Dans le cadre d’une rencontre de catéchisme avec des adolescent·es, nous avons abordé la question de l’amour de Dieu, offert à toutes et tous sans distinction ni mérite. Nous avons découvert cette notion du don au travers du baptême et de la sainte-cène, les deux sacrements des Églises réformées.
Lors du culte qui a suivi au temple de Môtiers, j’ai apporté un bref message autour de cet amour, qu’on appelle aussi la grâce. Cette grâce qui ne se mérite pas. Le titre « Mérite ta grâce ! » est donc un brin provocateur, et c’est voulu ! Nous avions disposé un grand cadeau devant l’assemblée.
📖 Textes bibliques : Premier livre des Rois 17, 8-16 et Evangile selon Matthieu 6, 24-34.
Cette prédication est en lien avec la Lanterne, le lieu d’accueil de l’aumônerie œcuménique de rue en Ville de Neuchâtel.
Maryclaude Huguenin à l’orgue
Vivre l’instant… Impossible !
Chers Amis, chères sœurs et chers frères en Christ,
Procédons à un petit sondage, si vous le voulez bien : combien parmi nous ne se font aucun – mais vraiment aucun – souci pour l’avenir ? Qui applique parfaitement cette exhortation du Christ à ne pas s’inquiéter de sa vie ? Qui a fait de ces mots « À chaque jour suffit sa peine » sa philosophie de vie et l’applique sans faillir ni faiblir ?
Je ne crois pas beaucoup me tromper en disant que nous vivons rarement pleinement le moment présent. Ne sommes-nous pas des experts de l’anticipation, de l’organisation, de la projection ? Que ce soit dans notre vie personnelle et professionnelle, nous avons besoin de prévoir les choses, de noter les rendez-vous à venir, d’entourer des échéances importantes dans l’agenda déjà bien rempli, de penser aux courses de la semaine, de réserver ses vacances d’été, de peut-être même commencer à se demander où et avec qui nous fêterons Noël cette année.
Même, notre vie d’église n’échappe pas à la règle : d’une main, nous élevons et proclamons l’aujourd’hui de la foi et de l’autre nous nous projetons déjà dans les engagements à venir.
Après avoir découvert le but d’une animation de rêve éveillé et abordé les questions pratiques de préparation, il est temps maintenant de se lancer dans l’aventure. Ce que j’ai fait à plusieurs reprises dans le cadre du catéchisme avec des adolescents.
Pour un petit rappel, vous pouvez lire ou relire les deux premiers articles :
Trouver un endroit suffisamment grand pour permettre aux auditeurs d’avoir de la place autour d’eux. Même s’ils ne vont pas bouger, il est plus agréable de ne pas se sentir coincé dans une petite pièce. Le lieu doit aussi être suffisamment silencieux pour favoriser la narration. Il peut être possible de mener un « rêve éveillé » en extérieur, mais il faudra veiller à ce qu’il n’y ait pas trop de bruits parasites. Ceux de la nature sont par contre les bienvenus et à valoriser.
J’aimerais ici y donner suite par quelques aspects pratiques.
Mon expérience s’enracine dans le cadre du catéchisme d’adolescents et la narration de textes bibliques.
Avant la narration
Il est important de consacrer suffisamment de temps à la préparation de la narration. Car, il ne s’agit pas « juste » de lire un texte, mais d’immerger le public, avec soi, dans l’univers et l’histoire du texte.
Le choix est également crucial. Si la narration s’inscrit dans une thématique particulière, veiller à ce que le texte choisi rejoigne celle-ci. Par exemple : la rencontre sous les chênes de Mambré, Abraham qui accueille trois voyageurs dans une oasis, trouverait toute sa place dans le thème plus large de l’hospitalité.
À plusieurs reprises, j’ai eu l’occasion d’animer une manière originale de s’approprier un texte biblique, notamment avec un jeune public : le rêve éveillé.
Le rêve éveillé dirigé est une méthode psychothérapeutique élaborée par Robert Desoille dans les années 1930. Cette méthode s’appuie sur la fonction imaginative, qui à l’état de veille, se manifeste spontanément par la rêverie ou peut être activée par un signal sonore, visuel, ou toute autre sollicitation sensorielle.