Des pains aux graines

Carême, tentations et une histoire de graines

Nous voici entrés dans le temps de carême, depuis mercredi 18 février. Ces quarante jours nous séparent de Pâques, rappelant les 40 jours de Jésus au désert et les 40 ans d’exode du peuple de Dieu d’Egypte vers la terre promise.

Visiter sa relation à Dieu

Plutôt que d’en faire un temps de privations variées, je préfère aborder ce temps avec une attention particulière à ma relation à Dieu dans la prière, la lecture et la célébration, me souvenant au passage de l’amour sans condition de Dieu pour chacune et chacun, sans exception et qu’il ne dépend pas de mes qualités ni mérites.

Les tentations

Les lectures proposées en ce premier dimanche de carême étaient les tentations de Jésus rapportées par l’Évangile selon Matthieu.

Sans faire ici une prédication ni une étude de cet épisode bien connu du début du ministère de Jésus, je retiens qu’à chaque interpellation du diable fondée sur les Écritures, Jésus répond par d’autres passages. Cela me fait réfléchir à ce que nous pouvons dire ou faire nous basant sur la bible, convaincus que nous faisons bien. N’est-il pas tentant d’asséner une vérité, la confirmant avec cet argument imparable « La bible dit… » ?

Le pasteur Antoine Nouis propose des pistes d’explorations.

Que sait-on de l’effet d’une parole, de la manière dont on la prononce, des arguments qui la portent ? Comment est-elle accueillie, ressentie, entendue ? Il y a toujours une part qui m’échappe.

Une histoire de graines

Ma paroisse a fait le choix de célébrer un culte « Terre Nouvelle – Semons l’avenir » en ce premier dimanche de carême. Le texte retenu était celui de la bonne nouvelle selon Marc 4, 30-32:

La parabole de la graine de moutarde

30 Il continua en disant : A quoi comparerons-nous le royaume de Dieu ? Par quelle parabole pourrions-nous le présenter ? 31 Il en est de lui comme d’une graine de moutarde : lorsqu’on la sème dans la terre, c’est la plus petite des semences du monde. 32 Mais, une fois semée, elle pousse et devient plus grande que toutes les plantes du potager. Il y monte des branches si grandes que les oiseaux du ciel peuvent nicher à son ombre.

Je mets en lien cette histoire avec la parole. Une parole peut ressembler à une graine qu’on plante en terre. Elle est précieuse, porteuse d’avenir, d’espérance. Mais une fois en terre, son devenir m’échappe. Je peux bien sûr arroser la terre et veiller à ce qu’elle ne soit pas dévorée, mais à part cela… Sans qu’on n’y prête attention, elle croît et se développe dans les pensées et le cœur de celle ou celui qui la reçoit; on y pense, on la rumine. Arrive le jour où des effets de cette parole sortiront au grand jour et quelle forme aura-t-elle pris ? Fera-t-elle entrevoir des reflets du Royaume de Dieu ici et aujourd’hui déjà ? Ou sera-t-elle source de confusion ou de division ? Comment nous situerons-nous face à ce qui adviendra ?

Tout est lié… Ou presque

Il nous a été donné deux occasions de lier le texte des tentations (qui n’a pas été retenu dans le culte) et les graines. Tout d’abord, autour de la table de communion où nous avons partagé le pain et le vin de la cène, rappel au passage des paroles du Christ à ses disciples. Et ensuite par un temps convivial où nous avons mangé du pain… aux graines. La solennité du repas du Seigneur a laissé la place à l’échange de paroles empreintes d’amitié. Et dans tous ces moments, Dieu se rendait présent, mystérieusement, dans la communion et la communauté.

Loin de l’image d’un carême austère empreint de frustrations, c’est à une fête de la vie donnée et célébré que j’ai été convié.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur Jean-Marc Leresche

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture