Si la femme porte la vie. Dieu donne la Vie.

Ventre d'une femme enceinte

Textes du jour : 1 Samuel 1, 10-18 et Luc 7, 11-17

La prédication, enregistrée à La Blanche-Église de La Neuveville, le 8 mars 2020, peut être écoutée ici.

Chers Amis, frères et sœurs,

En ce 8 mars, Journée internationale des femmes et de défense de leurs droits, j’ai fait le choix de mettre deux femmes à l’honneur. Deux parmi d’autres, beaucoup d’autres. Deux mères aussi. Anne qui ne l’est pas, ou pas encore, et qui se désole de ne pouvoir porter la vie. Et une autre qui a été mère mais qui a dû rendre trop tôt son fils. Une femme qui reste une anonyme, mais sur laquelle je pourrais mettre le nom d’autres mères rencontrées au hasard de mes visites. Et qui suis-je, moi un homme, pour parler des femmes ? Pour parler au nom de ces femmes ? Ne devrais-je pas plutôt laisser ma place et la parole à l’une de vous ?

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Cherchez le seul fondement : le Christ

Image du palais idéal imaginé par le facteur Cheval

Textes du jour : 1 Corinthiens 3:10-14 | Matthieu 5, 43-48

>>Le podcast (enregistrement) de la prédication.

Chers Amis, Frères et Sœurs,

Il y a un mois maintenant, nous avons célébré la Semaine de prières pour l’Unité des chrétiens. À cette occasion, et comme chaque année, nous célébrons ensemble et nous réfléchissons à ce que signifie croire au même Dieu, celui de Jésus-Christ, avec nos différences confessionnelles, catholiques, protestants, évangéliques. Nous essayons de montrer qu’il est possible d’être UN au-delà des querelles de clochers. Nous cherchons à revenir au seul fondement qui compte : Jésus-Christ, crucifié et ressuscité.

Là est l’essentiel. Tout le reste n’est que garniture.

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Syméon et Anne: Mission accomplie

Texte du jour : Évangile selon Luc 2, 21-39

🎙Il est aussi possible d’écouter cette méditation sur le podcast.

Me voilà rassuré. Je commençais à désespérer des humains. Après avoir rendu visite à Marie, je me disais : Gabriel, décidément, ton métier de messager n’est pas de tout repos. Les humains, ils veulent tout comprendre, jusque dans les moindres détails : « Comment ? », « Pourquoi ? » C’est leur ritournelle. Mais qu’ils laissent un peu de place au mystère du Créateur, qu’il lui fasse confiance… au moins un peu.

Vous vous souvenez, on s’est déjà rencontré il y a quelques semaines, lorsque j’étais en route pour annoncer une bonne nouvelle à un vieux prêtre et à une jeune fille. Ça n’a pas été de tout repos. Après, j’ai laissé la place à mes collègues les chanteurs qui sont allés annoncer la naissance du Sauveur à des bergers : « Gloire à Dieu », « Paix sur la terre » qu’ils ont dit. Eux, les bergers, ils n’ont pas hésité. Ils n’ont pas posé de question. Ni une ni deux, ils ont levé le camp et sont partis à « La Maison du pain », à Bethléem.

Ensuite, les choses se sont précipitées et je dois avouer que je n’ai pas tout suivi, mais aujourd’hui, je suis rassuré.

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Tout se paie… Tout se mérite… Tout est amour… Tout est don!

Passage vers le Creux-du-Van

Texte biblique : Évangile selon Luc 23-33-43.

Tout part d’un texte, d’une maxime, puis d’une autre.

Chers Amis,

Pour le message de ce matin, j’aimerais m’attarder sur deux maximes qui ont nourri ma réflexion. Deux maximes qui ont des allures de jugement définitif et à l’emporte-pièce. La première : « Tout se paie un jour! » Une sentence qui nous fait certainement réfléchir à deux fois avant de nous risquer à prendre des initiatives. Un avertissement qui nous fait plutôt renoncer, parce qu’on n’a pas du tout envie de payer le prix fort.

