En marche

Quelques textes et extraits du culte du dimanche 11 juillet que j’ai célébré à La Neuveveville.  Partant du psaume 8 et de cette question « Qu’est-ce que l’homme pour que tu prennes soin de lui ? », je mets mon expérience à La Lanterne, l’aumônerie œcuménique de rue en Ville de Neuchâtel en lien avec la rencontre avec l’aveugle Bartimée.

Accueil

 « En marche, les humiliés du souffle ! Oui, le royaume des ciels est à eux !
En marche, les endeuillés !
Oui, ils seront réconfortés !
En marche, les humbles !
Oui, ils hériteront la terre !
En marche, les affamés et les assoiffés de justice !
Oui, ils seront rassasiés ! (…) »

C’est avec ces mots qui nous mettent en mouvement, en marche, que nous sommes accueillis et que nous nous accueillons ce matin.

Vous aurez certainement reconnu les premiers mots des Béatitudes de l’Évangile de Matthieu, le célèbre Sermon sur la montagne.

C’est à l’écrivain et penseur israélien André Chouraqui que nous devons cette interprétation où les Heureux sont En marche.

Ce matin, nous nous sommes mis en marche pour venir jusqu’ici, pour nous placer sous le regard accueillant et bienveillant de Dieu. Et nous pensons à toutes celles et tous ceux qui ne se sont pas mis en route, les accueillant aussi au milieu de nous.

La grâce et la paix vous sont données de la part de Dieu notre Père, de son Fils Jésus-Christ notre frère, dans l’unité et le souffle du Saint-Esprit.

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Prière d’humilité et annonce de la grâce

Présentons-nous devant Dieu dans la confiance qu’il nous accueille tels que nous sommes.

Seigneur,
Pour toutes ces fois où mes propres certitudes ont entravé ma marche à ta suite…
Pardonne-moi.

Pour tous les détours que j’ai pris, au lieu de répondre à ton appel de chaque jour…
Pardonne-moi.

Pour toutes les routes que j’ai empruntées et qui m’ont éloigné de toi…
Pardonne-moi.

Amen.

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Jésus le Christ a dit :

« Je suis le chemin, la vérité et la vie. » (Jn 14,6)

Et aussi :

« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. » (Jn 5,24)

Allez dans la confiance que vous êtes passés de la mort à la vie et que la grâce de Dieu vous est donnée. Amen.

Lectures bibliques :

Psaume 8

Eternel, notre Seigneur, que ton nom est magnifique sur toute la terre! Ta majesté domine le ciel.

Par la bouche des enfants et des nourrissons, tu as fondé ta gloire pour confondre tes adversaires, pour réduire au silence l’ennemi, l’homme avide de vengeance.

Quand je contemple le ciel, œuvre de tes mains, la lune et les étoiles que tu y as placées, je dis: «Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui, et le fils de l’homme, pour que tu prennes soin de lui?»

Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu et tu l’as couronné de gloire et d’honneur. Tu lui as donné la domination sur ce que tes mains ont fait, tu as tout mis sous ses pieds, les brebis comme les bœufs, et même les animaux sauvages, les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui parcourt les sentiers des mers.

Eternel, notre Seigneur, que ton nom est magnifique sur toute la terre!

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Évangile de Marc 10, 46-52

Ce jour-là, c’est l’effervescence dans la ville de Jéricho. Le prophète, accompagné de ses disciples et d’une grande foule traverse les rues. On prend garde à ce qu’aucun gêneur n’interrompent le cortège. Tout se passe bien… Jusqu’à ce moment.

Ils arrivèrent à Jéricho. Lorsque Jésus sortit de la ville avec ses disciples et une assez grande foule, Bartimée, le fils aveugle de Timée, était assis en train de mendier au bord du chemin. Il entendit que c’était Jésus de Nazareth et se mit à crier: «Fils de David, Jésus, aie pitié de moi!» Beaucoup le reprenaient pour le faire taire, mais il criait beaucoup plus fort: «Fils de David, aie pitié de moi!» Jésus s’arrêta et dit: «Appelez-le.» Ils appelèrent l’aveugle en lui disant: «Prends courage, lève-toi, il t’appelle.» L’aveugle jeta son manteau et, se levant d’un bond, vint vers Jésus. Jésus prit la parole et lui dit: «Que veux-tu que je fasse pour toi?» «Mon maître, lui répondit l’aveugle, que je retrouve la vue.» Jésus lui dit: «Vas-y, ta foi t’a sauvé.» Aussitôt il retrouva la vue et il suivit Jésus sur le chemin.

