Vogue l’espérance !

« Vivre l’espérance dans un monde qui va mal ! » a été le thème de notre week-end de printemps du KT de La BARC, du Joran et du Val-de-Travers. Nous avons vécu ces deux jours à la Colonie La Joie de Vivre (ça ne s’invente pas !) sur les hauteurs de La Côte-aux-Fées, dans le Val-de-Travers (Suisse). La météo printanière nous a aussi fait du bien.

Regarder le monde avec lucidité

Nous avons voulu poser un regard lucide sur le monde en crise tel que nous le voyons au travers des médias et des réseaux sociaux, tout en cherchant des ressources et des raisons d’espérer pour répondre au désespoir et à la résignation.

Crise et réchauffement climatiques, fake news, montée des violences ont été passés au crible au travers d’ateliers et d’animations, car mieux comprendre permet de prendre position par soi-même. Méditation de pleine conscience, émerveillement, lectio divina, prière ont été partagées comme des expériences à reproduire à différents moments de ses journées ou de sa semaine, quand il y a trop ou que ça va trop vite, car mieux s’enraciner dans l’instant permet de prendre un peu de hauteur ou de distance.

Un espoir… Une espérance

Nous nous sommes rappelé cette citation attribuée à Martin Luther : « Si on m’annonçait la fin du monde pour demain, je planterais quand même un pommier. » Celle-ci a servi de tremplin à imaginer des engagements possibles, des gestes à notre portée pour un monde (un peu) meilleur aujourd’hui déjà.

Et comme un heureux hasard n’arrive jamais seul, la pasteure Carolina Costa proposait quelques jours avant notre week-end cette vidéo :

Le texte de la tempête apaisée, relatée par l’Évangile selon Marc, chapitre 4, versets 35-41, a servi de méditation.

35Le soir de ce même jour, Jésus dit à ses disciples : « Passons de l’autre côté du lac. » 36Ils quittèrent donc la foule ; les disciples emmenèrent Jésus dans la barque où il se trouvait encore. D’autres barques l’accompagnaient. 37Et voilà qu’un vent violent se mit à souffler, les vagues se jetaient dans la barque, à tel point que, déjà, elle se remplissait d’eau. 38Jésus dormait sur un coussin, à l’arrière du bateau. Ses disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous allons mourir ! Cela ne te fait rien ? » 39Jésus, réveillé, menaça le vent et dit au lac : « Silence ! tais-toi ! » Alors le vent tomba et il y eut un grand calme. 40Jésus dit aux disciples : « Pourquoi avez-vous peur ? N’avez-vous pas encore la foi ? » 41Mais ils éprouvèrent une grande frayeur et ils se disaient les uns aux autres : « Qui est donc celui-ci, pour que même le vent et les flots lui obéissent ? »
Bible nouvelle français courant

Ce même texte a été notre référence pour une œuvre commune : la barque de nos ressources poussée par la voile de nos engagements vogue vers l’horizon sur les vagues du monde, parfois favorables, parfois défavorables.

Vogue l'espérance
Une œuvre commune réalisée par les catéchumènes et les monitrices et moniteurs

Nous nous sommes quittés enrichis des discussions et des échanges, remplis de réflexions à poursuivre, de prise de conscience et d’espérance. Ce qui est revenu à plusieurs reprises : « Nous ne sommes pas seuls !»

Nous ne sommes pas seuls (nous les pros)

Durant ces deux journées, nous avons pu compter sur l’engagement d’une équipe de monos bénévoles, filles et garçons, impliqués et motivés qui ont su, à leur manière, avec leurs mots, animer et ouvrir des espaces de discussion et de réflexion, sans oublier la bonne humeur et l’amitié.

Merci à chacune et à chacun pour ces deux jours passées ensemble.

Photo de couverture : Pixabay

Ce que je crois, espère et crains

Dans le cadre d’une réflexion commune autour de ce que pourra devenir la nouvelle offre cantonale du catéchisme de l’EREN, mes collègues et moi-même avons été invités à partager ce que nous croyons, espérons et craignons au travers de quelques questions. Celles-ci nous été posées par des personnes extérieures au milieu professionnel ecclésial. Je partage ici mes éléments de réponse. Ils sont teintés de mon expérience d’aumônerie auprès des personnes âgées, de l’aumônerie de rue et de trois ans de catéchisme (ou KT).

Quelle est ma sensibilité chrétienne dominante ?

Je crois en un Dieu qui croit en l’Humain, bien plus qu’en l’Humain qui croit en Dieu. Nous sommes à l’image de Dieu. En ce sens, Dieu nous fait confiance. Il sait ce dont nous pouvons être capables. Il n’impose pas, ne s’impose pas. Il est ce mystère qui nous dépasse. Je crois aussi que nous cherchons trop souvent à cerner Dieu, à dire ce qu’il est ou n’est pas, ce qu’il devrait être (ou ne pas être). Mais, plus nous pensons discerner ce qu’est ou peut être Dieu, plus il nous échappe.

Qu’est-ce qui me touche profondément dans cette approche ?

La confiance que Dieu nous fait m’ouvre à la liberté. N’imposant pas, il nous souhaite libre. Non pas la liberté de faire ce que je veux, comme je le veux et quand je le veux, mais d’être libéré des contraintes imposées par la société, les “Tu dois”, “Il faut” pour être quelqu’un. Si Dieu nous fait confiance, alors il nous aime tels que nous sommes sans condition ni mérite à gagner.

Quelle expérience m’a convaincu que cette approche porte des fruits auprès des jeunes ?

De nombreuses rencontres m’ont fait découvrir des facettes d’une personnalité, au-delà de toute étiquette : de belles qualités dont la personne elle-même n’avait pas ou plus conscience. Chacun.e est tellement plus que tout ce qu’on peut dire, que ce que le regard – le sien et celui d’autrui – voit. J’aime beaucoup cette citation de St-Exupéry qui m’anime : “On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux.” Dieu voit et ne retient en chacun.e que la plus belle part, ce qu’il y a de bon et de bien. L’adolescence est la période la vie faite de questionnements autour de l’identité et de l’importance du sentiment d’appartenance, du regard. Les jeunes sont encore formatés’ dans un système scolaire : des objectifs à atteindre, de “bonnes” réponses attendues, l’angoisse de faire faux. Le KT peut être alors cet espace et ce laboratoire où la construction individuelle et au contact des autres, peut prendre toute sa pertinence, où il est possible d’essayer, d’oser, de risquer les mots de la foi, où l’erreur n’est pas un échec.

Ce qui me met mal à l’aise dans d’autres approches, c’est…

Je ne suis pas à l’aise avec des discours réducteurs et simplistes. Des approches peu ou pas nuancées : ou c’est blanc ou c’est noir ! Alors que tout se joue dans les nuances de gris, ou mieux dans les couleurs de la foi. Souvent, on fonde de telles affirmations avec l’argument “La bible dit que…” ce qui ouvre la porte à ne prendre dans des citations que ce qui nous arrange et nous convainc, laissant le reste. J’ai aussi entendu “Dieu m’a parlé.” Si je ne doute pas que Dieu peut nous parler, il vaut la peine de s’interroger sur le sens et la portée de ce qu’il nous dit. Cette parole fait-elle grandir ? Fait-elle du bien ? Aide-t-elle ou non ? La foi n’empêche pas le discernement.

Quand je pense à la transmission de la foi aux jeunes, ce qui est important pour moi c’est…

La CONFIANCE. Dieu croit en toi. Il te voit, t’accueille et de respecte tel.le que tu es. Il t’offre alors la liberté d’être qui tu es vraiment ou qui tu peux ou veux devenir. Dieu regarde à ce qu’il y a de bon et de beau en toi. Tu penses que tu as fait des erreurs ? De mauvais choix ? Tu as des regrets ? Tout cela, Dieu le voit et l’entend, mais ce ne sont pas des freins à son amour ni à son attention pour toi. Au KT, nous aimerions t’offrir cette occasion de découvrir qui tu es et cela avec d’autres dans une atmosphère bienveillante, respectueuse et enrichissante.

Si je devais choisir un mot pour qualifier mon approche, ce serait…

LIBERTÉ. Comme déjà évoqué plus haut, pas une liberté synonyme de carte blanche pour faire tout et n’importe quoi. Mais, une liberté qui me conduit à prendre de la distance ou de la hauteur d’avec les contraintes et ce que d’autres pourraient exiger de moi. Une liberté qui m’incite à oser et à risquer. La liberté implique aussi la responsabilité. Je suis responsable de mes choix, de mes non-choix, de mes décisions.

Ce que je crains dans un programme cantonal de catéchisme, ce serait…

Passer du plus grand multiplicateur commun, c’est-à-dire toute la diversité de nos animations et camps, au plus petit dénominateur commun : une réduction à quelques principes et activités un peu généralisées partout. Il vaut alors la peine de se questionner sur ce qui marche et qui mérite d’être porté, préservé, développé ailleurs et sur ce qui ne marche plus et qui doit être repensé voire abandonné.

À vous de jouer maintenant

Ces questions, je les laisse aussi à votre réflexion. Et si vous souhaitez me partager vos réponses, n’hésitez pas m’envoyer un message. Je le lirai avec intérêt.

Le cadeau des mots

Lors du culte de fête du KT qui s’est déroulé dimanche de Pentecôte à Cortaillod, les 15 jeunes des paroisses du Joran et de La BARC nous ont fait le cadeau de leurs mots pour dire leur cheminement spirituel.

Des questions pas faciles

C’est pendant le camp de La Bégude, durant la semaine de l’Ascension, que nous avons demandé aux catéchumènes de rédiger leurs textes personnels en vue de la fête.

