais nous l’assumons.

J’ai également eu recours aux services de l’imprimerie Monney de La Chaux-de-Fonds, dans un souci de proximité et de faible empreinte écologique.

>Lire aussi le billet de Daniel Musy (initiateur des Éditions du Sureau).

>Lire ma présentation sur le site des Édition du Sureau

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La fête nationale pour se souvenir du vivre ensemble

Mon premier message spirituel et patriotique dans un home à l’occasion de la fête nationale.

Mesdames et Messieurs, chers Amis,

Merci de m’accueillir aujourd’hui, en ce jour de fête nationale. C’est ma première fois parmi vous et j’en suis très heureux.

Laissez-moi vous raconter une petite histoire pour commencer.

Un papa demande un jour à sa fille :
– Dis-moi, dans ton école, il y a des étrangers ?
– Je ne sais pas, papa.
– Comment ça ?
– Dans mon école, il y a des enfants !

Parce qu’avant d’être ceci ou cela, on est membres d’une même famille, celle de l’humanité. La vie et ses circonstances font que nous vivons dans un même pays, que nous partageons une même histoire, des valeurs communes.

La fête nationale est sans doute là pour nous le rappeler.

Le 1er Août, tel que nous le célébrons, comporte certainement sa part de légende : les historiens ne s’accordent pas tous autour de la date de rédaction du fameux Pacte de 1291. Guillaume Tell n’est peut-être qu’une figure, plutôt qu’un personnage ayant réellement existé. Et alors ?

L’essentiel est ailleurs. Cet essentiel, c’est la capacité à vivre ensemble.

Au-delà, ou plutôt grâce à nos différences, nous formons une communauté. Car ce sont bien elles, nos différences, qui font la beauté et la diversité de notre peuple, de notre société, de notre commune, de notre home, de notre famille. Notre communauté offre ainsi à chacun et chacune une place là où il est. Elle affirme que chacun est ainsi reconnu et accueilli et qu’il a une valeur certaine.

>> lire aussi : Ton rire, mon rire.

Le vivre ensemble nous fait aussi et surtout être là pour ceux et celles qui ont besoin de notre présence et de notre écoute.

Mais, vivre ensemble ne va pas toujours de soi. Il peut y avoir des grains de sable dans les rouages. C’est alors qu’il nous faut faire des compromis, des ajustements, des remises en question. C’est aussi cela qui nous fait avancer.

Partager un même quotidien nous fait comprendre qu’il y a tout autant, voire plus, de joie à donner qu’à recevoir, pour reprendre une parole biblique (voir Actes 20, 35).

>> Lire aussi : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.

À ce propos, souvenons-nous de ceux et celles qui nous ont quittés, mais que nous gardons dans nos cœurs, parce qu’ils, elles, ont marqué nos existences parce qu’ils nous ont tant donné. C’est aussi cela vivre ensemble.

Alors, dans ce sentiment de reconnaissance, et de gratitude, aujourd’hui, soyons heureux ! Heureux, cela veut dire vivants. Découvrons une fois encore, la joie d’être ensemble, la joie de vivre ensemble, grâce à nos différences. Ce sont elles qui font que nous des hommes et des femmes riches d’un trésor inestimable : l’amitié humaine.

Belle fête du 1er Août. Merci de votre attention.

Source de l’image : www.pixabay.com

Vous prendrez bien un p’tit plaisir…

Tout récemment, une discussion m’amène sur le terrain du plaisir. Déjà la discussion elle-même est plaisir. Quelqu’un me demande si c’est mal d’éprouver du plaisir en admirant un paysage, en mangeant, en dégustant un fruit, ou en ne faisant rien. Je sens comme une ombre de culpabilité à éprouver ces plaisirs somme toute assez simples, alors que beaucoup d’autres en sont privés. J’entends aussi derrière ces mots cette attitude d’austérité et de frigidité que le « croyant » devrait s’infliger pour être un « bon croyant » (c’est encore pire si c’est une croyante).
Ah… Les stéréotypes ont la vie dure.

>> Lire aussi : Le carême, j’en veux… J’en veux pas !

Eh bien, non ! Ce n’est ni mal, ni grave, ni culpabilisant, bien au contraire! Parce que ces plaisirs-là, et les autres, font partie de la vie et donnent du goût à cette vie qui, sans eux, serait invivable, avouons-le. Oui, on peut être croyant et rire, chanter, danser… Et aimer cela. C’est normal!

Et même les plaisirs, qu’on appelle pudiquement de la chair, ne sont pas plus mal non plus, ni interdits d’ailleurs, du moment qu’ils sont consentis (un peu de prévention au passage).