Prédication

Chers Amis, chères Sœurs, chers Frères,

Aujourd’hui, j’ai envie de vous faire marcher ! Rassurez-vous, pas au sens où on l’entend habituellement. Non, je ne vais pas vous raconter des histoires et vous entraîner ainsi sur des chemins de traverse. Ça, non !

Non, aujourd’hui, j’ai envie de vous faire marcher sur les chemins qu’ouvrent les textes que nous venons d’entendre. J’aimerais vous entraîner à parcourir ces textes, comme on fait une balade dans un coin de pays qu’on connaît bien, ici tout près, où là-bas, un peu plus loin. Parce que ces textes, on les connaît bien justement.

Mais, avant de nous lancer, permettez-moi un petit échauffement à propos des bienfaits de la marche. C’est une activité qui libère la tête et l’esprit, qui active le cœur et le corps. Elle est recommandée par les médecins.

Comment bien marcher, au fait ? En profitant simplement, oui tout simplement, de ce qui s’offre à nos sens : regarder, sentir, écouter, toucher, goûter. C’est si simple de marcher. J’ai lu quelque part ce conseil d’un marcheur :

« Quand on marche, il ne faut pas ressasser ses soucis, ses préoccupations. Ce n’est pas comme cela que viendra la solution. Non, quand on marche, il faut se laisser toucher par ce que la nature nous offre, lâcher-prise sur tout ce qui occupe et encombre notre cerveau pour faire le vide et jouir de la nature, tout simplement. Libéré et ressourcé par la marche, alors certainement que la solution apparaîtra d’elle-même. »

Voilà une leçon que je vais essayer d’appliquer à moi-même d’abord avant de la conseiller à d’autres. Alors, mettons-la en pratique dès maintenant et laissons nos soucis sur le bord du chemin.

Pour moi, la marche est ce temps privilégié de la méditation de la Parole. Un temps où je laisse un texte, des mots, me parler, dialoguer avec le paysage que je traverse, s’adapter au rythme de mes pas et de mon souffle. Où je laisse une prière faire chemin avec moi.

Le psaume 8 est justement une invitation à regarder, à admirer la nature et à y discerner la main du Créateur. Un poème que je relis souvent, en laissant mon regard se perdre dans le ciel étoilé, ou à l’horizon d’un lac, ou vers les sommets de montagnes. Et j’entends l’écho de cette question : « Qu’est-ce que l’homme, pour que tu prennes soin de lui ? »

Oui, qu’est-ce que l’homme ? Une poussière d’étoile tombée sur terre ? Un pas grand-chose devant l’immensité d’un univers dont on n’a qu’une infime perception ?

Et pourtant, et sans détour, le poète répond à la question : « [Seigneur], Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu, cet homme ! » Rien que cela ! Aux yeux de Dieu, l’humain, le terreux, le glébeux n’est pas insignifiant. Bien au contraire, chaque vie est voulue, précieuse ; chaque être a une valeur inestimable. Il vaut la peine de le répéter, surtout à l’heure où des vies sont oubliées, menacées, sacrifiées.

L’humain a tellement d’importance aux yeux de Dieu qu’il a voulu, lui le premier, le rejoindre dans sa création.

Il a fait le choix de parcourir les chemins d’humanité, devenant humain à son tour, pour ainsi nous conduire à regarder à son Royaume comme on scrute l’horizon. Il a voulu nous en ouvrir les portes dès aujourd’hui par Jésus son Fils.

En Jésus, Dieu le premier fait le chemin vers nous, il devient notre frère, notre prochain, notre compagnon de route, se souvenant de chacun, quoi que nous vivions.

Avec Dieu, personne n’est trop petit, aucun n’est oublié. Pas même ceux qu’on a laissés au bord du chemin, pas même ceux qu’on ignore au bord du chemin. Lui, Jésus, s’est arrêté, il a tendu l’oreille, il a poussé les foules à s’arrêter et à tendre l’oreille à leur tour.

