Diacre? Mais vous allez faire quoi?

Mais qu’est-ce qui m’a pris de devenir diacre? Un métier qui reste inconnu en-dehors de l’Église, et encore…

Un petit retour sur l’image que je pouvais me faire de cet engagement, au moment de choisir « ma voie », cette voie qui questionne.

À l’heure du choix

En me lançant dans le parcours des Explorations théologiques, j’avais d’abord envie de renouer avec les études, laissées de côté pour diverses raisons. Et je n’ai pas été déçu. J’y ai pris goût, jusqu’à obtenir le diplôme de culture théologique. Et ensuite…? Que faire? Quel chemin prendre?

Pasteur? Diacre? Les deux mots étaient sur toutes les lèvres des participants aux Explos. Enfin, la plupart avaient renoncé au pastorat qui nécessite une formation universitaire et il y a aussi une limite d’âge à ne pas dépasser, comme pour les diacres, mais le diaconat est plutôt une seconde voie après une expérience professionnelle. Autre chose, peut-être… Non. Diacre!

Diacre, alors? Oui, mais c’est quoi? J’avais l’idée qui m’avait été instillée par un diacre en paroisse: enseignement religieux à l’école (ça se faisait encore), visites à des personnes à domicile, cultes dans les homes, enterrements, baptêmes, cultes du dimanche et ce genre de choses. J’avais donc une première impression de variété. J’entendais aussi les autres « Explorateurs » parler de collègues, chez eux, qui étaient très investis et cela motivait mon choix.

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Une chance à saisir

L’Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel m’a alors donné l’opportunité que j’attendais, que j’espérais : j’allais pouvoir suivre une formation diaconale en cours d’emploi. C’est pourquoi l’image ci-dessus représente un trèfle à quatre feuilles, signe de chance. Formation, mais où cela? Ce sera dans l’aumônerie des homes, puisque ce poste avait été mis au concours et que j’ai postulé. De plus, je connaissais la région et j’avais déjà un petit bout d’expérience dans les visites.

J’ai aimé m’investir dans ce ministère. Il m’a permis de découvrir toute la richesse de l’humain. J’ai beaucoup appris au contact des aînés. Cela a été tout autant formateur que la formation elle-même. J’ai beaucoup appris aux côtés des collègues (d’ici et d’ailleurs), de leurs expériences. J’ai beaucoup appris lors de discussions avec les directions et soignants des homes et les bénévoles qui m’accompagnaient.

Je pensais assurer l’aumônerie des homes pendant le temps de la formation, deux ou trois ans, tout au plus… Et j’ai tenu dix ans et quelques mois! Puis, j’ai senti l’appel, le besoin (appelez cela comme vous voudrez) de faire autre chose.

Autre chose que ce que j’imaginais. Tant mieux!

De prime abord, l’aumônerie ne cadrait pas avec l’idée que je me faisais du diacre. Mais, je me suis senti à ma place là où j’étais. Et cela m’a appris autre chose: c’est moi qui donne du sens à mon diaconat, là où je suis et avec ceux qui m’entourent. Il y a bien des objectifs et des lignes directrices (heureusement), mais la liberté est grande (heureusement aussi). Comme le poste était à temps partiel, j’ai pu le compléter avec l’animation d’un groupe de jeunes. Un bel équilibre qui m’a beaucoup appris lui aussi: la vie, toute la vie, est accompagnée de questions et il ne s’agit pas de donner des réponses toutes faites, mais d’accompagner la recherche.

Je continue…

Aujourd’hui, je suis ailleurs, à La Neuveville et à Neuchâtel. Deux lieux, deux engagements qui impliquent de nouvelles responsabilités, des collaborations à tisser, une place à se faire, des règlements d’Église à comprendre. Parfois, il y a des moments de doute: suis-je à ma place? Est-ce que je réponds aux attentes de ceux qui me font confiance? Et alors, j’écoute ce qu’on me dit. Je suis certain que cela est dit avec sincérité. Alors oui, les conditions ont changé pour moi, mais le fondement reste le même: c’est moi qui donne du sens à mon diaconat. Je m’inspire aussi de ce qui se fait ailleurs, de collègues qui mettent en route des projets et que je pourrais adapter là où je suis et avec ceux qui m’entourent. C’est cela qui me motive.

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