En vacances au bord du Bodensee, ou Lac de Constance, nous nous lançons dans une escapade pour visiter la ville de Konstanz, en Allemagne, à un kilomètre à peine de Kreuzlingen (TG). D’habitude, les touristes que nous sommes ont le nez sur leur téléphone pour se repérer ou consulter un horaire, chercher le prochain bus, le nez en l’air pour admirer le clocher d’une cathédrale, ou les nuances d’un toit de tuiles multicolores, sur la vitrine d’un magasin ou d’un resto pour en examiner l’intérieur ou les prix.
A Konstanz, la rue nous parle
Sauf qu’à Konstanz, l’intérêt est au raz du sol, à nos pieds. En sortant de la gare, la rue principale nous offre alors quelques occasions de philosopher, de nous poser des questions, de réfléchir. Si on y prend garde, on se laissera interpeller par des phrases poétiques ou philosophiques rédigées en majuscules, en couleurs, en allemand et en anglais.
Il y a, par exemple, celle-ci :
Wohin gehen Tage, wenn sie vorüber gehen ?
Où vont les jours quand ils sont passés ?

On doit ces œuvres à l’artiste Barbara Marie Hofmann, poétesse, autrice et artiste pluridisciplinaire allemande née en 1988. Ce projet a vu le jour en 2022 sur la Markstätte, la place centrale de Konstanz.
On en apprendra plus sur le projet en visitant ce lien : möwen, bodennah – Stadt Konstanz.
Que fais-tu de tes rêves ?
J’avoue que j’ai plus souvent laissé mes rêves s’envoler dans l’oubli, même si quelques-uns m’ont marqué ou m’accompagnent parfois encore. Certains reviennent habiter mon sommeil. Il y a encore ces projets et ces envies qui se réaliseront peut-être un jour maisqui restent là dans un endroit plus ou moins inaccessible de mon esprit.

Voilà que l’artiste m’invite à les garder, mes rêves, mieux encore à les emporter avec moi dans une poche de mon manteau. Histoire peut-être de ne pas les oublier, de les redécouvrir à l’image d’une photo chiffonnée ou du ticket d’un repas pris dans un bon resto, d’une idée un jour griffonnée.
Ralentir, réfléchir, se reposer
Barbara Marie Hofmann aimerait inciter les spectatrices et spectateurs à s’arrêter, à réfléchir, à ralentir le rythme de ses pas et des ses pensées. Mais, à observer quelques minutes les touristes présents ce jour-là, ces phrases sont passées inaperçues, gravées dans l’indifférence, elles ont été piétinées. Mais, je les ai gardées dans un coin de ma tête. Un peu plus tard, je me suis surpris à y repenser, assis sur un banc sous l’ombre d’un arbre et dans le train qui nous a ramenés en Suisse.
Est-ce que ce serait cela le bonheur ? Juste quelques mots qui donnent une autre couleur à aujourd’hui ? Et voilà que me viennent les mots de la rue :
Que signifie le bonheur ? Dis-le-moi s’il te plaît lentement, j’aimerais le noter.
C’est la question posée de l’image d’en-tête. Je vous laisse la question vous accompagner durant cet été.