Croyez-le sur parole

Chères lectrices, chers lecteurs, je vous invite à lire ce témoignage :

Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie mère de Jacques, et Salomé achetèrent des huiles aromatiques pour aller embaumer le corps de Jésus. Il était encore très tôt, le dimanche matin, lorsqu’elles arrivèrent au tombeau. Le soleil se levait. En chemin, elles s’étaient demandé les unes aux autres: Qui nous roulera la pierre qui ferme l’entrée du tombeau? Or, en levant les yeux, elles s’aperçurent que la pierre avait été roulée sur le côté, et c’était un bloc énorme. Elles pénétrèrent dans le caveau et virent, assis du côté droit, un jeune homme vêtu d’une robe blanche. Elles furent saisies de frayeur. Mais le jeune homme leur dit: N’ayez pas peur! Vous cherchez Jésus de Nazareth, celui qui a été crucifié? Il est ressuscité, il n’est plus ici. Voyez l’endroit où on l’avait déposé. Et maintenant, allez annoncer à ses disciples, et aussi à Pierre, qu’il vous précède en Galilée; c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit.

(Évangile selon Marc 16, 1-7)

C’est la vérité ! Vous pouvez le croire sur parole.

Qu’est-ce qui fait que nous croirons ce témoignage ? Parce qu’il est dans la bible et que la bible dit vrai ? Parce que c’est un certain Marc qui l’a écrit ? Parce que c’est écrit, justement ? Tout l’enjeu est ici : pourquoi croirions-nous ceci plutôt que cela ?

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Carême, tentations et une histoire de graines

Nous voici entrés dans le temps de carême, depuis mercredi 18 février. Ces quarante jours nous séparent de Pâques, rappelant les 40 jours de Jésus au désert et les 40 ans d’exode du peuple de Dieu d’Egypte vers la terre promise.

Visiter sa relation à Dieu

Plutôt que d’en faire un temps de privations variées, je préfère aborder ce temps avec une attention particulière à ma relation à Dieu dans la prière, la lecture et la célébration, me souvenant au passage de l’amour sans condition de Dieu pour chacune et chacun, sans exception et qu’il ne dépend pas de mes qualités ni mérites.

Sur le site « Je cherche Dieu », le pasteur Marc Pernot répond à une question autour du carême.

Les tentations

Les lectures proposées en ce premier dimanche de carême étaient les tentations de Jésus rapportées par l’Évangile selon Matthieu.

Sans faire ici une prédication ni une étude de cet épisode bien connu du début du ministère de Jésus, je retiens qu’à chaque interpellation du diable fondée sur les Écritures, Jésus répond par d’autres passages. Cela me fait réfléchir à ce que nous pouvons dire ou faire nous basant sur la bible, convaincus que nous faisons bien. N’est-il pas tentant d’asséner une vérité, la confirmant avec cet argument imparable « La bible dit que… » ? Attention danger !

Dans son éditorial de Réforme du 27 février, Antoine Nouis rappelle les danger de tordre le message de la bible.

Que sait-on de l’effet d’une parole, de la manière dont on la prononce, des arguments qui la portent ? Comment est-elle accueillie, ressentie, entendue ? Aide-t-elle à grandir ? Ou condamne-t-elle ? D’autant plus si elle est justifiée par un texte biblique souvent partiel et sorti de son contexte. Sous couvert de bonnes intentions, elle peut blesser, condamner, enfermer. Personne n’est à l’abri de mots maladroits.

Une histoire de graines

Ma paroisse a fait le choix de célébrer un culte « Terre Nouvelle – Semons l’avenir » en ce premier dimanche de carême. Le texte retenu était celui de la bonne nouvelle selon Marc 4, 30-32:

La parabole de la graine de moutarde

30 Il continua en disant: A quoi comparerons-nous le royaume de Dieu? Par quelle parabole pourrions-nous le présenter? 31 Il en est de lui comme d’une graine de moutarde: lorsqu’on la sème dans la terre, c’est la plus petite des semences du monde. 32 Mais, une fois semée, elle pousse et devient plus grande que toutes les plantes du potager. Il y monte des branches si grandes que les oiseaux du ciel peuvent nicher à son ombre.

