Les vœux pastoraux de Mme Sommaruga

À voir avant de lire ce billet: L’allocution de la Présidente de la Confédération

En ce premier janvier 2020, Mme Simonetta Sommaruga, présidente de la Confédération, a adressé ses vœux de bonne année depuis sa boulangerie préférée. Elle a ainsi rompu la tradition de ses prédécesseurs qui s’exprimaient à côté du drapeau suisse. Le texte est ici.

Les quarante premières secondes laissent place à un échange banal entre la boulangère et une cliente ordinaire, Mme Sommaruga, se terminant par l’échange de bons vœux pour la nouvelle année.

Ensuite, en une fraction de seconde, la boulangère a disparu. Mme la Présidente se retrouve toute seule pour s’adresser aux téléspectateurs. Et elle tiendra un discours qui a une forte connotation diaconale, voire pastorale. Elle y parlera de pain, celui qu’on achète à la boulangerie, mais en précisant que dans cette boulangerie, on y trouve bien plus que du pain: de la considération, de la bienveillance, du respect, de l’accueil. Et cela m’a fait penser à ce qui se vit autour de la table de la cène.

En se souhaitant une bonne année, Mme Sommaruga est réaliste: l’année connaîtra certainement son lot de déconvenues et laissera certains avec un sentiment de frustration. Elle invite donc à la solidarité humaine, à la vigilance de nos prochains, à l’aide de proximité, au soin des plus faibles: « Ici, on se regarde dans les yeux ». C’est ce que j’en retiens et ce n’est pas très éloigné de la diaconie de nos Églises.

Enfin, elle rappelle la justice sociale, à l’entraide. Elle évoque un salaire juste pour ceux qui ont travaillé pour que nous ayons du pain. Ce que, dans nos Églises réformées, nous appelons « Terre Nouvelle » et je pense ici aux œuvres d’entraide : EPER, PPP, DM-échange et mission.

En écoutant et réécoutant ces 3 minutes vingt et une secondes de Mme la Présidente, en fermant les yeux, je me suis cru à un culte. Elle n’y a, bien sûr, pas prononcé le mot « Dieu »; elle ne nous a pas bénis ni dit « Amen » à la fin, mais il y avait du spirituel dans ce discours, autant que de l’humain. Une proximité, un peu jouée pour les besoins de la scène, mais quand même. Je l’ai crue sincère. Et Migros-Magazine qui nous présente Mme Sommaruga au marché de Berne.

Après la vache en bois et le smartphone de M. Ueli Maurer, pour parler, je crois, des traditions et de l’innovation de notre pays, Mme Sommaruga m’a donné envie de poursuivre mes engagements en ce début d’année. Elle m’a même donné un coup de fouet. Contrairement à certains politiciens français, notre Présidente doit connaître le prix de la baguette de pain… et le nom du boulanger qui la façonne.

Là où je travaille, je suis appelé à dire quelque chose à des occasions diverses, par exemple, la Fête Nationale. Alors que dire? L’année passée, j’ai évoqué le vivre ensemble. L’allocution de ce 1er janvier est source d’inspiration pour moi pour ces occasions où il est d’usage d’inviter la paroisse, en la personne de M. le Pasteur ou M. le Diacre (ça marche aussi au féminin) et où on attend un discours qui s’adresse au plus grand nombre.
Image par David JULIEN de Pixabay

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