La rencontre avec Bartimée n’est pas une histoire d’autrefois. Elle garde toute son actualité, criante et triste à la fois. Il y en a encore de ces marginaux, de ces dépendants, de ces cas sociaux, de ces anonymes qu’on ne voit plus, qu’on voudrait faire taire, parce qu’ils nous dérangent. Il y en a encore. Malheureusement. Ou heureusement peut-être qu’ils sont là, qu’ils nous réveillent de notre trop-plein d’assurances, quand ils crient que le système est foutu et corrompu !

J’ai eu l’occasion et j’ai encore cette chance de côtoyer des Bartimée, notamment à Lanterne, l’aumônerie de rue en Ville de Neuchâtel. Et je peux vous assurer qu’ils m’ont mis en marche, ces gens-là. Au-delà des premières impressions, des premières peurs aussi, j’ai découvert de belles personnes attachantes, timides, blessées qui se cachent derrière une carapace, une voix forte, une grande gueule.

Des amitiés se sont alors nouées. Oh, pas toujours, soyons honnêtes. Certaines sont restées distantes ; j’ai aussi fait preuve de prudence, mais bon, c’est ainsi. Elles sont là. Je suis là. Peut-être qu’un jour, nous ferons un pas, puis deux, puis trois l’un vers l’autre, l’un avec l’autre. Dieu seul le sait. Je lui fais confiance. Je lui laisse le temps.

En rencontrant ces gens de la rue – comme on dit – je pense souvent à Bartimée qui, sur le bord du chemin, n’a pas hésité à crier. Il n’a pas laissé la foule le réduire au silence et le rendre invisible. Parmi ces gens que je rencontre, il y en a qui crient, qui gueulent contre cette société qui se bouche les oreilles et les yeux ; qui prétend que tout va bien au regard des statistiques. Ce que nous vivons depuis plus d’un an a été un révélateur de tous ces oubliés, cachés et ignorés.

Bartimée lui savait qu’au milieu de cette foule, il y avait des oreilles pour l’entendre, des yeux pour le voir, un cœur pour l’accueillir, lui le fils de…, lui l’anonyme. Lui le maudit.

Bien qu’aveugle, Bartimée a vu jour.

Et c’est la rencontre entre deux fils : le fils de Timée et le fils de David. La rencontre de deux marginaux aussi. Et cette rencontre a tout changé : elle a arrêté une foule qui aurait voulu passer son chemin. Elle a mis en route celui qui mendiait. Maintenant, tout est changé : le mendiant ne mendie plus, il loue Dieu. Il n’est plus assis, il marche. Il n’est plus aveugle, il voit.

L’Évangile de Jean dit : « La Parole s’est faite chair et a habité parmi nous ». Mais cette parole n’est pas restée immobile, bien protégée par les murailles d’un temple. Elle a parcouru les chemins du monde.

Elle n’a pas attendu qu’on vienne à elle, elle s’est mise en route pour rencontrer des hommes et des femmes. Elle a pris corps et nom en devenant Jésus le Christ.

Par lui, elle rejoint tous ceux et toutes celles qui crient au bord des chemins tortueux de notre monde et qu’on aimerait ne pas entendre. Aujourd’hui, elle continue de parcourir le monde au rythme de nos pas et annonce cette bonne nouvelle pour qui y prête attention : « Va, ta foi t’a sauvé ».

C’est cette parole, cette parole de Vie, qui me fait, qui nous fait marcher. Alors, en route !

Amen.

Confession de foi : un Dieu en marche

Prière d’intercession

A l’image de ceux qui accompagnaient ton Fils,
Nous voulons, à notre tour marcher auprès de ceux qui souffrent physiquement et moralement. Et te les confier.

Rayonne de ta présence aimante à leurs côtés et ouvre-leur un chemin lumineux. Et nous te les nommons dans le secret de notre cœur.

A l’image de ceux qui suivaient ton Fils sur les chemins du monde, nous voulons proclamer ta grâce toujours et à nouveau.

Seigneur, exauce-nous. Amen.

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Bénédiction

Dieu parmi les hommes
Dieu sur nos chemins
Proche est ton royaume
Viens ! viens !

Nous sommes en marche vers le Royaume de Dieu qui est déjà là où nous sommes. Nous sommes en route à la suite du Christ qui nous ouvre à la rencontre, vraie et sincère. Nous sommes en marche avec nos frères et nos sœurs sous la conduite du Dieu trois fois saint et trois fois béni.

Allez dans la joie et la paix.