Au cours de la discussion, il m’est revenu ces paroles de l’Ecclésiaste, qui au milieu d’autres propos résignés (Vanité des vanités, tout est vanité et poursuite du vent…), rappelle ceci :

Alors, mange ta nourriture avec joie, bois ton vin de bon cœur, car depuis longtemps, Dieu approuve ce que tu fais. Porte toujours des vêtements de fête et n’oublie jamais de parfumer ton visage. Profite de la vie avec la femme que tu aimes, tous les jours de la courte existence que Dieu te donne sous le soleil. Oui, ta vie est courte, et c’est la part que tu reçois pour le travail que tu fais sous le soleil. (9,7ss)

Et le Cantique des cantiques n’évoque-t-il pas le plaisir de deux amoureux avec poésie? Dégustez, savourez ce texte et vous verrez.

Alors ouiiii, la vie, et Dieu, nous offrent des plaisirs chaque jour. En rédigeant ce billet, je perçois le piaillement d’un oiseau, je profite d’un début de journée ensoleillé, je savoure un café et j’écris. Plus tard, je m’allongerai sur une chaise longue et profiterai d’un moment, sentant le vent et le soleil. Tous ces petits ou grands plaisirs feront que cette journée sera belle pour vous comme pour moi. Et je dis MERCI, tout simplement. Et je complète souvent ce Merci par une prière ou une pensée à toutes les personnes pour qui la vie n’est ni facile, ni plaisante.

Allez, je vous laisse découvrir ce qui vous fait plaisir.

Je vous quitte en vous laissant encore ces mots de Saint-Augustin :

Aime Dieu et fais ce que tu veux.

Du moment que l’amour est au commencement de tout…

Alors, chers lecteurs et lectrices : Carpe diem!

Source de l’image : Pixabay.com

Oui, mais…

La prière, c’est un dialogue avec Dieu, où l’un et l’autre parlent et se répondent.

Notre Père qui es aux cieux.
Oui, mais les cieux, c’est loin.
Et pourtant, je crois que tu es tout proche de moi.

Que ton nom soit sanctifié.
Oui, mais ton nom est brandi par les bons et ceux qui ne le sont pas.
Et pourtant, je crois que toi seul es saint.

Que ton Règne vienne.
Oui, mais cela fait longtemps que nous l’attendons.
Et pourtant, je crois que nous pouvons le faire grandir aujourd’hui déjà.

Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Oui, mais ta volonté n’est pas toujours ce que j’ai envie de faire.
Et pourtant, je crois que tu ne veux qu’une chose : m’aimer.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Oui, mais le pain de chaque jour est cher à gagner et j’y renonce parfois.
Et pourtant, je crois que tu combles tous mes besoins.

Pardonne-nous nos offenses.
Oui, mais mes mots dépassent parfois ma pensée.
Et pourtant, je crois que tu me pardonnes.

Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Oui, mais il y a des choses que je ne peux pas pardonner.
Et pourtant, je crois que tu peux faire reculer mon impossible.

Et ne nous laisse pas entrer en tentation.
Oui, mais je ne sais pas toujours résister.
Et pourtant, je crois que tu es là pour me guider dans mes choix.

Et délivre-nous du mal.
Oui, mais je n’ai pas toujours conscience de celui que je fais malgré moi.
Et pourtant, je crois que ton amour est plus grand que tout le reste.

Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire.
Oui, mais alors que me reste-t-il ?
Et pourtant, je crois que tu m’as fait à ton image.

Aux siècles des siècles.
Oui, mais ton éternité me dépasse tellement.
Et pourtant, je crois que tu as envoyé ton Fils dans mon histoire.

Amen.
Oui, mais…
Non, amen!

Photo personnelle

Et pendant ce temps-là, les Shadoks pompaient!

Lorsque la paroisse de La Neuveville m’a engagé comme diacre, le premier pour elle, son conseil pensait qu’il serait assez aisé de faire bouger les choses. En effet, l’Église réformée bernoise n’octroie pas la célébration des services funèbres et des bénédictions de mariage aux diacres. Ces actes sont réservés aux seuls pasteurs. Pour moi qui vient de l’Église réformée neuchâteloise, ça a été un choc!

Mais pourquoi?

Lorsque j’ai lu les arguments qui justifient cette décision, le choc a été d’autant plus grand. L’Église bernoise met l’accent sur une formation d’aumônier (qui n’existe d’ailleurs pas en tant que telle) et sur une pratique de l’accompagnement. Dit ainsi, je connais bon nombre de diacres qui répondent à ces critères.

Au vu de mon parcours professionnel, des formations suivies et de mon expérience, j’ai toutes les qualités requises. J’ai d’ailleurs eu à maintes reprises l’occasion de célébrer et services funèbres et bénédictions de mariage dans le Canton de Neuchâtel. Bon, passons.

C’est trop tôt.

Et quand les députées de notre paroisse informe le synode d’arrondissement de la situation, la réponse est consternante : cette question a été abordée il y a 3-4 ans et il est sans doute trop tôt de la reprendre maintenant. Et surtout, on ne propose pas d’alternative, de situation transitoire, de solutions…

Cela m’attriste de voir une Église, ou des Églises, se réfugier derrière des règlements et autres ordonnances, de les brandir comme parole d’Évangile, ignorant les réalités et les besoins des paroisses, du terrain. Et compliquant au passage l’organisation interne de notre paroisse. Cette décision met à mal la reconnaissance de mon ministère et de mon expérience. Mais, bien sûr, personne ne le reconnaîtra, mais quand même.