Je mets en lien cette histoire avec la parole. Une parole peut ressembler à une graine qu’on plante en terre. Elle est précieuse, porteuse d’avenir, d’espérance. Mais une fois en terre, son devenir m’échappe. Je peux bien sûr arroser la terre et veiller à ce qu’elle ne soit pas dévorée, mais à part cela… Sans qu’on n’y prête attention, elle croît et se développe dans les pensées et le cœur de celle ou celui qui la reçoit; on y pense, on la rumine. Arrive le jour où des effets de cette parole sortiront au grand jour et quelle forme aura-t-elle pris ? Portera-t-elle des fruits, si oui lesquels ? Fera-t-elle entrevoir des reflets du Royaume de Dieu ici et aujourd’hui déjà ? Ou sera-t-elle source de confusion ou de division ?

Tout est lié… Ou presque

Il nous a été donné deux occasions de lier le texte des tentations (qui n’a pas été retenu dans le culte) et les graines. Tout d’abord, autour de la table de communion où nous avons partagé le pain et le vin de la cène, rappel au passage des paroles du Christ à ses disciples. Et ensuite par un temps convivial où nous avons mangé du pain… aux graines. La solennité du repas du Seigneur a laissé la place à l’échange de paroles empreintes d’amitié. Et dans tous ces moments, Dieu se rendait présent, mystérieusement, dans la communion et la communauté.

Loin de l’image d’un carême austère empreint de frustrations, c’est à une fête de la vie donnée et célébrée que j’ai été convié.

Bonne année… Quand même !

Difficile d’adresser des vœux de bonne et heureuse année en ces temps où des conflits armés larvent notre monde, et pas qu’en Ukraine, où des menaces de pénurie incitent à la sobriété (fût-elle heureuse), où un virus fait encore parler de lui et tout cela sur fond de réchauffement climatique. N’est-ce pas naïf de croire que 2023 sera bonne et heureuse, meilleure que 2022 ? Les échos du monde nous incitent plutôt à la résignation voire au désespoir. Et pourtant !

Depuis quelques jours, une parole résonne en moi et m’accompagne. Je vous la partage. Elle vient de la lettre aux Hébreux :

La foi est une manière de posséder déjà ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités que l’on ne voit pas.
Hébreux 11, 1.

Tout se joue dans le « déjà ». La confiance en Dieu – ce que désigne la foi – est ce regard porté sur aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’un vague espoir pour demain ou après-demain, ni prier pour un monde meilleur,  pas plus qu’une illusion en un « paradis » à venir. Cette confiance en Dieu me conduit à considérer maintenant déjà que les promesses de Dieu sont réalisées et que nous en sommes les heureux destinataires.

Mais, il ne s’agit pas pour autant de nier l’évidence, ressemblant à ces trois singes dont l’un se bouche les yeux, un autre les oreilles et le dernier la bouche et se réfugier dans une bulle hors du temps, hors du monde, en attendant que ça passe. Je crois qu’au contraire, nous avons à être lucides, gardant les yeux et les oreilles grands ouverts et notre bouche prête à partager cette espérance qui nous anime, nous qui plaçons notre confiance en ce Dieu qui veut le meilleur pour chacun·e.

J’emprunte une image à Marc Pernot (Espérance véritable ou « poudre aux yeux » ?) : regardons un champ dont la terre semble desséchée. Sait-on seulement ce qu’il y a en dessous ? A-t-on idée des graines qui sont en train de germer, de faire leurs racines, traçant leur chemin vers cette terre nourricière, de la vie cachée ? Et quand la première pousse verte et vigoureuse apparaît au grand jour, il y a déjà tout un processus qui a commencé bien avant. Et si, au milieu des mille et une raisons de désespérer aujourd’hui, il n’y en avait qu’une seule de croire à cette espérance tenace en un présent et un avenir, aujourd’hui déjà, alors cela en vaut la peine !

L’espérance consiste à délibérément chercher et discerner ce qui est prometteur dans notre être, dans notre monde : un quelque chose de vivant, ou un processus ou une source qui a fait naître de la vie en supplément dans notre existence, ou de la paix, ou un certain bonheur, simplement du mieux.
Marc Pernot, pasteur, Espérance véritable ou « poudre aux yeux » ? (jecherchedieu.ch)

Bien sûr, on pourra me répondre que c’est une manière – certainement naïve – de se rassurer. Et bien, pour moi, c’est la voie que je choisis aujourd’hui, pour ne pas désespérer de ce que je vois et lis dans les médias. Et tout comme le paysan qui a semé, nous avons chacune et chacun en nos mains des graines d’espérance que nous pouvons semer à notre tour et dès aujourd’hui dans le terreau de nos vies à toutes et tous. Nous pourrions ainsi être étonnés et nous émerveiller des beautés qui s’offrent à nous, des instants de pure joie, des rencontres vraies et sincères, des horizons qui se dégagent.