C’est ce qui m’est venu d’abord à la lecture de l’Évangile de Luc relatant la crucifixion de Jésus : « Tout se paie un jour! » Les enseignements du prophète, les signes de guérison, le fait qu’il parle au nom de Dieu, les risques qu’il pouvait faire courir à la Paix romaine, ses critiques envers des religieux plus attachés à la Loi qu’à l’amour du prochain ont fini par payer : jugement, condamnation, crucifixion. Et comme si tout cela ne suffisait pas, moqueries et blasphèmes des chefs religieux, des soldats et d’un des malfaiteurs pendus aux côtés de Jésus.

C’est peut-être ce que l’histoire a retenu de l’événement de ce jour-là au lieu-dit Le Crâne.

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Une parole pour nous remettre en vie

Ce texte prend place dans le cadre d’une cérémonie d’adieux.

Nous sommes à la veille de la fête de l’Ascension, le moment où Jésus quitte ses disciples, s’élevant dans les airs. Au début du livre des Actes des Apôtres, on y entend aussi la promesse de la Pentecôte.

Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ?

Cette question est celle des messagers dans le récit de l’Ascension de Luc.

Ils sont là à fixer le ciel du regard. Qu’attendent-ils ? Qu’espèrent-ils ? Ils sont là sans voix, comme pétrifiés. Il leur faut alors une voix, celle des messagers pour les réveiller, pour les connecter à nouveau à la vie, les remettre en route dans le cours de la vie. Une vie nouvelle, celle de témoins, celle de ceux qui ont vu, qui ont cru et qui l’attesteront.

Ce jour-là, ils prennent soudain conscience que c’est à eux de jouer, que le Maître est parti, élevé ou enlevé au ciel, caché derrière un nuage qui laisse le mystère entier. Ils comprennent aussi que le temps de Dieu n’est pas le temps de l’humain et qu’il faudra faire avec.

Ce jour-là, c’est un appel à la confiance qu’ils ne seront pas seuls. Le souffle de Dieu, l’Esprit, le vent leur sera donné pour qu’ils accomplissent leur mission d’être des témoins là et dans le monde. Mais maintenant, les apôtres et les femmes se serrent les coudes, restent ensemble, à l’image d’une famille, de frères et de sœurs, de parents et d’enfants.

Être sans voix

A l’heure de la séparation, surtout dans les premiers instants, il nous arrive, à nous aussi, à nous aujourd’hui, d’être à l’image de ces apôtres, sans voix. De vivre l’annonce de la séparation comme si le temps était suspendu ou s’était arrêté.

La nouvelle, même si on peut parfois s’y attendre ou s’y préparer, nous immobilise, nous enlève les mots de la bouche et c’est normal.

Une voix pour se remettre en mouvement

C’est alors qu’il nous faut une voix, un mot, pour nous remettre dans la réalité du moment présent, pour nous remettre en mouvement dans le cours de la vie qui continue malgré tout.

Aujourd’hui, nous tentons nous aussi de mettre des mots sur ce que nous ressentons ; des mots parfois dérisoires. Mais il y a d’autres mots, qui soudain prennent du sens comme merci, comme reconnaissance, comme souvenirs comme amour, comme amitié, d’autres encore qui peuvent nous aider à renouer avec la vie, à nous sentir vivants.

Des mots pour aujourd’hui, mais à qui ?

Ces mots, à qui les dire ? A notre famille, à un ami, à nos connaissances, à Dieu. Oui, à Dieu et pourquoi pas ? Lui qui en son Fils n’a cessé de rappeler la vie offerte à chacun. Pas seulement la vie qui va de notre naissance à notre mort, mais une vie de relation qui nous dépassera toujours et gardera sa part de mystère parce qu’elle ne dépend pas de nous seuls. Une vie qui continue autrement malgré la séparation.

Aujourd’hui, souvenons-nous que le Dieu de Jésus-Christ est le Dieu de la vie, pas le Dieu des morts. Croire en ce Dieu, c’est croire en la vie qui est plus que l’existence. C’est croire à la force d’une vie animée d’un amour reçu.

Et si nous venions à l’oublier, faisons silence autour de nous et en nous-mêmes pour y entendre ces mots murmurés par un autre ou au plus profond de notre être. Des mots aux accents d’une promesse pour aujourd’hui déjà qui disent l’amour, qui disent la vie.

Et ces mots qui font du bien, n’attendons pas l’ombre d’une séparation pour les dire, pour les partager, mais que chaque jour soit une occasion au moins de dire l’amour, dire la vie, de dire merci, tout simplement.

Amen.

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