Les vœux pastoraux de Mme Sommaruga

Un boulanger prépare les pains

À voir avant de lire ce billet: L’allocution de la Présidente de la Confédération

En ce premier janvier 2020, Mme Simonetta Sommaruga, présidente de la Confédération, a adressé ses vœux de bonne année depuis sa boulangerie préférée. Elle a ainsi rompu la tradition de ses prédécesseurs qui s’exprimaient à côté du drapeau suisse. Le texte est ici.

Les quarante premières secondes laissent place à un échange banal entre la boulangère et une cliente ordinaire, Mme Sommaruga, se terminant par l’échange de bons vœux pour la nouvelle année.

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À l’heure du (premier) bilan

Cela fait maintenant six mois que j’ai changé de ministère, d’Église et de canton, professionnellement parlant, passant d’une aumônerie en EMS à un engagement en paroisse. Ce peut être le temps d’un premier bilan. Ça a été en tout cas l’un des souhaits du conseil de paroisse: j’ai fait beaucoup de choses; j’ai été un peu partout. La lecture du numéro 3/19 de Inter-Pares, dont la couverture illustre ce billet, bulletin de la Société Pastorale Suisse, consacré au (risque) de burn-out dans le métier de pasteur, et par extension de diacre, m’encourage à partager quelques considérations, surtout que l’un des rédacteurs n’est autre que le pasteur de ma région.
La version électronique est ici.

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La fête nationale pour se souvenir du vivre ensemble

Mon premier message spirituel et patriotique dans un home à l’occasion de la fête nationale.

Mesdames et Messieurs, chers Amis,

Merci de m’accueillir aujourd’hui, en ce jour de fête nationale. C’est ma première fois parmi vous et j’en suis très heureux.

Laissez-moi vous raconter une petite histoire pour commencer.

Un papa demande un jour à sa fille :
– Dis-moi, dans ton école, il y a des étrangers ?
– Je ne sais pas, papa.
– Comment ça ?
– Dans mon école, il y a des enfants !

Parce qu’avant d’être ceci ou cela, on est membres d’une même famille, celle de l’humanité. La vie et ses circonstances font que nous vivons dans un même pays, que nous partageons une même histoire, des valeurs communes.

La fête nationale est sans doute là pour nous le rappeler.

Le 1er Août, tel que nous le célébrons, comporte certainement sa part de légende : les historiens ne s’accordent pas tous autour de la date de rédaction du fameux Pacte de 1291. Guillaume Tell n’est peut-être qu’une figure, plutôt qu’un personnage ayant réellement existé. Et alors ?

L’essentiel est ailleurs. Cet essentiel, c’est la capacité à vivre ensemble.

Au-delà, ou plutôt grâce à nos différences, nous formons une communauté. Car ce sont bien elles, nos différences, qui font la beauté et la diversité de notre peuple, de notre société, de notre commune, de notre home, de notre famille. Notre communauté offre ainsi à chacun et chacune une place là où il est. Elle affirme que chacun est ainsi reconnu et accueilli et qu’il a une valeur certaine.

>> lire aussi : Ton rire, mon rire.

Le vivre ensemble nous fait aussi et surtout être là pour ceux et celles qui ont besoin de notre présence et de notre écoute.

Mais, vivre ensemble ne va pas toujours de soi. Il peut y avoir des grains de sable dans les rouages. C’est alors qu’il nous faut faire des compromis, des ajustements, des remises en question. C’est aussi cela qui nous fait avancer.

Partager un même quotidien nous fait comprendre qu’il y a tout autant, voire plus, de joie à donner qu’à recevoir, pour reprendre une parole biblique (voir Actes 20, 35).

>> Lire aussi : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.

À ce propos, souvenons-nous de ceux et celles qui nous ont quittés, mais que nous gardons dans nos cœurs, parce qu’ils, elles, ont marqué nos existences parce qu’ils nous ont tant donné. C’est aussi cela vivre ensemble.

Alors, dans ce sentiment de reconnaissance, et de gratitude, aujourd’hui, soyons heureux ! Heureux, cela veut dire vivants. Découvrons une fois encore, la joie d’être ensemble, la joie de vivre ensemble, grâce à nos différences. Ce sont elles qui font que nous des hommes et des femmes riches d’un trésor inestimable : l’amitié humaine.

Belle fête du 1er Août. Merci de votre attention.

Source de l’image : www.pixabay.com

Et pendant ce temps-là, les Shadoks pompaient!

Lorsque la paroisse de La Neuveville m’a engagé comme diacre, le premier pour elle, son conseil pensait qu’il serait assez aisé de faire bouger les choses. En effet, l’Église réformée bernoise n’octroie pas la célébration des services funèbres et des bénédictions de mariage aux diacres. Ces actes sont réservés aux seuls pasteurs. Pour moi qui vient de l’Église réformée neuchâteloise, ça a été un choc!

Mais pourquoi?

Lorsque j’ai lu les arguments qui justifient cette décision, le choc a été d’autant plus grand. L’Église bernoise met l’accent sur une formation d’aumônier (qui n’existe d’ailleurs pas en tant que telle) et sur une pratique de l’accompagnement. Dit ainsi, je connais bon nombre de diacres qui répondent à ces critères.

Au vu de mon parcours professionnel, des formations suivies et de mon expérience, j’ai toutes les qualités requises. J’ai d’ailleurs eu à maintes reprises l’occasion de célébrer et services funèbres et bénédictions de mariage dans le Canton de Neuchâtel. Bon, passons.

C’est trop tôt.

Et quand les députées de notre paroisse informe le synode d’arrondissement de la situation, la réponse est consternante : cette question a été abordée il y a 3-4 ans et il est sans doute trop tôt de la reprendre maintenant. Et surtout, on ne propose pas d’alternative, de situation transitoire, de solutions…

Cela m’attriste de voir une Église, ou des Églises, se réfugier derrière des règlements et autres ordonnances, de les brandir comme parole d’Évangile, ignorant les réalités et les besoins des paroisses, du terrain. Et compliquant au passage l’organisation interne de notre paroisse. Cette décision met à mal la reconnaissance de mon ministère et de mon expérience. Mais, bien sûr, personne ne le reconnaîtra, mais quand même.

Anne, ma sœur Anne…

Le conseil reste attentif et des représentants au synode cantonal interpelleront leurs homologues, notamment alémaniques. Tout cela prendra du temps et avancera au rythme des pas de sénateurs.

Alors attendons, espérons, et prions sans cesse… Ne renonçons pas.

Et pendant ce temps-là, les Shadoks pompaient, pompaient, pompaient…

Source de l’image: Pixabay.com

Diacre? Mais vous allez faire quoi?

Mais qu’est-ce qui m’a pris de devenir diacre? Un métier qui reste inconnu en-dehors de l’Église, et encore…

Un petit retour sur l’image que je pouvais me faire de cet engagement, au moment de choisir « ma voie », cette voie qui questionne.

À l’heure du choix

En me lançant dans le parcours des Explorations théologiques, j’avais d’abord envie de renouer avec les études, laissées de côté pour diverses raisons. Et je n’ai pas été déçu. J’y ai pris goût, jusqu’à obtenir le diplôme de culture théologique. Et ensuite…? Que faire? Quel chemin prendre?

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