Que le Seigneur, notre Dieu, vous bénisse et vous garde aujourd’hui et toujours. Lui le Père, le Fils. En Marche ! Amen !

 

En quête de liberté

Dans le cadre d’une célébration œcuménique à La Neuveville En quête de liberté, voici une prière des uns pour les autres, des uns avec les autres.

Cette prière s’inscrit aussi dans le Dimanche des Réfugiés.

Nous lisons dans la 1er lettre de Pierre (2,16) :

Comportez-vous en hommes libres, sans faire de la liberté un voile qui couvre la méchanceté mais en agissant au contraire comme des serviteurs de Dieu.

Unissons-nous dans la prière :

Seigneur,

Tu as libéré ton peuple pour le conduire vers une Terre Promise.
Et tu as fait de lui un peuple saint, un peuple de prophètes et de serviteurs.
Aujourd’hui, et nous aussi, nous sommes héritiers de cette liberté
que tu veux pour chaque humain.

Nous te prions pour tous ceux et toutes celles dont les libertés et les droits sont bafoués ;
qui sont emprisonnés, torturés, exécutés à cause de leur foi, de leur voix et de leurs engagements.

Nous te prions pour tous ceux et toutes celles qui fuient leur pays,
qui sont sur les routes du monde, au péril de leur vie, en quête de liberté.
Place sur leur chemin des cœurs ouverts et accueillants qui sauront les recevoir,
des oasis de paix où ils connaîtront l’hospitalité.

Nous te prions pour nous-mêmes.
Aide-nous à ne pas abuser de nos libertés,
mais à en user avec intelligence.
Rends-nous sensibles et attentifs à nos sœurs et nos frères en humanité,
afin qu’ensemble nous défendions la liberté que tu veux pour chacune et chacun de nous.

Prions dans le silence de notre cœur :

Silence

Libres, nous le sommes, Seigneur.

Et nous voulons maintenant rassembler toutes nos prières
dans les mots que ton Fils, ton bien-aimé, Jésus notre frère,
nous a lui-même enseignés.
Nous te disons d’une seule voix et d’un seul cœur :

Notre Père qui es aux cieux,

Que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel,

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses,
Comme nous pardonnons aussi,
A ceux qui nous ont offensés,
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
Mais délivre-nous du mal.

Car c’est à toi qu’appartiennent le règne,
La puissance et la gloire,
Pour les siècles des siècles,

Amen

Image par Pixource de Pixabay

Au commencement : la confiance

À la veille de la fête de l’Ascension, j’ai présidé une cérémonie d’adieux. Reprenant le verset biblique choisi par la défunte, Jean 3,16, je le mets en lien avec d’autres paroles de ce même évangile.

Lectures bibliques :

Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue (…)

Personne n’a jamais vu Dieu : Dieu, le Fils unique qui vit dans l’intimité du Père, nous l’a révélé.

Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.

Évangile de Jean 1, 1-5.18 et 3, 16-17

Au commencement, il y a cet insaisissable

Au commencement de toute vie,  il y a un cri, celui du nouveau-né qui naît au monde. Il nous est impossible de l’emprisonner dans nos mains, ce cri, pour le garder et pourtant, une mère, un père, ne l’oublieront jamais.

Toute relation commence par une parole, parfois dite avec des mots, parfois exprimée par un regard ou un geste. Cette parole est tout aussi insaisissable et, pourtant, elle restera gravée dans le cœur toute sa vie durant. Il y a des paroles porteuses de vie. Il y en a d’autres qui blessent, qui tuent aussi. Les unes comme les autres peuvent accompagner, construire ou ruiner une vie. Fonder ou mettre à mal la confiance en soi et aux autres.

La confiance, justement, est encore de ces choses insaisissables et tellement vitales. On ne peut pas la serrer dans sa main, tout comme l’air que nous respirons ou la lumière qui nous fait du bien. Et pourtant, nous ne pouvons pas nous en passer.

Toute la foi, toute la relation au Dieu de Jésus-Christ est affaire de confiance. On ne peut pas l’imposer, elle ne peut qu’être éprouvée, suggérée, donnée et reçue. Sur quoi fondons-nous notre confiance en Dieu ? Sur des témoignages que les Écritures nous ont transmis au fil des siècles, sur des paroles de Jésus et de ceux qui sont venus à sa suite, sur des mots. Et on le sait, les mots peuvent paraître bien dérisoires parfois. Et pourtant.

