Croyez-le sur parole

Chères lectrices, chers lecteurs, je vous invite à lire ce témoignage :

Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie mère de Jacques, et Salomé achetèrent des huiles aromatiques pour aller embaumer le corps de Jésus. Il était encore très tôt, le dimanche matin, lorsqu’elles arrivèrent au tombeau. Le soleil se levait. En chemin, elles s’étaient demandé les unes aux autres: Qui nous roulera la pierre qui ferme l’entrée du tombeau? Or, en levant les yeux, elles s’aperçurent que la pierre avait été roulée sur le côté, et c’était un bloc énorme. Elles pénétrèrent dans le caveau et virent, assis du côté droit, un jeune homme vêtu d’une robe blanche. Elles furent saisies de frayeur. Mais le jeune homme leur dit: N’ayez pas peur! Vous cherchez Jésus de Nazareth, celui qui a été crucifié? Il est ressuscité, il n’est plus ici. Voyez l’endroit où on l’avait déposé. Et maintenant, allez annoncer à ses disciples, et aussi à Pierre, qu’il vous précède en Galilée; c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit.

(Évangile selon Marc 16, 1-7)

C’est la vérité ! Vous pouvez le croire sur parole.

Qu’est-ce qui fait que nous croirons ce témoignage ? Parce qu’il est dans la bible et que la bible dit vrai ? Parce que c’est un certain Marc qui l’a écrit ? Parce que c’est écrit, justement ? Tout l’enjeu est ici : pourquoi croirions-nous ceci plutôt que cela ?

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Vogue l’espérance !

« Vivre l’espérance dans un monde qui va mal ! » a été le thème de notre week-end de printemps du KT de La BARC, du Joran et du Val-de-Travers. Nous avons vécu ces deux jours à la Colonie La Joie de Vivre (ça ne s’invente pas !) sur les hauteurs de La Côte-aux-Fées, dans le Val-de-Travers (Suisse). La météo printanière nous a aussi fait du bien.

Regarder le monde avec lucidité

Nous avons voulu poser un regard lucide sur le monde en crise tel que nous le voyons au travers des médias et des réseaux sociaux, tout en cherchant des ressources et des raisons d’espérer pour répondre au désespoir et à la résignation.

Crise et réchauffement climatiques, fake news, montée des violences ont été passés au crible au travers d’ateliers et d’animations, car mieux comprendre permet de prendre position par soi-même. Méditation de pleine conscience, émerveillement, lectio divina, prière ont été partagées comme des expériences à reproduire à différents moments de ses journées ou de sa semaine, quand il y a trop ou que ça va trop vite, car mieux s’enraciner dans l’instant permet de prendre un peu de hauteur ou de distance.

Un espoir… Une espérance

Nous nous sommes rappelé cette citation attribuée à Martin Luther : « Si on m’annonçait la fin du monde pour demain, je planterais quand même un pommier. » Celle-ci a servi de tremplin à imaginer des engagements possibles, des gestes à notre portée pour un monde (un peu) meilleur aujourd’hui déjà.

Et comme un heureux hasard n’arrive jamais seul, la pasteure Carolina Costa proposait quelques jours avant notre week-end cette vidéo :

Le texte de la tempête apaisée, relatée par l’Évangile selon Marc, chapitre 4, versets 35-41, a servi de méditation.

35Le soir de ce même jour, Jésus dit à ses disciples : « Passons de l’autre côté du lac. » 36Ils quittèrent donc la foule ; les disciples emmenèrent Jésus dans la barque où il se trouvait encore. D’autres barques l’accompagnaient. 37Et voilà qu’un vent violent se mit à souffler, les vagues se jetaient dans la barque, à tel point que, déjà, elle se remplissait d’eau. 38Jésus dormait sur un coussin, à l’arrière du bateau. Ses disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous allons mourir ! Cela ne te fait rien ? » 39Jésus, réveillé, menaça le vent et dit au lac : « Silence ! tais-toi ! » Alors le vent tomba et il y eut un grand calme. 40Jésus dit aux disciples : « Pourquoi avez-vous peur ? N’avez-vous pas encore la foi ? » 41Mais ils éprouvèrent une grande frayeur et ils se disaient les uns aux autres : « Qui est donc celui-ci, pour que même le vent et les flots lui obéissent ? »
Bible nouvelle français courant

Ce même texte a été notre référence pour une œuvre commune : la barque de nos ressources poussée par la voile de nos engagements vogue vers l’horizon sur les vagues du monde, parfois favorables, parfois défavorables.

