Tous au travail… Oui, toi aussi !

Nous lisons ce matin, dans l’Évangile selon Matthieu (20, 1-16), la parabole des ouvriers de la onzième heure.
Ce jour-là, Jésus s’adresse à ses disciples qui s’interrogent sur ce qu’ils ont à gagner, eux qui ont tout abandonné pour suivre celui qui les a appelés. Par une image, celle de la vigne, Jésus leur répond que toute logique de ce monde sera renversé dans le Royaume des cieux.

Prédication

Chers Amis,
Frères et Sœurs,

Histoire d’un autre temps… Allons, donc

Cette histoire contée par Jésus n’est pas sans rappeler une époque que je n’ai connue que par des films ou des photographies, mais que nombre d’entre vous ont certainement vécue : la période des foins.

Ce travail nécessitait, avant l’arrivée des machines, des bras, des hommes, des femmes qui œuvraient aux champs. Et à cette époque-là, on ne comptait pas ses heures, d’autant plus si l’orage menaçait et qu’il fallait rentrer le précieux foin avant l’averse.

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Alerte ! Vigilance

Prédication du culte du 11 août à La Blanche-Église de la Neuveville

Textes bibliques : Psaumes 130 (129) et Évangile de Luc 12, 35-40.

Chers Amis, frères et sœurs,

J’espère que vous resterez éveillés tout le temps de ma méditation de ce matin.

Un test de personnalité

Il y a quelque temps, profitant, ou plutôt subissant, un après-midi caniculaire, je me suis prêté à un test de personnalité, comme on en trouve dans les journaux de vacances. Le titre était prometteur : à quel animal ressemblez-vous?

Avant de commencer, j’avais bien une petite idée, mais je voulais en avoir le cœur net. Le résultat m’a surpris. Moi qui me voyais bien « chat », parce que je suis plutôt casanier, indépendant et solitaire, avec des nuances, évidemment. Voilà que le test fini, je me découvre « oiseau » ou « papillon ». Épris de liberté, de légèreté et curieux de nouveaux horizons.

Ça me va bien aussi. Cette image, en effet, laisse entrevoir le vent qui souffle dans ma vie et me porte, le vent, souffle de Dieu.

Et vous, comme ça, sans réfléchir trop longtemps, à quel animal ressembleriez-vous ? Je vous laisse la réponse tant elle est personnelle. Continuer la lecture de « Alerte ! Vigilance »

La richesse de la rencontre

Texte : Genèse 18, 1-15 : l’hospitalité sous les chênes de Mamré.

Prédication (voir aussi culte complet)

Chers Amis,

Où étiez-vous il y a tout juste 50 ans, le 21 juillet 1969? Peut-être devant la télévision ou à l’écoute de la radio pour entendre ces mots devenus célèbres :

« C’est un petit pas pour l’homme et un grand pas pour l’humanité! ».

Ces mots prononcés par Neil Armstrong alors qu’il posait le pied sur la Lune.

Je me souviens que je n’étais pas né, mais grâce aux médias, j’ai vécu « par procuration » ce moment historique. Et je me surprends à me demander si j’aurais eu le courage de ces hommes à me lancer dans pareille aventure. Clairement, non. Je ne suis pas un aventurier! Et vous?

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Souvenirs, souvenirs !

Prédication du culte de l’Ascension en 2 parties.

1re partie : une fin qui n’en est pas une

Textes de Luc 1 et 24

Vous vous souvenez de nos dictées d’antan ? Terreur pour beaucoup : les mots compliqués, les accords du participe passé. Et on attendait avec impatience le point final qui mettait un terme à ce calvaire.

Mais peut-être que pour d’autres, l’exercice la dictée était plaisant, voire attendu. Allez savoir…

On a ainsi tous appris qu’une histoire, un texte se termine par un point. Un point, c’est tout !

Tout est dit. Point final.

Sauf qu’ici, à la fin de l’Évangile de Luc, ce n’est pas tout.

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Une parole pour nous remettre en vie

Ce texte prend place dans le cadre d’une cérémonie d’adieux.

Nous sommes à la veille de la fête de l’Ascension, le moment où Jésus quitte ses disciples, s’élevant dans les airs. Au début du livre des Actes des Apôtres, on y entend aussi la promesse de la Pentecôte.

Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ?

Cette question est celle des messagers dans le récit de l’Ascension de Luc.

Ils sont là à fixer le ciel du regard. Qu’attendent-ils ? Qu’espèrent-ils ? Ils sont là sans voix, comme pétrifiés. Il leur faut alors une voix, celle des messagers pour les réveiller, pour les connecter à nouveau à la vie, les remettre en route dans le cours de la vie. Une vie nouvelle, celle de témoins, celle de ceux qui ont vu, qui ont cru et qui l’attesteront.

Ce jour-là, ils prennent soudain conscience que c’est à eux de jouer, que le Maître est parti, élevé ou enlevé au ciel, caché derrière un nuage qui laisse le mystère entier. Ils comprennent aussi que le temps de Dieu n’est pas le temps de l’humain et qu’il faudra faire avec.

Ce jour-là, c’est un appel à la confiance qu’ils ne seront pas seuls. Le souffle de Dieu, l’Esprit, le vent leur sera donné pour qu’ils accomplissent leur mission d’être des témoins là et dans le monde. Mais maintenant, les apôtres et les femmes se serrent les coudes, restent ensemble, à l’image d’une famille, de frères et de sœurs, de parents et d’enfants.

