Cocorico! Joyeuses Pâques

Vous l’avez entendu, n’est-ce pas? Il vous a peut-être même réveillé ce matin? Je n’y faisais plus vraiment attention, mais aujourd’hui, allez savoir pourquoi, son chant a empli le silence de l’aube naissante. Je veux parler du coq. Celui de votre poulailler ou de votre voisin. Il est vrai que ces derniers jours, avec la circulation moins dense, on redécouvre le chant des oiseaux, petits ou grands, sauvages ou domestiques. C’est un régal pour les oreilles.

Mais, pourquoi vous parler de coq à Pâques?

Il nous casse les oreilles… ou pas

Pour certains, c’est un doux chant qui fait partie du paysage, faisant office de réveil-matin. Il est l’ambassadeur de la basse-cour, de la compagne.

Mais, parfois, il gêne, ce charmant volatile, et on voudrait bien le faire taire à coup d’arrêté municipal.

Le coq Maurice n’a pas été réduit au silence et pourra continuer à chanter

Le coq de nos clochers

Laissons-là ces esprits chagrins et revenons à des considérations plus religieuses. On trouve des coqs au sommet des clochers, enfin pas tous, parce que certains arborent une croix. Mais beaucoup de clochers supportent un coq, parfois brillant, redoré, parfois patiné par le temps et les intempéries. Le volatile est perché là-haut pour nous annoncer le matin, celui de Pâques. Et aussi, tous les autres matins qui sont, des Pâques aussi. À chaque fois que nous nous levons le matin, nous inaugurons un jour nouveau avec la vie qui est ce qu’elle est.

Le volatile du clocher est là pour nous le rappeler et, accessoirement, nous indiquer la direction du vent. Suivant ce qu’on a décidé de faire de sa journée, ce peut être utile.

Le coq du Vieux-Moutier du Locle, le temple réformé, a retrouvé son clocher

Un chant funeste aussi

On a souvent ramené le coq et son chant, funeste pour l’apôtre Pierre, à l’entrée de Jésus dans sa Passion. Le cri de ce coq devenu synonyme de remords, de regrets. Il fait prendre soudain conscience à Pierre qu’il y a un gouffre entre les paroles et les actes.

Est-ce une raison pour le cribler de balles ?

Cet épisode n’est pas à lire comme une menace ou un avertissement, mais il ne faut pas manquer de le relier cet autre épisode de l’après-Pâques, lorsque le Ressuscité confie à ce même Pierre son troupeau, son peuple.

Il veille…

Le coq a encore une autre symbolique. C’est un veilleur, un guetteur. Il attend les premiers rayons du soleil pour s’époumoner. Alors, il me revient alors ces paroles tirées d’un psaume :

Mon âme attend le Seigneur, plus qu’un veilleur attend l’aurore.
(Ps 130.6)

Le coq, perché entre ciel et terre, veille. Avec patience, il attend la lumière de l’aube pour annoncer le matin, synonyme de renouveau et de vie.

À Pâques, nous guettons les renouveaux possibles, les premiers rayons de soleil sur ce jour nouveau. Ils sont le signal de chants, de feu, de joie… à bonnes distances, cependant. Ils nous invitent à annoncer cette nouvelle : « Le Seigneur est ressuscité! Il est vraiment ressuscité! » La vie a eu le dernier mot.

Chaque jour, de Pâques à Pâques, soyons aussi vigiles, veilleurs, guetteurs pour discerner, si c’est possible, ces petites résurrections qui éclairent nos vies, nos journées, nos discussions par un regard, une parole, un rire, un mot, une mélodie, une confidence. Tous ces petits éclats de lumière et de vie qui disent que la mort, même si elle rôde, même si elle est à nos portes parfois, même si elle nous touche de plein fouet n’aura pas le dernier mot. La pandémie non plus. La vie reprendra ses droits.

Veillons, guettons afin d’annoncer, comme le coq ce matin, la Vie, la vie, rien que la vie et toujours la vie.

Joyeuses Pâques à vous tous! Cocorico!

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Image par Susanne Jutzeler, suju-foto de Pixabay

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