Vogue l'espérance
Une œuvre commune réalisée par les catéchumènes et les monitrices et moniteurs

Nous nous sommes quittés enrichis des discussions et des échanges, remplis de réflexions à poursuivre, de prise de conscience et d’espérance. Ce qui est revenu à plusieurs reprises : « Nous ne sommes pas seuls !»

Nous ne sommes pas seuls (nous les pros)

Durant ces deux journées, nous avons pu compter sur l’engagement d’une équipe de monos bénévoles, filles et garçons, impliqués et motivés qui ont su, à leur manière, avec leurs mots, animer et ouvrir des espaces de discussion et de réflexion, sans oublier la bonne humeur et l’amitié.

Merci à chacune et à chacun pour ces deux jours passées ensemble.

Photo de couverture : Pixabay

Ce que je crois, espère et crains

Dans le cadre d’une réflexion commune autour de ce que pourra devenir la nouvelle offre cantonale du catéchisme de l’EREN, mes collègues et moi-même avons été invités à partager ce que nous croyons, espérons et craignons au travers de quelques questions. Celles-ci nous été posées par des personnes extérieures au milieu professionnel ecclésial. Je partage ici mes éléments de réponse. Ils sont teintés de mon expérience d’aumônerie auprès des personnes âgées, de l’aumônerie de rue et de trois ans de catéchisme (ou KT).

Quelle est ma sensibilité chrétienne dominante ?

Je crois en un Dieu qui croit en l’Humain, bien plus qu’en l’Humain qui croit en Dieu. Nous sommes à l’image de Dieu. En ce sens, Dieu nous fait confiance. Il sait ce dont nous pouvons être capables. Il n’impose pas, ne s’impose pas. Il est ce mystère qui nous dépasse. Je crois aussi que nous cherchons trop souvent à cerner Dieu, à dire ce qu’il est ou n’est pas, ce qu’il devrait être (ou ne pas être). Mais, plus nous pensons discerner ce qu’est ou peut être Dieu, plus il nous échappe.

Qu’est-ce qui me touche profondément dans cette approche ?

La confiance que Dieu nous fait m’ouvre à la liberté. N’imposant pas, il nous souhaite libre. Non pas la liberté de faire ce que je veux, comme je le veux et quand je le veux, mais d’être libéré des contraintes imposées par la société, les “Tu dois”, “Il faut” pour être quelqu’un. Si Dieu nous fait confiance, alors il nous aime tels que nous sommes sans condition ni mérite à gagner.

Quelle expérience m’a convaincu que cette approche porte des fruits auprès des jeunes ?

De nombreuses rencontres m’ont fait découvrir des facettes d’une personnalité, au-delà de toute étiquette : de belles qualités dont la personne elle-même n’avait pas ou plus conscience. Chacun.e est tellement plus que tout ce qu’on peut dire, que ce que le regard – le sien et celui d’autrui – voit. J’aime beaucoup cette citation de St-Exupéry qui m’anime : “On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux.” Dieu voit et ne retient en chacun.e que la plus belle part, ce qu’il y a de bon et de bien. L’adolescence est la période la vie faite de questionnements autour de l’identité et de l’importance du sentiment d’appartenance, du regard. Les jeunes sont encore formatés’ dans un système scolaire : des objectifs à atteindre, de “bonnes” réponses attendues, l’angoisse de faire faux. Le KT peut être alors cet espace et ce laboratoire où la construction individuelle et au contact des autres, peut prendre toute sa pertinence, où il est possible d’essayer, d’oser, de risquer les mots de la foi, où l’erreur n’est pas un échec.

Ce qui me met mal à l’aise dans d’autres approches, c’est…

Je ne suis pas à l’aise avec des discours réducteurs et simplistes. Des approches peu ou pas nuancées : ou c’est blanc ou c’est noir ! Alors que tout se joue dans les nuances de gris, ou mieux dans les couleurs de la foi. Souvent, on fonde de telles affirmations avec l’argument “La bible dit que…” ce qui ouvre la porte à ne prendre dans des citations que ce qui nous arrange et nous convainc, laissant le reste. J’ai aussi entendu “Dieu m’a parlé.” Si je ne doute pas que Dieu peut nous parler, il vaut la peine de s’interroger sur le sens et la portée de ce qu’il nous dit. Cette parole fait-elle grandir ? Fait-elle du bien ? Aide-t-elle ou non ? La foi n’empêche pas le discernement.

