Diaconie et bénévolat

Les engagements bénévoles sont nombreux et variés dans la société. Il y a ceux dans des associations sportives, caritatives, dans des partis politiques, des causes civiques et d’autres encore.

Ces engagements volontaires ne sont pas moins variés en Église : catéchèse, accompagnements divers, visites, service au culte, événements, activités régulières, manifestations et d’autres encore.

Des hommes et des femmes au service des autres

Le bénévolat, un service diaconal

Un service diaconal, c’est une lapalissade ! Mais ça dit bien ce que revêt cet engagement : animer, donner de la vie aux relations, forcément multiples, au nom de l’Évangile. Et cela dans la gratuité.

Des hommes et des femmes s’engagent, souvent sans compter, auprès de celles et ceux qui sont dans la paroisse, mais bien plus souvent encore en marge de la vie d’Église : des résidents d’EMS, des migrants, des détenus, la population en général, des voyageurs de passage et tant d’autres, souvent invisibles, parfois oubliés des Églises elles-mêmes.

Qui ne voit-on plus ?

Plus que de la bonne volonté

Il fut un temps, pas si éloigné que cela, où le bénévolat reposait sur la bonne volonté. Il suffisait de vouloir pour pouvoir.

Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. En Église comme ailleurs, le bénévolat se professionnalise. Les « employeurs » proposent des formations, des suivis. Il y a des chartes qui fixent le cadre d’engagement, des contrats qui régissent les devoirs et obligations.

Ceci a une justification : reconnaître l’engagement bénévole comme expérience professionnelle, le valoriser dans un CV, le faire valoir dans une recherche d’emploi.

Un diplôme, et après ?
Car le bénévolat, ce n’est pas seulement l’affaire de retraité.e.s. Pensons notamment aux jeunes animateurs de camps de catéchisme, les JACS.

Une constante évolution

Le bénévolat évolue avec les publics auxquels il s’adresse. Les enjeux des engagements bénévoles ne cessent de se complexifier. J’en relève deux qui me paraissent significatifs : la visite auprès de résidents âgés, avec les questions liées au choix de mourir. L’accompagnement des migrants avec des parcours de vie souvent tragiques.

Quel horizon ?
Dans ces deux cas, qui est suffisamment préparé à accueillir et à accompagner de telles situations ? Les professionnel.les ne le sont pas toujours, eux non plus. Les diacres pas plus que les bénévoles. Mais un.e bénévole, ou un.e ministre par son expérience, par son parcours personnel, sera parfaitement à sa place dans une situation donnée. Un.e autre ailleurs.

Avant d’être un cas d’école, chaque situation est un cas de vie. Et chacun.e l’aborde avec qui il.elle est.

C’est pourquoi, les bénévoles peuvent bénéficier d’offres de suivis, sous la forme d’échange, d’étude de cas, de supervisions, d’analyse de pratique. Et l’équipe peut devenir une ressource.

Une place pour chacun, tous pour un

Aujourd’hui, le travail en équipe est une réalité dans beaucoup d’engagements professionnels et bénévoles. Ces équipes sont placées sous la responsabilité d’un.e professionnel.le, pasteur, diacre ou laïc d’ailleurs. Si ce dernier garde une implication sur le terrain (c’est vivement recommandé), il.elle a aussi un rôle plus stratégique dans l’engagement et le suivi des bénévoles.

Cette responsabilité diaconale, indépendamment de qui l’occupe, consiste à mettre en place des conditions favorables pour que les bénévoles se sentent soutenus et motivés dans leurs activités. En un mot, à rendre l’engagement vivant.
Il y a encore une dimension d’autorité. À ne pas confondre avec l’autoritarisme qui ferait passer le.la responsable pour un petit chef. Faire preuve d’autorité, c’est donner au bénévole l’espace nécessaire pour qu’il soit et devienne qui il est. Ce qui implique une bonne dose de confiance.

Il s’agit bien d’une question de rôle.

Il est évident que le bénévole n’est pas le serviteur du responsable. S’il est serviteur, ce ne peut être que du Christ, lui-même serviteur.

Un esprit d'équipe
 

Tous diacres, alors…

Je le crois profondément. Si le sacerdoce universel affirme : « Tous prêtres », je suis convaincu qu’il y a un autre engagement tout aussi universel, à la portée de tous et pour tous. Un engagement qui repose d’abord sur une humanité partagée et sur la confiance que chacun.e est aimé.e pour qui il.elle est. C’est engagement porte le doux nom de diaconie.

Que l’Église ne l’oublie pas.

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