Des mots, rien que des mots, plus que des mots, une certitude

«Dieu a tant aimé le monde». Des mots forts qui peuvent changer l’image de Dieu. Dieu qui, au passage, n’est pas plus saisissable que la vie, la parole ou la confiance, mais tout aussi vital. Ces quelques mots nous rappellent  que si Dieu aime, ce n’est pas en faisant le tri parmi ceux qui mériteraient d’être aimés et ceux qui ne le mériteraient pas. Dieu a aimé et aime encore le monde, l’humanité, dans toute sa diversité. A chacun, à chacune, il adresse des mots qui font du bien, qui disent son amour, qui fondent la confiance, qui sont porteurs d’une promesse. Et pour que cette promesse ne reste pas de simples mots qui se perdraient dans un gros livre qu’on affirme être La Parole de Dieu, Dieu leur a donné corps, en envoyant son Fils dans le monde. Il a fait mieux encore : il est devenu, en Jésus-Christ, notre frère en humanité, il nous a rejoints pour nous conduire à lui. En faisant cela, il nous adresse sa promesse : «afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle». Une vie, faite de relations, que rien, même pas la mort, ne peut séparer.

Aujourd’hui, nous sommes devant le mystère et de la vie et de la mort, ce mystère qui nous échappe encore et toujours. Nous sommes face à un mystère, mais pas un vide sidéral, car je suis persuadé que Dieu, s’il ne nous donne pas toutes les réponses à nos questions, est notre réponse, du moins une réponse possible, un peu plus possible que d’autres. Il nous accompagne et nous pouvons lui adresser nos interrogations, avec nos mots, parfois hésitants, nos doutes, parfois tenaces, nos émotions, souvent indomptables.

Tenter de poser des mots sur l’insaisissable

Alors, s’il fallait garder une image, une parmi d’autres, je dirais que Dieu est cette lumière qui brille dans l’obscurité. Une lumière qui n’éblouit pas, mais qui rassure, qui donne un sentiment de sécurité, un peu comme les veilleuses dans les chambres des enfants, chassant les fantômes de la nuit. Dieu échappera toujours à toutes nos tentatives de le saisir, mais il n’en sera que plus proche et souvent, sans que nous l’apercevions. Dieu est là où nous ne l’attendons plus. Il est là où on est certain de ne pas le trouver. Il nous ouvre à la vie aujourd’hui et toujours.

Image de couverture par Sanjasy de Pixabay

Unis au Christ – Demeurons dans son amour

Ce culte en ligne prend place dans la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. La Communauté de Grandchamp a proposé les textes, dont certains ont été adaptés ici, et a interprété les chants. J’ai imaginé et composé la méditation autour du thème : « Demeurez dans mon amour et vous porterez du fruit en abondance ».

👋 Accueil

C’est le grand désir de Dieu, exprimé par Jésus, que nous venions à lui, et demeurions en lui. Il nous attend sans se lasser, il espère qu’unis à son amour, nous portions des fruits qui fassent vivre tous ceux qui nous entourent.

Face à la différence de « l’autre », nous risquons de nous replier sur nous-mêmes et de ne voir que ce qui nous sépare. Mais écoutons le Christ nous appeler à demeurer dans son amour. Ainsi nous porterons des fruits.

Bienvenue à vous, en ce moment où nous aurions dû nous retrouver pour une célébration commune dans le cadre de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Cette année, ce ne sera pas possible, mais, par la communion de la prière, nous serons UN, répondant ainsi à l’appel du Christ : « Que tous soient UN, afin que le monde croie que tu [Dieu, mon Père] m’as envoyé » (Jean 17,21)

Nous vous invitons à allumer une bougie et à prendre un temps pour accueillir la présence de Dieu et des autres dans votre cœur. Accueillons-nous aussi par le chant des Sœurs de la Communauté de Grandchamp : Toi qui nous appelles.

 

🙏🏼 Prière de louange

Seigneur,

Toi le vigneron qui prend soin de nos vies avec amour, tu nous appelles à voir la beauté de chaque sarment uni au cep, la beauté de chaque personne. Et pourtant, trop souvent la peur nous surprend devant la différence de l’autre.

