Et pendant ce temps-là, les Shadoks pompaient!

Lorsque la paroisse de La Neuveville m’a engagé comme diacre, le premier pour elle, son conseil pensait qu’il serait assez aisé de faire bouger les choses. En effet, l’Église réformée bernoise n’octroie pas la célébration des services funèbres et des bénédictions de mariage aux diacres. Ces actes sont réservés aux seuls pasteurs. Pour moi qui vient de l’Église réformée neuchâteloise, ça a été un choc!

Mais pourquoi?

Lorsque j’ai lu les arguments qui justifient cette décision, le choc a été d’autant plus grand. L’Église bernoise met l’accent sur une formation d’aumônier (qui n’existe d’ailleurs pas en tant que telle) et sur une pratique de l’accompagnement. Dit ainsi, je connais bon nombre de diacres qui répondent à ces critères.

Au vu de mon parcours professionnel, des formations suivies et de mon expérience, j’ai toutes les qualités requises. J’ai d’ailleurs eu à maintes reprises l’occasion de célébrer et services funèbres et bénédictions de mariage dans le Canton de Neuchâtel. Bon, passons.

C’est trop tôt.

Et quand les députées de notre paroisse informe le synode d’arrondissement de la situation, la réponse est consternante : cette question a été abordée il y a 3-4 ans et il est sans doute trop tôt de la reprendre maintenant. Et surtout, on ne propose pas d’alternative, de situation transitoire, de solutions…

Cela m’attriste de voir une Église, ou des Églises, se réfugier derrière des règlements et autres ordonnances, de les brandir comme parole d’Évangile, ignorant les réalités et les besoins des paroisses, du terrain. Et compliquant au passage l’organisation interne de notre paroisse. Cette décision met à mal la reconnaissance de mon ministère et de mon expérience. Mais, bien sûr, personne ne le reconnaîtra, mais quand même.

Anne, ma sœur Anne…

Le conseil reste attentif et des représentants au synode cantonal interpelleront leurs homologues, notamment alémaniques. Tout cela prendra du temps et avancera au rythme des pas de sénateurs.

Alors attendons, espérons, et prions sans cesse… Ne renonçons pas.

Et pendant ce temps-là, les Shadoks pompaient, pompaient, pompaient…

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Source de l’image: Pixabay.com

Diacre? Mais vous allez faire quoi?

Mais qu’est-ce qui m’a pris de devenir diacre? Un métier qui reste inconnu en-dehors de l’Église, et encore…

Un petit retour sur l’image que je pouvais me faire de cet engagement, au moment de choisir « ma voie », cette voie qui questionne.

À l’heure du choix

En me lançant dans le parcours des Explorations théologiques, j’avais d’abord envie de renouer avec les études, laissées de côté pour diverses raisons. Et je n’ai pas été déçu. J’y ai pris goût, jusqu’à obtenir le diplôme de culture théologique. Et ensuite…? Que faire? Quel chemin prendre?

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Théo-Café 99 minutes

      • Il s’agit du premier projet que j’ai initié dans la paroisse réformée de La Neuveville. Le propos n’est pas de tirer un bilan après une première édition, mais de revenir sur la réflexion et l’évolution de cette idée.

Tout part d’un livre…

C’est en parcourant Les maîtres-mots de l’Évangile. Petit dictionnaire pour mieux comprendre le Nouveau Testament de Pierre Prigent que l’idée naît. L’auteur développe ainsi une trentaine de mots des Évangiles. Je me demande comment ces mots sont compris aujourd’hui par nos habitués qui les entendent régulièrement lors de cultes. Résurrection, pardon, péché… Est-ce que cela parle encore aujourd’hui?

Partageant cette idée avec d’autres, quelqu’un répond : « On pourrait faire un café-philo… Il y a eu un projet mais qui ne s’est pas concrétisé jusqu’à présent. »

Un café-philo, ça veut dire que la discussion s’étend à un groupe plus large que le « club du dimanche », c’est une bonne idée. Qu’elle a lieu dans un café public, c’est une autre bonne idée.  Ça veut dire aussi rencontre et convivialité.

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L’Église, c’est plus que ce qu’on croit. Et tant mieux!

Au fait, c’est quoi l’Église? Il vaudrait la peine, un jour, de faire un micro-trottoir à ce sujet. Et qu’est-ce que j’attends pour le faire?

L’Église, c’est…

L’Église, ce peut être d’abord un édifice, au milieu du village, évidemment.

L’Église, c’est une institution confessionnelle : catholique, réformée, orthodoxe, évangéliques (au pluriel, tant la diversité est grande) et j’en passe (pardon…)

L’Église, c’est une communauté composée de ceux qui lui donnent vie par leurs engagements personnels, leur soutien moral et financier (à part les cantons de Genève et Neuchâtel, ils n’ont pas vraiment le choix). Ceux qui y sont mais sans attaches et qui n’ont pas voulu ou pensé la quitter. Ceux qui y restent pour de nombreuses bonnes (ou mauvaises) raisons. Et tous les autres aussi.

L’Église, c’est elle qu’on appelle un jour parce qu’on veut faire baptiser son enfant, bénir son mariage ou dire adieu à un proche.

Ça, c’est celle qu’on voit. Mais ça n’est pas que ça.

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Souvenirs, souvenirs !

Prédication du culte de l’Ascension en 2 parties.

1re partie : une fin qui n’en est pas une

Textes de Luc 1 et 24

Vous vous souvenez de nos dictées d’antan ? Terreur pour beaucoup : les mots compliqués, les accords du participe passé. Et on attendait avec impatience le point final qui mettait un terme à ce calvaire.

Mais peut-être que pour d’autres, l’exercice la dictée était plaisant, voire attendu. Allez savoir…

On a ainsi tous appris qu’une histoire, un texte se termine par un point. Un point, c’est tout !

Tout est dit. Point final.

Sauf qu’ici, à la fin de l’Évangile de Luc, ce n’est pas tout.

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