À l’heure du (premier) bilan

Cela fait maintenant six mois que j’ai changé de ministère, d’Église et de canton, professionnellement parlant, passant d’une aumônerie en EMS à un engagement en paroisse. Ce peut être le temps d’un premier bilan. Ça a été en tout cas l’un des souhaits du conseil de paroisse: j’ai fait beaucoup de choses; j’ai été un peu partout. La lecture du numéro 3/19 de Inter-Pares, dont la couverture illustre ce billet, bulletin de la Société Pastorale Suisse, consacré au (risque) de burn-out dans le métier de pasteur, et par extension de diacre, m’encourage à partager quelques considérations, surtout que l’un des rédacteurs n’est autre que le pasteur de ma région.
La version électronique est ici.

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En un mot : communiquer

Communication intergénérationnelle au milieu d'une forêt entre un enfant et sa grand-mère

Depuis quelque temps, une interrogation existentielle m’habite: comment donner du sens à mon engagement diaconal là où je suis?

Lire aussi : Le sens de ma vie

Il m’arrive de penser qu’on attend de moi que je remplace le pasteur là où il n’est pas. Et je remarque que, jusqu’à présent, j’ai beaucoup investi dans la communication : articles et billets religieux destinés au journal local, affiches et flyers annonçant des événements, présence sur les réseaux sociaux et mise à jour du site internet, avec initiation au langage de programmation au passage. Toutes des choses qui me paraissent, ou paraissaient, bien éloignées de ma vocation de diacre.

Lire aussi : Je m’voyais déjà

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La fête nationale pour se souvenir du vivre ensemble

Mon premier message spirituel et patriotique dans un home à l’occasion de la fête nationale.

Mesdames et Messieurs, chers Amis,

Merci de m’accueillir aujourd’hui, en ce jour de fête nationale. C’est ma première fois parmi vous et j’en suis très heureux.

Laissez-moi vous raconter une petite histoire pour commencer.

Un papa demande un jour à sa fille :
– Dis-moi, dans ton école, il y a des étrangers ?
– Je ne sais pas, papa.
– Comment ça ?
– Dans mon école, il y a des enfants !

Parce qu’avant d’être ceci ou cela, on est membres d’une même famille, celle de l’humanité. La vie et ses circonstances font que nous vivons dans un même pays, que nous partageons une même histoire, des valeurs communes.

La fête nationale est sans doute là pour nous le rappeler.

Le 1er Août, tel que nous le célébrons, comporte certainement sa part de légende : les historiens ne s’accordent pas tous autour de la date de rédaction du fameux Pacte de 1291. Guillaume Tell n’est peut-être qu’une figure, plutôt qu’un personnage ayant réellement existé. Et alors ?

L’essentiel est ailleurs. Cet essentiel, c’est la capacité à vivre ensemble.

Au-delà, ou plutôt grâce à nos différences, nous formons une communauté. Car ce sont bien elles, nos différences, qui font la beauté et la diversité de notre peuple, de notre société, de notre commune, de notre home, de notre famille. Notre communauté offre ainsi à chacun et chacune une place là où il est. Elle affirme que chacun est ainsi reconnu et accueilli et qu’il a une valeur certaine.

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Le vivre ensemble nous fait aussi et surtout être là pour ceux et celles qui ont besoin de notre présence et de notre écoute.

Mais, vivre ensemble ne va pas toujours de soi. Il peut y avoir des grains de sable dans les rouages. C’est alors qu’il nous faut faire des compromis, des ajustements, des remises en question. C’est aussi cela qui nous fait avancer.

Partager un même quotidien nous fait comprendre qu’il y a tout autant, voire plus, de joie à donner qu’à recevoir, pour reprendre une parole biblique (voir Actes 20, 35).

>> Lire aussi : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.

À ce propos, souvenons-nous de ceux et celles qui nous ont quittés, mais que nous gardons dans nos cœurs, parce qu’ils, elles, ont marqué nos existences parce qu’ils nous ont tant donné. C’est aussi cela vivre ensemble.

Alors, dans ce sentiment de reconnaissance, et de gratitude, aujourd’hui, soyons heureux ! Heureux, cela veut dire vivants. Découvrons une fois encore, la joie d’être ensemble, la joie de vivre ensemble, grâce à nos différences. Ce sont elles qui font que nous des hommes et des femmes riches d’un trésor inestimable : l’amitié humaine.

Belle fête du 1er Août. Merci de votre attention.