Nous nous replions sur nous-mêmes, la confiance en toi nous quitte et l’inimitié se développe entre nous. Viens orienter notre cœur tout à nouveau vers toi, donne-nous de vivre de ton pardon pour être ensemble à la louange de ton Nom.

Dieu de vie, tu as créé tout être humain à ton image et à ta ressemblance. Nous chantons ta louange pour le don de nos multiples cultures, expressions de foi, traditions et appartenances diverses.

Que ce temps de culte, à distance, mais unis les uns aux autres, soit pour nous un moment mis à part pour te louer, pour méditer ta parole et soutenir par nos prières nos frères et sœurs en humanité.

Amen.

📖 Lecture Évangile selon Jean 15, 1-17

Moi je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron. Il enlève tout sarment qui, uni à moi, ne porte pas de fruit, mais il taille, il purifie chaque sarment qui porte du fruit, afin qu’il en porte encore plus. Vous, vous êtes déjà purs grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez unis à moi, comme je suis uni à vous. Un sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même, sans être uni à la vigne ; de même, vous non plus vous ne pouvez pas porter de fruit si vous ne demeurez pas unis à moi.

Moi je suis la vigne, vous êtes les sarments. La personne qui demeure unie à moi, et à qui je suis uni, porte beaucoup de fruits, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si vous demeurez unis à moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voulez et cela sera fait pour vous. Voici comment la gloire de mon Père se manifeste : quand vous portez beaucoup de fruits et que vous vous montrez ainsi mes disciples.

Tout comme le Père m’a aimé, je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.

Si vous obéissez à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, tout comme j’ai obéi aux commandements de mon Père et que je demeure dans son amour.

Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (…)

Ce que je vous commande, donc, c’est de vous aimer les uns les autres.

Bref intermède chanté : La joie de notre cœur.

 

🤔 Méditation

 

Chers Amis, Chères Sœurs, chers Frères,

Voilà certainement une image qui nous parle tout particulièrement ici à La Neuveville (là où je travaille), en ce coin de pays où les vignes occupent une place de choix. Nous avons déjà certainement observé un cep, un pied de vigne, qui porte de belles grappes de fruits mûrs sur le point d’être récoltées. Ça donne envie d’y croquer à pleines dents !

Je ne suis ni vigneron ni spécialiste de la vigne, mais ce que je sais, c’est qu’un rameau, un sarment, ne peut donner de fruit s’il n’est pas rattaché, uni, à un cep. Alors, l’image de Jésus pour parler de son union avec ses disciples d’abord et avec nous ensuite n’en est que plus parlante : nous ne pouvons rien faire sans lui.

Le rameau portera de beaux fruits prometteurs en goût et en beauté, pour autant qu’il soit nourri par le cep. Nous aussi, aujourd’hui et ici, nous porterons de beaux et bons fruits si nous sommes fermement attachés à l’amour de Dieu, manifesté en Jésus le Christ.

Et ces fruits, comme le dit Jésus, seront nombreux, car Dieu, on le sait, est généreux. Il n’est que générosité. Il n’est que don.

Comment donc porter du fruit ? me demanderez-vous. Ici, là où nous sommes ? La réponse est à la fois simple et complexe : en nous aimant les uns les autres. Ça a l’air simple, mais combien ça peut être difficile de nous aimer, vraiment et sincèrement, avec nos différences, nos personnalités, nos particularités. Et ce que Jésus demande, ce n’est pas un amour de façade, mais un amour sincère, authentique, qui coûte en quelque sorte. Qui coûte au point de donner sa vie pour les autres.

Je ne sais pas si quelqu’un parmi nous, ou dans le monde, serait capable d’un tel amour, d’un tel don de soi. Un seul l’a fait ; un seul l’a vécu jusqu’au bout : Jésus-Christ. Lui qui a aimé ses amis a aimé jusqu’à ceux qui l’offensaient. Il a demandé pardon à son Père pour ceux qui le crucifiaient ! « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Et nous, aujourd’hui, jusqu’où aimons-nous ? Jusqu’où sommes-nous prêts à aimer ?

Ne nous culpabilisons pas de « ne pas assez » aimer. Nous ne sommes pas le Christ ! Mais, unis à Jésus, profondément unis à lui, dans la prière et la méditation de sa Parole, dans l’abandon total à son amour, nous pourrons peu à peu, et de mieux en mieux, nous aimer les uns les autres. Et ainsi porter du fruit. Ou plutôt des fruits, beaux, bons et variés, à l’image de la Création de Dieu.

