Coronavirus ou les amis de Job

Depuis quelques jours, en parcourant les réseaux sociaux, je lis des partages qui font de Dieu la réponse à tous nos maux. J’entends des avis (ou des théologies) qui affirment que le coronavirus est une punition de Dieu.

Antoine Nouis, sur son blog, nous partage ses réflexions sous la forme d’une série d’épisodes.

Ce matin, n’y tenant plus, je me fends d’un coup de poing, coup de gueule. Appelez cela comme vous voudrez.

Rien n’arrive par hasard ou la parole qui fait mal

La pandémie qui envahit le monde serait-elle une punition divine, une malédiction envoyée du Ciel ? Certains l’affirment haut et fort. D’autres, sans le dire, en sont convaincus. Cela m’attriste et me révolte, tout à la fois, parce que ce n’est pas à ce Dieu que je fais confiance.

Ce que nous vivons me fait penser à Job, vous savez le « pauvre Job » qui voit les malheurs s’abattre sur lui ; lui qui n’a rien fait de mal, lui qui a toujours tout fait juste pour plaire à Dieu.

Et il y a aussi ses trois amis qui viennent le réconforter. Que font-ils d’abord ? Ils se taisent. Longtemps… Sept jours et sept nuits. Les mots leurs manquent devant la douleur de Job, le « pauvre Job ». Ceux qui prétendent que Dieu est derrière le coronavirus feraient bien de se taire, eux aussi, avant de parler. De tourner sept fois au moins leur langue dans leur bouche et prier pour trouver des mots sensés et bienfaisants.

Ensuite, les amis se mettent à parler. Chacun à sa manière, mais ils se rejoignent sur un point : rien n’arrive par hasard. Job, le « pauvre Job » a dû faire quelque chose de mal, sinon quoi… ? Dieu est juste.

Il y en a encore beaucoup de ces « amis » qui répètent que rien n’arrive par hasard, que tout est écrit, que tout se mérite, le bien comme le mal, surtout le mal.

Ça suffit. La réponse, c’est qu’il n’y a pas de réponse

La fin du livre de Job nous apprend que personne ne connaît tout de Dieu, que personne ne peut enfermer Dieu ni dans une image ni dans un nom. Que Dieu est Dieu et que cela suffit.

Oui, ça suffit de désigner Dieu comme responsable de tout ce qui arrive à notre monde. Ça suffit de nous culpabiliser de n’être que des infidèles, punis par ce Dieu que d’aucuns voient comme vengeur. Ça suffit de se forger un Dieu à notre image, qui devient la réponse ultime de tous nos maux. Parce que c’est trop facile et ça nous déresponsabilise : je n’y peux rien, c’est Dieu qui… C’est assez !

Ne nous trompons pas d’image, ne nous trompons pas de Dieu

Nous sommes à l’image de Dieu et non l’inverse. Dieu est Amour. Son Fils Jésus-Christ n’a eu de cesse d’en témoigner, en s’approchant de tous ceux qui étaient les « punis » de Dieu pour leur rendre dignité et courage. C’est cela certainement que Dieu attend de nous : être là pour dire que Dieu ne punit pas, mais qu’il accompagne. Qu’il ne fait pas mourir, mais qu’il donne et soutient la vie y compris dans les temps de crise, là où elle est menacée, là où elle s’en va. Qu’il porte, par nos gestes de solidarité, la souffrance des plus fragiles. Qu’il est là, tout près.

C’est à ce Dieu-là que je crois. C’est ce Dieu-là qui me donne une raison au moins d’espérer.

Et vous ?

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2 réponses sur “Coronavirus ou les amis de Job”

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