Je vous invite à un voyage dans le temps : il y a une trentaine d’années. Variété française, Francis Cabrel. Une chanson «Assis sur le rebord du monde».
Il y a des affirmations qui sonnent comme des évidences. À tel point que lorsque nous les entendons, elles ont ce goût de déjà-vu, déjà entendu. Elles n’éveillent plus, ou si peu, notre curiosité. Tenez, par exemple : « Dieu est Amour » (1 Jn 4,8). Combien de fois l’avons-nous entendue cette phrase, ici ou ailleurs ? Combien de fois nous a-t-elle rassurés, consolés, cette affirmation ? Parce que derrière ces mots, on aperçoit que si Dieu est Amour, il ne peut rien nous arriver de vraiment grave, que même si nous traversons des crises, des déserts, des ruptures, il y aura ce Dieu qui est Amour au-dessus de tout. Et c’est vrai ! Mon propos n’est pas de remettre en cause cet Amour avec un A majuscule. Non, bien sûr ! Mais, avons-nous déjà pris le temps, vraiment le temps, de nous interroger sur ce que cela peut signifier ? Dieu fait preuve d’un amour qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, tout ce que notre conscience peut envisager, tout ce que notre intelligence peut se représenter. Je crois que, comme le dit le poète des psaumes : « Une telle connaissance est trop extraordinaire pour moi » (Ps 139,6).
📖 Texte biblique : Evangile de Luc 16, 19-31 (lire en ligne)
Prédication lors du culte du dimanche 28 septembre 2025 au temple de Corcelles (NE). Maryclaude Huguenin à l’orgue.
Une expression peu charitable ?
Chers Amis,
Tout comme moi, sans doute, vous avez déjà entendu cette expression : « Tu ne l’emporteras pas au paradis ! » Peut-être même que, sous le coup de la colère ou d’une vive émotion, vous vous êtes surpris à l’exprimer, la retenant de justesse du bout des lèvres ou la laissant sortir, cette expression « Tu ne l’emporteras pas au paradis ! » Ce n’est pas très charitable, je vous l’accorde, mais parfois les mots dépassent la pensée, donnant libre cours au cœur qui parle. Derrière ces mots, il y a l’espoir qu’une justice récompenserait les bons et punirait les méchants et que, si cette justice n’est pas pour tout de suite, elle devrait se réaliser dans l’au-delà de la vie.
Nous ne sommes ni les premiers ni les derniers à espérer qu’un jour les privilèges changent de camp et que ceux et celles qui ont souffert retrouvent leur dignité et que ceux et celles qui ont profité expérimentent le manque. Ce ne serait que justice, non ?
Une comparaison entre croyants et gardes forestiers au temple de Bevaix le dimanche 29 juin 2025.
📖 Livre de la Genèse 2, 4-9 et Evangile selon Luc 18, 1-8
Alain Rouvinez à l’orgue
Chers Amis,
S’il y a un métier pour lequel j’ai beaucoup d’admiration, c’est celui de gardes forestiers. Ils ont quelque chose du médecin, veillant sur un système vivant, à l’écoute de sa santé, de son évolution, de ses maux, prodiguant les bons soins et préservant la vie.
Un pari sur l’avenir
Mais la raison qui me fait avoir de l’admiration est celle-ci : le garde forestier prend des décisions aujourd’hui pour demain et souvent, il ne verra pas s’il a eu raison. Parce qu’un arbre, une forêt, demandent du temps pour croître : 50, 100, 200 ans, plus encore. Ainsi, le garde forestier fait un pari sur l’avenir. Il passe en quelque sorte le relai à la génération suivante. Et les gardes forestiers d’aujourd’hui s’occupent et prennent soin des arbres plantés par ceux des générations précédentes.
Chœur mixte de La Béroche, Charles-Philippe Huguenin (dir.)
Un appel d’abord
« Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Une phrase qui m’accompagne depuis le début de ma formation de diacre. Une phrase que j’ai entendue, retenue et comprise comme une invitation, un appel à devenir, moi aussi, modestement et humblement, un disciple à la suite des premiers disciples du Christ. Une phrase qui m’invite à faire confiance à la confiance que Dieu place en moi. Peut-être en est-il de même pour vous aussi en entendant ce texte ce matin.