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Alors, aujourd’hui, plus qu’hier et moins que demain, demeurons dans l’amour du Christ offert à chacun, car Dieu aime la diversité. Demeurons et aimons à notre tour, nourris de la présence de Jésus au cœur de nos vies et de nos relations. Donnons à goûter de ces bons et beaux fruits à nos frères et sœurs en humanité. C’est ainsi que nous rendrons gloire à Dieu notre Seigneur. Je vous l’ai dit : c’est si simple… Et si complexe à la fois.

Amen.

🌍 Prière des uns avec les autres, et pour le monde

Ensemble, et unis au Christ notre Seigneur, nous partageons cette prière, écrite à plusieurs mains dans nos paroisses. Prière pour le monde, l’humanité tout entière, nos communautés et Églises d’ici et d’ailleurs.

Dieu de Vie,

Tu fais de nous des arbres porteurs de fruits, beaux et bons, profondément enracinés dans l’humus du monde, les bras tendus vers toi pour te louer. Par toi et avec toi, puissions-nous nourrir de ta Parole nos frères et nos sœurs en humanité. Sans toi, nous ne pouvons rien, car c’est toi qui nous donnes la sève de la Vie.

Dieu de Vie,

Nous te prions pour le monde, dans toute sa diversité. Apprends-nous à respecter, entretenir et valoriser notre terre, ta Création. Par toi et avec toi, portons les fruits de la paix, de la solidarité, de l’amour du prochain. Sans toi, nous ne pouvons rien, car c’est toi qui nous donnes la sève de la Vie.

Seigneur,

Nous espérons bientôt aller vers d’autres horizons que ceux de la pandémie, au-delà des distanciations, pour pouvoir se retrouver, se rencontrer.

Sur ce chemin de renouveau, apprends-nous aussi, Seigneur, à apaiser les rancœurs, les trahisons et les colères. Afin que nous puissions nous émerveiller à nouveau, des liens de communion toujours possibles les uns avec les autres.

Sur ce chemin de renouveau, apprends-nous à ne pas nous arrêter sur nos fermetures et nos peurs, mais à réveiller en nous un élan de reconnaissance. Tu nous as créés si différents. Nos visages ont toutes les couleurs et ta lumière passe sur leur variété.

Sur ce chemin de renouveau, apprends-nous à nous réjouir de nous avoir donné plusieurs langages.

Tu multiplies ainsi, dans l’expression de l’humain, la recherche de ton visage. Nous sommes frères et sœurs en Christ.

Oui, nous te louons Seigneur, car tu nous as donné de nous découvrir les uns les autres et de nous réjouir, d’autant plus intensément, de nos rencontres à venir.

Dieu de Vie,

Avec le Pape François en ce mois de janvier, nous te prions de nous donner la grâce de vivre en pleine fraternité avec nos frères et sœurs d’autres religions, en priant les uns pour les autres, ouverts à tous. Sans toi, nous ne pouvons rien, car c’est toi qui nous donnes la sève de la Vie.

Unis au Christ Jésus, notre frère et Seigneur, nous disons avec confiance la prière des enfants de Dieu d’un seul cœur et d’une seule voix :

🙌 Bénédiction avec les mots de la communauté de Grandchamp

Prie et travaille pour qu’il règne. Que dans ta journée, labeur et repos soient vivifiés par la parole de Dieu.  Maintiens en tout le silence intérieur pour demeurer en Christ. Pénètre-toi de l’esprit des Béatitudes : Joie, simplicité, miséricorde.

Soyez un pour que le monde croie ! Demeurez dans son amour, allez dans le monde et portez des fruits !

Que le Dieu de l’espérance nous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, pour que nous abondions en espérance par la puissance de l’Esprit Saint.  Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Quittons-nous avec ce chants en plusieurs langues : Lumière de Dieu.

 

Retrouvez ici les chants de la Communauté de Grandchamp, la lecture et la méditation :

Variations pour un joyeux Noël

Ces derniers jours, j’ai écrits des messages de fin d’année. J’ai terminé chacun par quelques lignes autour de Noël. J’aurais pu bien sûr reprendre à chaque fois le même texte. Mais, j’ai renoncé à cette solution de facilité pour personnaliser ces méditations. Je les partage ici.