Source de l’image : www.pixabay.com

Et pendant ce temps-là, les Shadoks pompaient!

Lorsque la paroisse de La Neuveville m’a engagé comme diacre, le premier pour elle, son conseil pensait qu’il serait assez aisé de faire bouger les choses. En effet, l’Église réformée bernoise n’octroie pas la célébration des services funèbres et des bénédictions de mariage aux diacres. Ces actes sont réservés aux seuls pasteurs. Pour moi qui vient de l’Église réformée neuchâteloise, ça a été un choc!

Mais pourquoi?

Lorsque j’ai lu les arguments qui justifient cette décision, le choc a été d’autant plus grand. L’Église bernoise met l’accent sur une formation d’aumônier (qui n’existe d’ailleurs pas en tant que telle) et sur une pratique de l’accompagnement. Dit ainsi, je connais bon nombre de diacres qui répondent à ces critères.

Au vu de mon parcours professionnel, des formations suivies et de mon expérience, j’ai toutes les qualités requises. J’ai d’ailleurs eu à maintes reprises l’occasion de célébrer et services funèbres et bénédictions de mariage dans le Canton de Neuchâtel. Bon, passons.

C’est trop tôt.

Et quand les députées de notre paroisse informe le synode d’arrondissement de la situation, la réponse est consternante : cette question a été abordée il y a 3-4 ans et il est sans doute trop tôt de la reprendre maintenant. Et surtout, on ne propose pas d’alternative, de situation transitoire, de solutions…

Cela m’attriste de voir une Église, ou des Églises, se réfugier derrière des règlements et autres ordonnances, de les brandir comme parole d’Évangile, ignorant les réalités et les besoins des paroisses, du terrain. Et compliquant au passage l’organisation interne de notre paroisse. Cette décision met à mal la reconnaissance de mon ministère et de mon expérience. Mais, bien sûr, personne ne le reconnaîtra, mais quand même.

Anne, ma sœur Anne…

Le conseil reste attentif et des représentants au synode cantonal interpelleront leurs homologues, notamment alémaniques. Tout cela prendra du temps et avancera au rythme des pas de sénateurs.

Alors attendons, espérons, et prions sans cesse… Ne renonçons pas.

Et pendant ce temps-là, les Shadoks pompaient, pompaient, pompaient…

Source de l’image: Pixabay.com

Diacre? Mais vous allez faire quoi?

Mais qu’est-ce qui m’a pris de devenir diacre? Un métier qui reste inconnu en-dehors de l’Église, et encore…

Un petit retour sur l’image que je pouvais me faire de cet engagement, au moment de choisir « ma voie », cette voie qui questionne.

À l’heure du choix

En me lançant dans le parcours des Explorations théologiques, j’avais d’abord envie de renouer avec les études, laissées de côté pour diverses raisons. Et je n’ai pas été déçu. J’y ai pris goût, jusqu’à obtenir le diplôme de culture théologique. Et ensuite…? Que faire? Quel chemin prendre?

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Théo-Café 99 minutes

      • Il s’agit du premier projet que j’ai initié dans la paroisse réformée de La Neuveville. Le propos n’est pas de tirer un bilan après une première édition, mais de revenir sur la réflexion et l’évolution de cette idée.

Tout part d’un livre…

C’est en parcourant Les maîtres-mots de l’Évangile. Petit dictionnaire pour mieux comprendre le Nouveau Testament de Pierre Prigent que l’idée naît. L’auteur développe ainsi une trentaine de mots des Évangiles. Je me demande comment ces mots sont compris aujourd’hui par nos habitués qui les entendent régulièrement lors de cultes. Résurrection, pardon, péché… Est-ce que cela parle encore aujourd’hui?

Partageant cette idée avec d’autres, quelqu’un répond : « On pourrait faire un café-philo… Il y a eu un projet mais qui ne s’est pas concrétisé jusqu’à présent. »

Un café-philo, ça veut dire que la discussion s’étend à un groupe plus large que le « club du dimanche », c’est une bonne idée. Qu’elle a lieu dans un café public, c’est une autre bonne idée.  Ça veut dire aussi rencontre et convivialité.