Dans un autre billet de ce blog, j’ai suggéré que nous sommes enceints de Dieu, porteurs et porteuses de cette espérance qui ne vient pas que de nous. Et rien à voir avec la biologie qui laisserait ce privilège aux seules femmes, car en chacune et en chacun aussi croît cette force qui ne cesse de nous appeler à la vie, même si nous n’en avons pas toujours conscience. Car, parfois, la maladie, la solitude ou la dépression nous empêchent d’y être attentifs, jetant un voile sur nos yeux, mais elle est là, quand même et malgré tout, cette force.

Dans cette confiance que nous ne voyons pas tout, que nous ne maîtrisons pas tout, que Dieu veille et agit pour le bien de chacun·e et qu’il nous fait confiance à son tour, je vous adresse mes meilleurs vœux pour une bonne et heureuse année, animé·es  déjà de cette espérance qui vient de Dieu.

Image par Myriams-Fotos de Pixabay

 

En chemin

Je viens de terminer la lecture du livre L’Évangile en chemin écrit par la pasteure Hetty Overeem. C’est un livre de vacances, à n’en point douter. Cette pasteure a sillonné les routes du Canton de Vaud avec un chien, un âne, un tipi, une roulotte. Son livre renferme de très belles réflexions entre la marche et ses préparatifs, les rencontres et l’Évangile.

En route

En lisant ces pages, j’ai pris conscience, et encore plus, que la Bonne Nouvelle (l’Évangile) nous met en route. Pas besoin de disposer d’une roulotte, d’une caravane, d’un âne. Notre corps et notre esprit suffisent amplement. L’Évangile nous déplace, nous questionnant, interrogeant nos certitudes, alimentant nos discussions. L’Évangile n’est pas d’abord un livre de réponses qui serait le but ultime de notre marche dans le monde, mais un livre de questions qui nous ouvre un chemin que chacun parcourra à son rythme, et dont le but est de vivre le plus en adéquation possible avec ces valeurs portées par cet Évangile, justement.

Invitation

Cet été, nous irons peut-être marcher, ou ferons-nous du camping ? Nous nous mettrons en route vers des horizons encore inconnus. Et même si nous restons à la maison, rien ne nous empêchera de nous mettre en chemin vers nous-mêmes, vers notre prochain, vers Dieu, en prenant pour seul bagage l’Évangile, tout à la fois carnet de route, carte et boussole.

Bel été et bonne route.

Retrouvez une émission de Radio R avec Hetty Overeem du 16.09.2021

Hetty Overeem: Et si on se mettait à l’écoute de Dieu?! – RADIO R (radio-r.ch)

Ce texte est paru sous la forme d’un Instantané dans le Courrier de La Neuveville du 1er juillet 2022.

Image par Aurore Duwez de Pixabay 

 

Qu’attendez-vous ?


Prédication lors de la célébration oecuménique sur la Place de la Liberté de La Neuveville le dimanche 26 juin 2022. La thématique retenue était l’attente : « Vous êtes attendus », telle était l’invitation donnée largement ce jour-là.

« Et vous, qu’attendez-vous de moi ? » C’est la question que j’ai posée à mes collègues lors de la préparation de cette célébration oecuménique. Pour toute réponse, il y a d’abord eu un long silence. Puis, cette proposition : « Et si tu nous parlais des attentes de Dieu ? » Merci les collègues ! La réponse à cette question n’était de loin pas évidente. Et j’aurais pu lire des livres de théologie, pour tenter d’esquisser une réflexion sans doute compliquée. Mais j’ai préféré puiser quelques pistes à partir de mes expériences vécues, et notamment de mon engagement à La Lanterne, l’aumônerie de rue oecuménique en Ville de Neuchâtel. Et en y réfléchissant, il m’est venu ce texte biblique :

Jésus savait que le Père avait tout remis entre ses mains, qu’il était venu de Dieu et qu’il retournait vers Dieu. Il se leva de table, quitta ses vêtements et prit un linge qu’il mit autour de sa taille. Ensuite il versa de l’eau dans un bassin et il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait autour de la taille (…)

Après leur avoir lavé les pieds, il reprit ses vêtements, se remit à table et leur dit : Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres, car je vous ai donné un exemple afin que vous fassiez comme je vous ai fait. En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur, ni l’apôtre plus grand que celui qui l’a envoyé. Si vous savez cela, vous êtes heureux, pourvu que vous le mettiez en pratique.

Évangile de Jean 13, 3-5.12-17

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