Il y a urgence…

Textes : Actes des Apôtres 27,30-28,10 et Évangile de Marc 16, 14-20.

Cette méditation a été partagée dans le cadre de la Semaine de prières pour l’Unité des chrétiens, en janvier 2020.

Chers Amis, Chers frères et sœurs,

J’aimerais commencer par rappeler deux numéros d’urgence que nous connaissons tous par cœur, enfin je crois, enfin j’espère : 144 et 3.16.

Le premier est bien connu, c’est celui qu’on appelle pour des secours. L’autre est peut-être plus mystérieux. Mais, il est tout aussi connu, et il est à chercher dans l’Évangile de Jean, au chapitre 3, le verset 16 : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ».

Y a urgence !

Quel point commun y a-t-il entre ces deux numéros ? Ils sont synonymes de vie. Ils sont à appeler pour sauver des vies, lorsqu’il y a danger et danger de mort.

Il y a la vie physique d’abord, la survie. La nôtre, celle de nos proches ou d’inconnus. Mais, il y a aussi la Vie, celle qui est relation avec nous-mêmes, avec les autres, avec Dieu. Et celle-ci peut être parfois menacée de mort. Les circonstances peuvent ébranler notre confiance au point de sombrer, de ne plus avoir d’ancrage, d’être à la dérive, de faire naufrage.

C’est alors qu’il y a urgence.

Ces deux numéros sont ainsi des réponses à l’urgence. Le 144 est évident. Jean 3.16 l’est sans doute moins.

Pourtant, il dit tout le souci que Dieu a de ceux et celles qui sont en danger. Et comme réponse, Dieu se donne. Car en son propre Fils, c’est Dieu qui vient, qui s’incarne, qui s’approche.

Jésus a montré l’aujourd’hui de Dieu. Il a annoncé la Vie. Il a guéri, il a rendu la Vie à ceux qui étaient morts. Il a agi pour la Vie, allant jusqu’à donner sa vie pour la vie du monde.

Prier et agir, l’un ne va pas sans l’autre.

Agir. C’est aussi l’attitude de Paul à Malte : il s’est rendu au chevet du père du premier magistrat, un certain Publius, pour le guérir. Il a ensuite accueilli et guéri tous les malades qu’on lui amenait. Il y avait urgence et Paul n’a pas attendu. Il a agi.

Il a agi au nom du Seigneur et non pour sa propre gloire, même si l’épisode de la vipère l’a fait passer pour « un dieu ». Après lui, d’autres le feront aussi : les disciples et tous ceux qui viendront à leur suite. Ils annonceront aussi cette Bonne Nouvelle qu’est l’Évangile, synonyme de Vie. Vie donnée par Dieu. Et celui qui croira sera sauvé… Pas demain, ni après-demain ni aux confins de l’éternité, non ! Celui qui croira sera sauvé aujourd’hui, parce qu’il y a urgence.

Sauvés, kesako ?

Sauvé, cela veut dire être libéré de tout ce qui enferme, limite, rabaisse. Libérés, parce que nous le valons bien aux yeux de Dieu. Libérés par sa seule grâce. Être sauvé, c’est beaucoup plus qu’être sain et sauf, c’est ne plus dépendre de nos mérites ou de ceux qu’on nous donne. C’est ne plus avoir peur. Car Dieu nous reconnaît la dignité d’être son enfant, tel que nous sommes. Cela change la vie. Mieux, encore, cela sauve des vies.

Aujourd’hui, il est urgent de l’entendre, cette bonne nouvelle. Aujourd’hui, il est urgent de la dire, de la proclamer.

Face aux urgences de notre temps : la lutte pour le climat, la pauvreté, la migration, et j’en passe, il est urgent d’agir avec l’aide de Dieu qui ne peut rien sans nous.

Parce qu’il est impossible de joindre les mains pour prier tout en se croisant les bras.

Amen.

>> Lire aussi le bonheur de l’œcuménisme par Isabelle Ott-Baechler sur Reformes.ch.

Image par F. Muhammad de Pixabay

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