Noël aura une couleur particulière

Évidemment, cette année, Noël aura une couleur particulière. Qui a dit qu’il serait plus terne ?

Au contraire, cette fête illuminera ces mois d’une vive espérance.

Noël est un heureux événement qui donne de la joie à qui l’accueille. Noël est ce jour qui se lève pour rappeler que demain est déjà là. Noël est ce moment de la vie où tout commence, où rien n’est impossible.

Pensez à ce Dieu qui vient naître au milieu d’animaux, dans la pauvreté d’une mangeoire. Ce petit d’homme qui est certainement passé inaperçu aux yeux de beaucoup et qui va changer le cours de l’histoire des hommes.

Noël, c’est le soleil qui réchauffe la terre et lui apporte toute la chaleur d’un amour inconditionnel. Dieu ne nous abandonne pas. Bien au contraire, il se fait proche, si proche qu’il vient naître dans ce monde.

Aujourd’hui, cette Bonne Nouvelle résonne dans nos cœurs, dans nos voix, tout autour de nous : un Sauveur nous est né ! Alors, n’ayons plus peur.

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Noël essentiel

Ce Noël ne nous inviterait-il pas à redécouvrir l’essentiel ?
Toute la force d’une naissance, d’une présence, d’une parole, d’une écoute, de quelques mots…

Que ce Noël vous soit joyeux, vraiment !

Nous le fêterons différemment, évidemment. Nous pourrions regretter les grandes tablées de l’année dernière.
Nous pouvons aussi en faire (un peu) moins pour apprécier ce qui nous est donné. Ce qui nous est donné, c’est un Sauveur ! Un Fils, une lumière, une espérance. Rien de moins.

Ce qui nous est donné, c’est un Amour ! Sans condition, sans mérite, par pur don et pure grâce, car cela vient de Dieu.

Gardons confiance que rien ne peut nous séparer de cet Amour manifesté en Christ.

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Noël, quatre petites lettres

Noël, quatre petites lettres de notre alphabet ; un mot dans le dictionnaire ; un jour dans l’année. Trois fois rien ou si peu. À l’image d’une graine ou d’un bourgeon. On risquerait bien ne pas le voir ou de l’écraser par mégarde, ce petit mot de rien du tout.

Noël, ça change tout. Ça donne un nom à une promesse. Ça illumine la nuit du monde. Ça ravive les espoirs les plus fous et ça nous met en route vers un avenir dont on peut qu’esquisser les contours encore flous.

Mais Noël, ça dit surtout, pour moi et pour nous, une certitude : Dieu est là. Dieu est avec nous. Dieu ne nous lâche pas. Dieu nous sauve de toutes nos peurs. Dieu croit en nous !

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Noël dit à sa manière…

À vous toutes et tous, à vos proches et familles, j’adresse tous mes vœux pour un Noël joyeux. Oui, il le sera, car …

Noël dit à sa manière que Dieu veille et nous rejoint dans nos vies.

Noël dit à sa manière que Dieu ne nous abandonne pas, se réfugiant bien à l’abri dans ses cieux lointains, loin des vicissitudes du monde.

Noël dit à sa manière que Dieu veut et vient partager notre condition pour nous ouvrir un chemin lumineux fait d’espérance et de confiance.

Et que l’année qui vient soit placée sous le signe de l’espérance. Que la présence de Dieu, à l’image de l’étoile qui guida les mages, nous guide nous aussi dans les mois à venir.

Confiance, il nous appelle.

Amitié, Fraternité, Amour, Liberté
 

Noël, la visite de Dieu

Noël, c’est Dieu qui nous visite. Il vient discret et humble.

À Noël, Dieu se tait pour laisser ses messagers parler. Il laisse la parole aux anges, aux bergers, aux mages. Tous raconteront ce qu’ils ont vu et entendu. Ils annonceront une Bonne Nouvelle.

Marie, elle, ne dira rien, mais se laissera bouleverser par tout ce qu’elle entend et le gardera en mémoire.

Noël est la visite de Dieu dans notre vie. Il nous met en marche vers ceux et celles qui nous attendent. Il nous laisse dire avec nos mots sa Parole. Il habite nos silences partagés.

Noël, c’est Dieu qui est là, silencieux et présent. Il ne s’impose pas, mais se propose.

Laissons-le nous bouleverser, nous aussi.

Noël, Naissance, Bonheur, Catholique