La gratuité, tout simplement et rien de plus

La semaine dernière, nous avons vécu la 4e édition du Théo-Café 99 minutes. C’est une occasion offerte à chacun et chacune prêts à venir discuter et partager à propos d’une citation choisie par les animateurs.

Merci pour la gratuité

Au terme de la soirée qui dure 99 minutes, l’un des participants nous a remerciés d’offrir un vrai lieu de gratuité autour de cette table,  hors des murs institutionnels.

Cette remarque m’est restée et m’a convaincu, s’il était encore besoin, de la pertinence de la gratuité, surtout aujourd’hui, surtout en paroisse. J’ai déjà eu l’occasion de le rappeler dans ce billet. Mais ce soir-là, la remarque venant d’un participant m’incite à « taper sur le clou ».

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Pas d’attente

Nous avons voulu ce Théo-Café 99 minutes ouvert au plus grand nombre, sans autre attente que de s’accueillir les uns les autres, dans notre diversité, et respecter des avis parfois divergents. Même si ce n’est pas encore vraiment le cas, nous accueillons volontiers des participants hors de nos habitués, des distancés, des chercheurs en quelque chose.

Ce rendez-vous mensuel n’est pas une « accroche » pour recruter des bénévoles, un lieu pour imposer une manière de croire, pour que les participants s’engagent à faire ceci ou cela, ni un club d’initiés. Même si certains reviennent de fois en fois, nous accueillons chaque fois de nouvelles personnes. C’est un espace et un temps gratuits.

Gratuit, pas tout à fait : il coûte le prix de la boisson que chacun consomme, c’est tout. Mais nous n’imposons pas de boire ceci plutôt que cela.

Un lieu-rencontre

La deuxième remarque concerne le lieu: nous avons voulu un lieu « neutre », un café, hors des murs et des limites de l’institution Église. C’est un lieu ouvert et propice à la rencontre. On vient, on boit un café, on discute, on paie et on part. C’est tout.

Et pourtant, nous avons été (ou nous avons fait) Église ce soir-là. Qu’importe le lieu, nous avions ce qui est essentiel : la rencontre autour de la vie, du monde, de l’éducation, de l’environnement, de Dieu aussi. À chaque fois un autre thème, mais à chaque fois des échanges nourrissants.

Sans doute aussi, nous avons été un lieu où chacun a l’opportunité d’être actif, acteur de la soirée. On écoute, on réfléchit, on répond, on interpelle, on argumente. C’est très différent de ce qui se vit dans nos célébrations où l’assemblée reste passive, se levant pour chanter.

Allez, sortons

J’entends dans ces paroles un encouragement à nous déplacer, à sortir de nos murs, de notre confort et à proposer, à oser d’autres formes d’accueil. Et pas seuls, mais avec d’autres, particuliers ou associations, avec ceux et celles qui certainement ne viendront pas à un de nos culte. À offrir aussi de notre temps, de notre personne, de notre écoute, sans attendre de « retour sur investissement ». Offrir tout simplement, par pure grâce.

 

« Lors du dernier Théo-Café, rencontre conviviale qui privilégie l’écoute et la mise en commun de nos réflexions durant 99 minutes, nous nous sommes penchés sur le Préambule de la Constitution fédérale. Au moment d’élire nos représentants à Berne, les participants ont estimé pertinent de rappeler publiquement ce texte fondateur.

Au nom de Dieu Tout-Puissant !

Le peuple et les cantons suisses, conscients de leur responsabilité envers la Création, résolus à renouveler leur alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l’indépendance et la paix dans un esprit de solidarité et d’ouverture au monde, déterminés à vivre ensemble leurs diversités dans le respect de l’autre et l’équité, conscients des acquis communs et de leur devoir d’assumer leurs responsabilités envers les générations futures, sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres, arrêtent la Constitution que voici.

Jean-Marc Leresche, Didier Suter et les participants à la soirée du 27 septembre. »

 

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