Être sans voix

A l’heure de la séparation, surtout dans les premiers instants, il nous arrive, à nous aussi, à nous aujourd’hui, d’être à l’image de ces apôtres, sans voix. De vivre l’annonce de la séparation comme si le temps était suspendu ou s’était arrêté.

La nouvelle, même si on peut parfois s’y attendre ou s’y préparer, nous immobilise, nous enlève les mots de la bouche et c’est normal.

Une voix pour se remettre en mouvement

C’est alors qu’il nous faut une voix, un mot, pour nous remettre dans la réalité du moment présent, pour nous remettre en mouvement dans le cours de la vie qui continue malgré tout.

Aujourd’hui, nous tentons nous aussi de mettre des mots sur ce que nous ressentons ; des mots parfois dérisoires. Mais il y a d’autres mots, qui soudain prennent du sens comme merci, comme reconnaissance, comme souvenirs comme amour, comme amitié, d’autres encore qui peuvent nous aider à renouer avec la vie, à nous sentir vivants.

Des mots pour aujourd’hui, mais à qui ?

Ces mots, à qui les dire ? A notre famille, à un ami, à nos connaissances, à Dieu. Oui, à Dieu et pourquoi pas ? Lui qui en son Fils n’a cessé de rappeler la vie offerte à chacun. Pas seulement la vie qui va de notre naissance à notre mort, mais une vie de relation qui nous dépassera toujours et gardera sa part de mystère parce qu’elle ne dépend pas de nous seuls. Une vie qui continue autrement malgré la séparation.

Aujourd’hui, souvenons-nous que le Dieu de Jésus-Christ est le Dieu de la vie, pas le Dieu des morts. Croire en ce Dieu, c’est croire en la vie qui est plus que l’existence. C’est croire à la force d’une vie animée d’un amour reçu.

Et si nous venions à l’oublier, faisons silence autour de nous et en nous-mêmes pour y entendre ces mots murmurés par un autre ou au plus profond de notre être. Des mots aux accents d’une promesse pour aujourd’hui déjà qui disent l’amour, qui disent la vie.

Et ces mots qui font du bien, n’attendons pas l’ombre d’une séparation pour les dire, pour les partager, mais que chaque jour soit une occasion au moins de dire l’amour, dire la vie, de dire merci, tout simplement.

Amen.

Source de l’image : www.pixabay.com

Pierre de fondation, qu’as-tu à nous dire?

Jeter les fondations

Cette prédication se fonde sur le récit des Actes des Apôtres, chapitre 4. Après avoir guéri un mendiant boiteux au nom de Jésus, Pierre et Jean sont entourés par une foule nombreuse venue les écouter. L’enseignement sur la résurrection des morts agace les oreilles de certains religieux, au nombre desquels, il y a les sadducéens.

Excusez-moi, chers Amis ! Est-ce que quelqu’un connaît bien l’architecture de ce temple ? Parce que je cherche quelque chose de très important. Quelque chose sur quoi asseoir toute ma réflexion ce matin : la pierre de fondation de ce temple. Vous savez, la pierre d’angle. Est-ce que vous savez où elle se trouve ? A quel angle ? Celui-ci ? Celui-là ?

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Culte de Pâques : Silence !…

Job 2, 11-13 Puis les trois amis se sont assis par terre avec Job pendant sept jours et sept nuits. Aucun ne lui a parlé. En effet, ils voyaient que sa souffrance était très grande.

Évangile selon Marc 16, 1-8 Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur.

Silences pluriels

Sans doute devrais-je me taire moi aussi!

Oui, chers Amis, j’aurais certainement tout intérêt à laisser le silence nous parler devant l’incroyable de ce matin.

On connaît ce proverbe : « Si la parole est d’argent, le silence est d’or. » Alors, laissons pour un instant la place au silence ici et en nous-mêmes. [Pause]

Mais, il faut bien dire quelque chose. Vous êtes venus sans doute pour entendre quelque chose. Alors, je me risque, tout en sachant qu’il y a des silences qui parlent au-delà de tous les mots, de tous les maux. Il y en a des silences qui disent la présence sincère et l’écoute attentive. Il y a des silences qui disent la sympathie, la compassion, l’amitié, l’amour aussi.

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Des questions nourrissantes pour notre foi

Pour le culte de ce 4e dimanche du temps de carême, j’ai choisi de méditer sur le texte du jour : la multiplication des pains, telle qu’elle est rapportée par l’Évangile de Jean (6, 1-15). Dans ma réflexion, il y a eu des questions, une surtout qui est revenue, obsédante. Je l’ai alors pétrie et laissé lever comme la pâte du pain avant de l’enfourner. Je l’ai ensuite partagée comme un morceau de bon pain :

QUI ES-TU ?

Chers Amis,

Voilà un texte nourrissant, et pas seulement parce qu’il parle de pain, mais parce qu’il ouvre à des questions. Des questions ont nourri ma réflexion. Une en particulier. Une question jamais posée dans ce texte, mais qui est revenue souvent dans mon esprit. Une question que j’ai pétrie. Que j’ai laissé lever comme la pâte du pain avant de le mettre au four. Une question que je partage avec vous comme une bouchée de bon pain.

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