Quand je pense à la transmission de la foi aux jeunes, ce qui est important pour moi c’est…

La CONFIANCE. Dieu croit en toi. Il te voit, t’accueille et de respecte tel.le que tu es. Il t’offre alors la liberté d’être qui tu es vraiment ou qui tu peux ou veux devenir. Dieu regarde à ce qu’il y a de bon et de beau en toi. Tu penses que tu as fait des erreurs ? De mauvais choix ? Tu as des regrets ? Tout cela, Dieu le voit et l’entend, mais ce ne sont pas des freins à son amour ni à son attention pour toi. Au KT, nous aimerions t’offrir cette occasion de découvrir qui tu es et cela avec d’autres dans une atmosphère bienveillante, respectueuse et enrichissante.

Si je devais choisir un mot pour qualifier mon approche, ce serait…

LIBERTÉ. Comme déjà évoqué plus haut, pas une liberté synonyme de carte blanche pour faire tout et n’importe quoi. Mais, une liberté qui me conduit à prendre de la distance ou de la hauteur d’avec les contraintes et ce que d’autres pourraient exiger de moi. Une liberté qui m’incite à oser et à risquer. La liberté implique aussi la responsabilité. Je suis responsable de mes choix, de mes non-choix, de mes décisions.

Ce que je crains dans un programme cantonal de catéchisme, ce serait…

Passer du plus grand multiplicateur commun, c’est-à-dire toute la diversité de nos animations et camps, au plus petit dénominateur commun : une réduction à quelques principes et activités un peu généralisées partout. Il vaut alors la peine de se questionner sur ce qui marche et qui mérite d’être porté, préservé, développé ailleurs et sur ce qui ne marche plus et qui doit être repensé voire abandonné.

À vous de jouer maintenant

Ces questions, je les laisse aussi à votre réflexion. Et si vous souhaitez me partager vos réponses, n’hésitez pas m’envoyer un message. Je le lirai avec intérêt.

Carême, tentations et une histoire de graines

Nous voici entrés dans le temps de carême, depuis mercredi 18 février. Ces quarante jours nous séparent de Pâques, rappelant les 40 jours de Jésus au désert et les 40 ans d’exode du peuple de Dieu d’Egypte vers la terre promise.

Visiter sa relation à Dieu

Plutôt que d’en faire un temps de privations variées, je préfère aborder ce temps avec une attention particulière à ma relation à Dieu dans la prière, la lecture et la célébration, me souvenant au passage de l’amour sans condition de Dieu pour chacune et chacun, sans exception et qu’il ne dépend pas de mes qualités ni mérites.

Sur le site « Je cherche Dieu », le pasteur Marc Pernot répond à une question autour du carême.

Les tentations

Les lectures proposées en ce premier dimanche de carême étaient les tentations de Jésus rapportées par l’Évangile selon Matthieu.

Sans faire ici une prédication ni une étude de cet épisode bien connu du début du ministère de Jésus, je retiens qu’à chaque interpellation du diable fondée sur les Écritures, Jésus répond par d’autres passages. Cela me fait réfléchir à ce que nous pouvons dire ou faire nous basant sur la bible, convaincus que nous faisons bien. N’est-il pas tentant d’asséner une vérité, la confirmant avec cet argument imparable « La bible dit que… » ? Attention danger !

Dans son éditorial de Réforme du 27 février, Antoine Nouis rappelle les danger de tordre le message de la bible.

Que sait-on de l’effet d’une parole, de la manière dont on la prononce, des arguments qui la portent ? Comment est-elle accueillie, ressentie, entendue ? Aide-t-elle à grandir ? Ou condamne-t-elle ? D’autant plus si elle est justifiée par un texte biblique souvent partiel et sorti de son contexte. Sous couvert de bonnes intentions, elle peut blesser, condamner, enfermer. Personne n’est à l’abri de mots maladroits.

Une histoire de graines

Ma paroisse a fait le choix de célébrer un culte « Terre Nouvelle – Semons l’avenir » en ce premier dimanche de carême. Le texte retenu était celui de la bonne nouvelle selon Marc 4, 30-32:

La parabole de la graine de moutarde

30 Il continua en disant: A quoi comparerons-nous le royaume de Dieu? Par quelle parabole pourrions-nous le présenter? 31 Il en est de lui comme d’une graine de moutarde: lorsqu’on la sème dans la terre, c’est la plus petite des semences du monde. 32 Mais, une fois semée, elle pousse et devient plus grande que toutes les plantes du potager. Il y monte des branches si grandes que les oiseaux du ciel peuvent nicher à son ombre.