Anne, ma sœur Anne…

Le conseil reste attentif et des représentants au synode cantonal interpelleront leurs homologues, notamment alémaniques. Tout cela prendra du temps et avancera au rythme des pas de sénateurs.

Alors attendons, espérons, et prions sans cesse… Ne renonçons pas.

Et pendant ce temps-là, les Shadoks pompaient, pompaient, pompaient…

Source de l’image: Pixabay.com

L’Église, c’est plus que ce qu’on croit. Et tant mieux!

Au fait, c’est quoi l’Église? Il vaudrait la peine, un jour, de faire un micro-trottoir à ce sujet. Et qu’est-ce que j’attends pour le faire?

L’Église, c’est…

L’Église, ce peut être d’abord un édifice, au milieu du village, évidemment.

L’Église, c’est une institution confessionnelle : catholique, réformée, orthodoxe, évangéliques (au pluriel, tant la diversité est grande) et j’en passe (pardon…)

L’Église, c’est une communauté composée de ceux qui lui donnent vie par leurs engagements personnels, leur soutien moral et financier (à part les cantons de Genève et Neuchâtel, ils n’ont pas vraiment le choix). Ceux qui y sont mais sans attaches et qui n’ont pas voulu ou pensé la quitter. Ceux qui y restent pour de nombreuses bonnes (ou mauvaises) raisons. Et tous les autres aussi.

L’Église, c’est elle qu’on appelle un jour parce qu’on veut faire baptiser son enfant, bénir son mariage ou dire adieu à un proche.

Ça, c’est celle qu’on voit. Mais ça n’est pas que ça.

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Au micro

Ce lundi matin, mon interview par la radio bilingue Canal3 de Bienne a été diffusée (à écouter, ça dure 5 minutes 22). Malheureusement, il n’est plus disponible dans les archives de la radio. Il s’agissait de répondre aux questions du journaliste Jérôme Favaretto à propos de mes débuts à La Neuveville : premières impressions, activités, projets…

Allô? C’est la radio…

Le premier contact s’est fait par téléphone jeudi matin. La radio s’intéresse à moi parce que je suis (très) actif sur les réseaux sociaux. Je suis pris un peu de court. On discute et je réponds à quelques questions, alors que je suis dans la rue. Des questions pour débroussailler et baliser un peu l’entretien qui sera enregistré dans les murs de Canal3 le lendemain.

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Des pierres. Oui mais de chair !

Qu’est-ce qu’on regarde?

Les images n’auront échappé à personne. Ce lundi soir, tous les projecteurs étaient braqués sur les deux tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris, comme à une autre époque sur les Twin Towers. Les journaux télévisés en ont fait leur une. Cet incident a occupé toute la place, à tel point que l’allocution du chef de l’État a été annulée et reportée à des lendemains flamboyants.

Mais qu’est-ce qu’on regarde au fait ? Qu’est-ce qu’on nous oblige à regarder, à contempler ? Un incendie. Ne sommes-nous pas soudain surpris à être voyeurs ? Pourquoi cet incendie focalise-t-il tous les regards ? Est-ce parce qu’il touche un haut lieu de la religion catholique française ? Est-ce parce que nous sommes au début de la Semaine Sainte ? Est-ce parce qu’on croyait Notre-Dame indestructible, puisqu’elle avait résisté au temps et à ses affres ?

On s’inquiète au passage des risques pour nos édifices religieux. Et si…

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Bonjour, Monsieur le Diacre

Depuis un mois que je suis engagé dans la paroisse de La Neuveville, une chose m’a étonné : le mot « diacre » n’appelle pas de questions… Ou pas encore. Comme si, dans l‘Église réformée Berne-Jura-Soleure, ce ministère était aussi connu et reconnu que celui de pasteur. La lecture de certains textes législatifs m’a prouvé que ce n’est pas si simple… Mais bon.

Monsieur le Diacre, comme Monsieur le Pasteur

Étonnant ? Oui, pour moi qui viens de l’Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel. Chaque fois que je disais : « Je suis diacre », un soulèvement de sourcil annonçait une question : « Et c’est quoi ? » Dans un billet, j’ai montré le malaise qui était le mien devant cette interrogation.

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Grâce à Dieu

Tout est vrai… Tragiquement vrai !

L’histoire, le nom des protagonistes. Tout est véridique. Et même certaines répliques à l’image de « Grâce à Dieu, les faits sont prescrits. » Des mots qui ont soulevé l’indignation et pour cause, on parle d’enfants abusés par certains de ceux à qui ont les a confiés… en toute confiance. Je dis bien : certains.

Le film n’est pas d’abord le procès de l’Église catholique, mais d’un homme. C’est la quête du pardon, la reconnaissance d’une enfance blessée, de conséquences qui ne cicatrisent pas.

Le film, ce sont des parcours de vies mis à nus, écorchés, à chair vive. On n’en ressort pas indemne.

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