  • Qu’avez-vous envie de répondre à l’amour de Dieu pour vous ?
  • Où en êtes-vous aujourd’hui avec la foi ?
  • Vers quoi avez-vous envie de vous engager après cette année de KT ?
  • Pourquoi demandez-vous le baptême aujourd’hui ? Pour celles et ceux qui n’étaient pas baptisés.

Ces questions ne sont pas faciles, n’est-ce pas ? Même pour nous, adultes et animateurs dans la jeunesse ! De telles questions nous posent… question !

Camp KT La Bégude 2025
La belle équipe du camp de La Bégude 2025

Authenticité et sincérité

C’est avec beaucoup de sérieux que les catéchumènes y ont répondu. Elles et ils ont fait preuve d’authenticité et de sincérité pour mettre en mots ce qui relève  de l’intime. C’était encore un autre exercice que de prendre distance avec des exigences scolaires : l’orthographe, ça compte ? Non, ce n’est pas le plus important… Oui, on peut faire des ratures…’catéchumènes’, ça s’écrit comment ?

Et c’est avec un courage certain, qu’elles et ils ont partagé leurs témoignages devant une large assemblée, composée de leur familles et des paroissiens réunis lors du culte de fête à Cort’Agora.

Un cadeau pour toutes et tous

Pour nous, animatrices et animateurs, qui avons suivi le cheminement de chacune et chacun, c’est un vrai et beau cadeau qui nous est partagé. Oser affirmer sa confiance tout autant que ses hésitations. Dire que Dieu est là dans sa vie ou qu’il est plutôt à découvrir. Vouloir s’engager pour accompagner de futurs catés ou se donner le temps de la réflexion. Tout autant de bonnes réponses.

Un compagnonnage à vie

Croire ou ne pas croire, telle n’est pas la question ! Le KT, c’est permettre à chaque jeune de se forger sa propre opinion, de l’accompagner dans ses questions, sans imposer de réponses toutes faites ni définitives.

Tout au long de l’année, ça a été une joie vraie et sincère de découvrir ensemble la richesse de l’Evangile et de chacun au travers de questions sur la vie, sur soi, sur le monde, sur Dieu. Et, aujourd’hui, au terme de cette année, c’est une joie tout aussi vraie et sincère de voir le chemin parcouru, les belles personnes que ces jeunes sont devenus.

Fête du KT Joran-La BARC
L’équipe du KT lors du culte de fête à Cortaillod

On ne cesse de le répéter : le caté ne s’arrête pas à la fin de l’année, au culte de fête. Du KT, on en fait tout au long de sa vie.

Et chacune et chacun constatera sans doute que ce qui était vrai et certain à une époque l’est peut-être un peu moins ou un peu différemment à une autre. C’est normal, c’est la vie.

Bravo à vous toutes et tous, catéchumènes, monitrices et moniteurs, collègues !

Et bonne route !

Image de couverture : Photo gratuite sur Pixabay

Se lancer dans le rêve éveillé

Après avoir découvert le but d’une animation de rêve éveillé et abordé les questions pratiques de préparation, il est temps maintenant de se lancer dans l’aventure. Ce que j’ai fait à plusieurs reprises dans le cadre du catéchisme avec des adolescents.

Pour un petit rappel, vous pouvez lire ou relire les deux premiers articles :

Partage d’expérience autour du rêve éveillé

Rêve éveillé : les aspects pratiques

La mise en place

Trouver un endroit suffisamment grand pour permettre aux auditeurs d’avoir de la place autour d’eux. Même s’ils ne vont pas bouger, il est plus agréable de ne pas se sentir coincé dans une petite pièce. Le lieu doit aussi être suffisamment silencieux pour favoriser la narration. Il peut être possible de mener un « rêve éveillé » en extérieur, mais il faudra veiller à ce qu’il n’y ait pas trop de bruits parasites. Ceux de la nature sont par contre les bienvenus et à valoriser.

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Rêve éveillé : les aspects pratiques

Dans un précédent article, j’ai expliqué la démarche du rêve éveillé dirigé.

Partage d’expérience autour du rêve éveillé

J’aimerais ici y donner suite par quelques aspects pratiques.

Mon expérience s’enracine dans le cadre du catéchisme d’adolescents et la narration de textes bibliques.

Avant la narration

Il est important de consacrer suffisamment de temps à la préparation de la narration. Car, il ne s’agit pas « juste » de lire un texte, mais d’immerger le public, avec soi, dans l’univers et l’histoire du texte.

Le choix est également crucial. Si la narration s’inscrit dans une thématique particulière,  veiller à ce que le texte choisi rejoigne celle-ci. Par exemple : la rencontre sous les chênes de Mambré, Abraham qui accueille trois voyageurs dans une oasis, trouverait toute sa place dans le thème plus large de l’hospitalité.

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