Cherchez le seul fondement : le Christ

Image du palais idéal imaginé par le facteur Cheval

Textes du jour : 1 Corinthiens 3:10-14 | Matthieu 5, 43-48

>>Le podcast (enregistrement) de la prédication.

Chers Amis, Frères et Sœurs,

Il y a un mois maintenant, nous avons célébré la Semaine de prières pour l’Unité des chrétiens. À cette occasion, et comme chaque année, nous célébrons ensemble et nous réfléchissons à ce que signifie croire au même Dieu, celui de Jésus-Christ, avec nos différences confessionnelles, catholiques, protestants, évangéliques. Nous essayons de montrer qu’il est possible d’être UN au-delà des querelles de clochers. Nous cherchons à revenir au seul fondement qui compte : Jésus-Christ, crucifié et ressuscité.

Là est l’essentiel. Tout le reste n’est que garniture.

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L’unité n’est ni une option ni une évidence

Traditionnellement, du 18 au 25 janvier, les Églises entrent dans la Semaine de prières pour l’Unité des chrétiens, soutenue notamment par le Conseil œcuménique des Églises (COE). Présentation et édition 2020.

Une occasion de rappeler que l’appel à l’unité est christique (Jn 17,21). Et qu’il n’est ainsi ni une option (à choix) ni une évidence (à accepter).

Que tous soient un.

J’aimerais ici partager mon expérience de l’œcuménisme tel que je l’ai vécu d’abord, tel que je le vis et tel que je le rêve.

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Dieu: un mot. Rien qu’un mot. Plus qu’un mot.

Lors d’un Théo-Café, la discussion a pris un tour particulier : un participant a déclaré qu’il ne croyait plus au Dieu qu’on lui a servi. Ce Dieu qui exaucerait toutes nos prières, qui arrêterait ou éviterait les guerres, qui éradiquerait le mal de la surface de la terre. Ce Dieu tout-puissant.

Ses propos ont alors déclenché une réaction : Vous ne croyez donc plus en Dieu?

Le participant a essayé de se justifier, d’étoffer son propos.

Après un moment, j’ai cru bon de demander, pour préciser :
– C’est le mot ou l’image de Dieu qu’on vous a servi qui pose problème aujourd’hui?

Je suis qui je suis… et toi, tais-toi?

Bingo! C’est dans le mille. Oui, c’est cela! Et c’est cela aussi qui nourrit ma propre réflexion au sujet de Dieu. Oh, pas le mystère de Dieu qui restera toujours hors de ma portée, mais le mot. Ce mot si souvent galvaudé, employé à tort et à travers plus qu’à raison. Enfin je crois.

À Moïse qui lui demande son nom, « Dieu » répond par une tournure énigmatique qui a troublé les traducteurs. On a fini par garder : « Je suis qui je suis (ou serai) ». Une façon de laisser planer le mystère, d’affirmer aussi que ce (ou celui) que nous nommons « Dieu », faute de mieux, échappera à nos mots et à nos projections. Et c’est tant mieux! Une manière, peut-être, de signifier que l’humain ne pourra jamais percer ce mystère, c’est pourquoi ce nom ne doit pas être prononcé en vain.

Je suis qui je suis. Cela laisse entendre aussi: « … Et tu es qui tu es. » Ce qui crée un espace entre un JE et un TU. Un espace nécessaire pour un dialogue et une relation. Car, ce que le participant du Théo-Café a relevé, c’est que son refus actuel, est venu avec la maturité et l’âge, du mot et de l’image ne remettait pas en cause sa relation au Dieu mystère. Ce Dieu à la fois tout-puissant et sûrement bien plus intimement proche qu’on ne le pense. Un Dieu à chercher au plus profond de soi d’abord.

Un mot. Mais que dit un mot?

Dieu. Un mot. Juste un mot choisi qui aurait l’audace de tout dire? Qui définirait le Dieu mystère une fois pour toutes? Allons donc… Si c’était le cas, ce mot ferait de nous des êtres tout-puissants, capables d’enfermer « Dieu » dans ces quatre lettres. Mais « Dieu » est bien plus qu’un mot. Il ne se laisse enfermer ni dans les mots qu’on lui attribue, ni dans des dogmes, des vérités, encore moins dans des Églises. Il est libre et libre de se révéler à l’humain. Une des manières a été Jésus de Nazareth, le Fils de l’homme (avec ou sans majuscule d’ailleurs). Encore une tournure qui nous fait réfléchir… Il existe encore bien d’autres façons. Car « Dieu » nous surprendra toujours. Et, c’est tant mieux, encore une fois.

Un mot-mort. Un mot limite.

En préparant ce billet, j’ai découvert que MOT, avec ou sans H à la fin, est une divinité de la mythologie ouagaritaine (Syrie) et son nom signifie « La mort ». La mort qui marque notre finitude de notre existence, qui pose une limite. Notre existence, pas notre Vie en relation. Et cela me convainc que nos mots sont par définition limités, étriqués à l’échelle de notre compréhension et de nos projections.

Pour ma part, je continuerai de croire en Dieu et d’employer le mot « Dieu », mais je serai encore plus conscient qu’il ne dit qu’une infime part de ce (ou celui) qu’il désigne.

Des mots libres.

Voilà sans doute l’esprit du Théo-Café 99 minutes: un espace où il est possible de dire ses convictions et ses doutes, de partager son cheminement humain et spirituel, de le confronter à d’autres dans la bienveillance et le respect de chacun et chacune.

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