Lire aussi : Chocolat, café et diaconat Continuer la lecture de « Théo-Café 99 minutes »

Au micro

Ce lundi matin, mon interview par la radio bilingue Canal3 de Bienne a été diffusée (à écouter, ça dure 5 minutes 22). Malheureusement, il n’est plus disponible dans les archives de la radio. Il s’agissait de répondre aux questions du journaliste Jérôme Favaretto à propos de mes débuts à La Neuveville : premières impressions, activités, projets…

Allô? C’est la radio…

Le premier contact s’est fait par téléphone jeudi matin. La radio s’intéresse à moi parce que je suis (très) actif sur les réseaux sociaux. Je suis pris un peu de court. On discute et je réponds à quelques questions, alors que je suis dans la rue. Des questions pour débroussailler et baliser un peu l’entretien qui sera enregistré dans les murs de Canal3 le lendemain.

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Bonjour, Monsieur le Diacre

Depuis un mois que je suis engagé dans la paroisse de La Neuveville, une chose m’a étonné : le mot « diacre » n’appelle pas de questions… Ou pas encore. Comme si, dans l‘Église réformée Berne-Jura-Soleure, ce ministère était aussi connu et reconnu que celui de pasteur. La lecture de certains textes législatifs m’a prouvé que ce n’est pas si simple… Mais bon.

Monsieur le Diacre, comme Monsieur le Pasteur

Étonnant ? Oui, pour moi qui viens de l’Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel. Chaque fois que je disais : « Je suis diacre », un soulèvement de sourcil annonçait une question : « Et c’est quoi ? » Dans un billet, j’ai montré le malaise qui était le mien devant cette interrogation.

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Des questions nourrissantes pour notre foi

Pour le culte de ce 4e dimanche du temps de carême, j’ai choisi de méditer sur le texte du jour : la multiplication des pains, telle qu’elle est rapportée par l’Évangile de Jean (6, 1-15). Dans ma réflexion, il y a eu des questions, une surtout qui est revenue, obsédante. Je l’ai alors pétrie et laissé lever comme la pâte du pain avant de l’enfourner. Je l’ai ensuite partagée comme un morceau de bon pain :

QUI ES-TU ?

Chers Amis,

Voilà un texte nourrissant, et pas seulement parce qu’il parle de pain, mais parce qu’il ouvre à des questions. Des questions ont nourri ma réflexion. Une en particulier. Une question jamais posée dans ce texte, mais qui est revenue souvent dans mon esprit. Une question que j’ai pétrie. Que j’ai laissé lever comme la pâte du pain avant de le mettre au four. Une question que je partage avec vous comme une bouchée de bon pain.

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Sois le Bienvenu !

Ce dimanche, premier du temps de carême, a marqué mon « entrée officielle » dans la paroisse réformée de La Neuveville, en qualité de diacre. Un ministère ouvert, parce que peu (re)connu dans l’Eglise bernoise, mais les choses sont en train de bouger positivement. Un ministère à géométrie variable qui évoluera au gré des besoins, des attentes et des envies. Ce dimanche, j’ai poussé la porte de ma nouvelle paroisse…

La maison ouverte

Une maison ouverte, avec une porte grande ouverte.
C’est une invite,
Un signe amical.
Sois bienvenu-e !

Voici le début de la première méditation du carnet de méditations 2019 « Se renouveler » de la Campagne œcuménique de Carême. La tenture réalisée par l’artiste allemand Uwe Appold, visible en tête de ce billet, source)  agrémentée des mots de Hildegard Aepli montre en son centre une maison avec une ouverture, une porte ouverte, invitant à y pénétrer ou à en sortir.

Un début ouvert

Une porte entrouverte ou grande ouverte. Des seuils à franchir et à dépasser aussi parfois. Des maisons dont on sort et dans lesquelles on entre. Des sonnettes à presser ou à tirer, des poignées à tourner ou à appuyer. Il y a aussi les passerelles pour passer au-dessus des séparations. Ce fut le thème de la prédication du pasteur John Ebbutt, basée sur le début de l’Évangile de Marc (1, 21-35) lors du culte qui m’a accueilli et présenté à La Neuveville.

Un mot qui ouvre

Et un mot, celui qu’on dit quand on accueille des invités. Un mot que j’ai adressé sur le pas de la porte de la Blanche-Eglise peu avant le culte : Bienvenu ! Un mot qu’on m’a adressé en guise d’au-revoir : Bienvenu !… Et merci.

Une attention gourmande a marqué cette nouvelle étape : Les Pavés de La Neuveville. Un régal pour l’amateur de chocolat que je suis…

Cela fait vraiment du bien de se sentir accueilli à portes grandes ouvertes, attendu peut-être… Un nouveau départ plein de promesse !