Je mets en lien cette histoire avec la parole. Une parole peut ressembler à une graine qu’on plante en terre. Elle est précieuse, porteuse d’avenir, d’espérance. Mais une fois en terre, son devenir m’échappe. Je peux bien sûr arroser la terre et veiller à ce qu’elle ne soit pas dévorée, mais à part cela… Sans qu’on n’y prête attention, elle croît et se développe dans les pensées et le cœur de celle ou celui qui la reçoit; on y pense, on la rumine. Arrive le jour où des effets de cette parole sortiront au grand jour et quelle forme aura-t-elle pris ? Portera-t-elle des fruits, si oui lesquels ? Fera-t-elle entrevoir des reflets du Royaume de Dieu ici et aujourd’hui déjà ? Ou sera-t-elle source de confusion ou de division ?

Tout est lié… Ou presque

Il nous a été donné deux occasions de lier le texte des tentations (qui n’a pas été retenu dans le culte) et les graines. Tout d’abord, autour de la table de communion où nous avons partagé le pain et le vin de la cène, rappel au passage des paroles du Christ à ses disciples. Et ensuite par un temps convivial où nous avons mangé du pain… aux graines. La solennité du repas du Seigneur a laissé la place à l’échange de paroles empreintes d’amitié. Et dans tous ces moments, Dieu se rendait présent, mystérieusement, dans la communion et la communauté.

Loin de l’image d’un carême austère empreint de frustrations, c’est à une fête de la vie donnée et célébrée que j’ai été convié.

Mérite ta grâce !

Dans le cadre d’une rencontre de catéchisme avec des adolescent·es, nous avons abordé la question de l’amour de Dieu, offert à toutes et tous sans distinction ni mérite. Nous avons découvert cette notion du don au travers du baptême et de la sainte-cène, les deux sacrements des Églises réformées.

Lors du culte qui a suivi au temple de Môtiers, j’ai apporté un bref message autour de cet amour, qu’on appelle aussi la grâce. Cette grâce qui ne se mérite pas. Le titre « Mérite ta grâce ! » est donc un brin provocateur, et c’est voulu ! Nous avions disposé un grand cadeau devant l’assemblée.

Préparatifs (si vous le voulez bien)

Tout d’abord, je vous invite à choisir une musique que vous aimez bien, à préparer une jolie petite carte et un stylo avant de commencer. Maintenant, ouvrons la bible à la lettre aux Éphésiens au chapitre 2, les versets 8-10 :

Car c’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu; ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. Personne n’a donc de raison de se vanter. Ce que nous sommes, nous le devons à Dieu; car par notre union avec Jésus-Christ, Dieu nous a créés pour une vie riche d’œuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance afin que nous les accomplissions.

Rien n’est vraiment gratuit !

Chers Amis,

Dans la publicité, il y a un mot qui est à la mode : gratuit ! Mais, rien n’est vraiment gratuit, ou pas longtemps, car, comme le dit l’adage : Si c’est gratuit, c’est vous le produit ! La pub n’offre que très rarement sans contrepartie.

Mais le Dieu que Jésus-Christ nous a fait connaître n’aime pas la publicité… gratuite. Lui, Dieu, quand il offre, c’est par amour. Cet amour porte un nom : la grâce.

La grâce, c’est le choix de Dieu de nous reconnaître, de nous aimer, de nous rejoindre tels que nous sommes, et surtout sans exiger aucun mérite. Cette grâce est donc un cadeau et nous l’avons représenté ici (montrer le cadeau) et nous l’ouvrons (ouvrir le cadeau) pour montrer symboliquement que cette grâce se répand tout autour de nous, ici et ailleurs et pour nous et pour chacun.e.

Prenant conscience de cette grâce offerte, comment pourrais-je y répondre personnellement ? Quel geste concret pour dire MERCI ? Quel engagement, même modeste, pourrais-je décider de prendre aujourd’hui, ce soir, ici et maintenant ? Rien n’est trop petit aux yeux de Dieu.

C’est à un temps de réflexion personnelle et d’introspection que nous vous invitons maintenant pendant la musique. Vous avez reçu un stylo et une petite carte. Nous vous proposons d’écrire pour vous-même un engagement possible, un geste, une attention que vous pourriez initier prochainement. Vous pourrez conserver cette carte et y revenir quand vous le voudrez, histoire de vous souvenir.

À votre tour, maintenant

Lancez la musique choisie et laissez-vous inspirer. Choisissez un endroit où déposer votre carte.