25 septembre 2021
Un bébé naît

Au commencement : la confiance

À la veille de la fête de l’Ascension, j’ai présidé une cérémonie d’adieux. Reprenant le verset biblique choisi par la défunte, Jean 3,16, je le mets en lien avec d’autres paroles de ce même évangile.

Lectures bibliques :

Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue (…)

Personne n’a jamais vu Dieu : Dieu, le Fils unique qui vit dans l’intimité du Père, nous l’a révélé.

Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.

Évangile de Jean 1, 1-5.18 et 3, 16-17

Au commencement, il y a cet insaisissable

Au commencement de toute vie,  il y a un cri, celui du nouveau-né qui naît au monde. Il nous est impossible de l’emprisonner dans nos mains, ce cri, pour le garder et pourtant, une mère, un père, ne l’oublieront jamais.

Toute relation commence par une parole, parfois dite avec des mots, parfois exprimée par un regard ou un geste. Cette parole est tout aussi insaisissable et, pourtant, elle restera gravée dans le cœur toute sa vie durant. Il y a des paroles porteuses de vie. Il y en a d’autres qui blessent, qui tuent aussi. Les unes comme les autres peuvent accompagner, construire ou ruiner une vie. Fonder ou mettre à mal la confiance en soi et aux autres.

La confiance, justement, est encore de ces choses insaisissables et tellement vitales. On ne peut pas la serrer dans sa main, tout comme l’air que nous respirons ou la lumière qui nous fait du bien. Et pourtant, nous ne pouvons pas nous en passer.

Toute la foi, toute la relation au Dieu de Jésus-Christ est affaire de confiance. On ne peut pas l’imposer, elle ne peut qu’être éprouvée, suggérée, donnée et reçue. Sur quoi fondons-nous notre confiance en Dieu ? Sur des témoignages que les Écritures nous ont transmis au fil des siècles, sur des paroles de Jésus et de ceux qui sont venus à sa suite, sur des mots. Et on le sait, les mots peuvent paraître bien dérisoires parfois. Et pourtant.

Des mots, rien que des mots, plus que des mots, une certitude

«Dieu a tant aimé le monde». Des mots forts qui peuvent changer l’image de Dieu. Dieu qui, au passage, n’est pas plus saisissable que la vie, la parole ou la confiance, mais tout aussi vital. Ces quelques mots nous rappellent  que si Dieu aime, ce n’est pas en faisant le tri parmi ceux qui mériteraient d’être aimés et ceux qui ne le mériteraient pas. Dieu a aimé et aime encore le monde, l’humanité, dans toute sa diversité. A chacun, à chacune, il adresse des mots qui font du bien, qui disent son amour, qui fondent la confiance, qui sont porteurs d’une promesse. Et pour que cette promesse ne reste pas de simples mots qui se perdraient dans un gros livre qu’on affirme être La Parole de Dieu, Dieu leur a donné corps, en envoyant son Fils dans le monde. Il a fait mieux encore : il est devenu, en Jésus-Christ, notre frère en humanité, il nous a rejoints pour nous conduire à lui. En faisant cela, il nous adresse sa promesse : «afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle». Une vie, faite de relations, que rien, même pas la mort, ne peut séparer.

Aujourd’hui, nous sommes devant le mystère et de la vie et de la mort, ce mystère qui nous échappe encore et toujours. Nous sommes face à un mystère, mais pas un vide sidéral, car je suis persuadé que Dieu, s’il ne nous donne pas toutes les réponses à nos questions, est notre réponse, du moins une réponse possible, un peu plus possible que d’autres. Il nous accompagne et nous pouvons lui adresser nos interrogations, avec nos mots, parfois hésitants, nos doutes, parfois tenaces, nos émotions, souvent indomptables.

Tenter de poser des mots sur l’insaisissable

Alors, s’il fallait garder une image, une parmi d’autres, je dirais que Dieu est cette lumière qui brille dans l’obscurité. Une lumière qui n’éblouit pas, mais qui rassure, qui donne un sentiment de sécurité, un peu comme les veilleuses dans les chambres des enfants, chassant les fantômes de la nuit. Dieu échappera toujours à toutes nos tentatives de le saisir, mais il n’en sera que plus proche et souvent, sans que nous l’apercevions. Dieu est là où nous ne l’attendons plus. Il est là où on est certain de ne pas le trouver. Il nous ouvre à la vie aujourd’hui et toujours.

Image de couverture par Sanjasy de Pixabay

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