Ce que je crois, espère et crains

Dans le cadre d’une réflexion commune autour de ce que pourra devenir la nouvelle offre cantonale du catéchisme de l’EREN, mes collègues et moi-même avons été invités à partager ce que nous croyons, espérons et craignons au travers de quelques questions. Celles-ci nous été posées par des personnes extérieures au milieu professionnel ecclésial. Je partage ici mes éléments de réponse. Ils sont teintés de mon expérience d’aumônerie auprès des personnes âgées, de l’aumônerie de rue et de trois ans de catéchisme (ou KT).

Quelle est ma sensibilité chrétienne dominante ?

Je crois en un Dieu qui croit en l’Humain, bien plus qu’en l’Humain qui croit en Dieu. Nous sommes à l’image de Dieu. En ce sens, Dieu nous fait confiance. Il sait ce dont nous pouvons être capables. Il n’impose pas, ne s’impose pas. Il est ce mystère qui nous dépasse. Je crois aussi que nous cherchons trop souvent à cerner Dieu, à dire ce qu’il est ou n’est pas, ce qu’il devrait être (ou ne pas être). Mais, plus nous pensons discerner ce qu’est ou peut être Dieu, plus il nous échappe.

Qu’est-ce qui me touche profondément dans cette approche ?

La confiance que Dieu nous fait m’ouvre à la liberté. N’imposant pas, il nous souhaite libre. Non pas la liberté de faire ce que je veux, comme je le veux et quand je le veux, mais d’être libéré des contraintes imposées par la société, les “Tu dois”, “Il faut” pour être quelqu’un. Si Dieu nous fait confiance, alors il nous aime tels que nous sommes sans condition ni mérite à gagner.

Quelle expérience m’a convaincu que cette approche porte des fruits auprès des jeunes ?

De nombreuses rencontres m’ont fait découvrir des facettes d’une personnalité, au-delà de toute étiquette : de belles qualités dont la personne elle-même n’avait pas ou plus conscience. Chacun.e est tellement plus que tout ce qu’on peut dire, que ce que le regard – le sien et celui d’autrui – voit. J’aime beaucoup cette citation de St-Exupéry qui m’anime : “On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux.” Dieu voit et ne retient en chacun.e que la plus belle part, ce qu’il y a de bon et de bien. L’adolescence est la période la vie faite de questionnements autour de l’identité et de l’importance du sentiment d’appartenance, du regard. Les jeunes sont encore formatés’ dans un système scolaire : des objectifs à atteindre, de “bonnes” réponses attendues, l’angoisse de faire faux. Le KT peut être alors cet espace et ce laboratoire où la construction individuelle et au contact des autres, peut prendre toute sa pertinence, où il est possible d’essayer, d’oser, de risquer les mots de la foi, où l’erreur n’est pas un échec.

Ce qui me met mal à l’aise dans d’autres approches, c’est…

Je ne suis pas à l’aise avec des discours réducteurs et simplistes. Des approches peu ou pas nuancées : ou c’est blanc ou c’est noir ! Alors que tout se joue dans les nuances de gris, ou mieux dans les couleurs de la foi. Souvent, on fonde de telles affirmations avec l’argument “La bible dit que…” ce qui ouvre la porte à ne prendre dans des citations que ce qui nous arrange et nous convainc, laissant le reste. J’ai aussi entendu “Dieu m’a parlé.” Si je ne doute pas que Dieu peut nous parler, il vaut la peine de s’interroger sur le sens et la portée de ce qu’il nous dit. Cette parole fait-elle grandir ? Fait-elle du bien ? Aide-t-elle ou non ? La foi n’empêche pas le discernement.

Quand je pense à la transmission de la foi aux jeunes, ce qui est important pour moi c’est…

La CONFIANCE. Dieu croit en toi. Il te voit, t’accueille et de respecte tel.le que tu es. Il t’offre alors la liberté d’être qui tu es vraiment ou qui tu peux ou veux devenir. Dieu regarde à ce qu’il y a de bon et de beau en toi. Tu penses que tu as fait des erreurs ? De mauvais choix ? Tu as des regrets ? Tout cela, Dieu le voit et l’entend, mais ce ne sont pas des freins à son amour ni à son attention pour toi. Au KT, nous aimerions t’offrir cette occasion de découvrir qui tu es et cela avec d’autres dans une atmosphère bienveillante, respectueuse et enrichissante.

Si je devais choisir un mot pour qualifier mon approche, ce serait…

LIBERTÉ. Comme déjà évoqué plus haut, pas une liberté synonyme de carte blanche pour faire tout et n’importe quoi. Mais, une liberté qui me conduit à prendre de la distance ou de la hauteur d’avec les contraintes et ce que d’autres pourraient exiger de moi. Une liberté qui m’incite à oser et à risquer. La liberté implique aussi la responsabilité. Je suis responsable de mes choix, de mes non-choix, de mes décisions.

Ce que je crains dans un programme cantonal de catéchisme, ce serait…

Passer du plus grand multiplicateur commun, c’est-à-dire toute la diversité de nos animations et camps, au plus petit dénominateur commun : une réduction à quelques principes et activités un peu généralisées partout. Il vaut alors la peine de se questionner sur ce qui marche et qui mérite d’être porté, préservé, développé ailleurs et sur ce qui ne marche plus et qui doit être repensé voire abandonné.

À vous de jouer maintenant

Ces questions, je les laisse aussi à votre réflexion. Et si vous souhaitez me partager vos réponses, n’hésitez pas m’envoyer un message. Je le lirai avec intérêt.

Une rencontre internationale

Vendredi 31 janvier, j’ai eu le privilège de présenter la Lanterne lors de la soirée mise sur pied par l’Entraide protestante suisse (EPER). Eva Balcarová, Sebouh Terzian et moi-même avons parlé de nos réalités autour d’une même mission qui était d’ailleurs le thème de la soirée : « Les Églises s’engagent pour la société ». Je reproduis ci-dessous le texte de ma présentation. J’ai déjà parlé de ce rendez-vous dans ce billet.

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Deux rendez-vous avec la Lanterne

Dans le courant du mois de janvier, je participerai à deux événements pour présenter la Lanterne et l’aumônerie œcuménique de rue en Ville de Neuchâtel.

A Colombier le 21 janvier

Le premier rendez-vous aura lieu dans le cadre de la Semaine de l’Unité des chrétiens, qui se déroule traditionnellement du 18 au 25 janvier. Il se tiendra le mardi 21 janvier à 18h30 au Cercle catholique de Colombier (rue du Château 7).

Ainsi, je présenterai notre lieu, sa mission, ses activités, son fonctionnement et des témoignages de visiteurs·euses et de bénévoles.

Cette présentation sera suivie d’un repas sans inscription.

Pour plus de détails, vous pouvez consulter la page 6 du journal paroissial de la paroisse de la BARC (N° 62).

A Neuchâtel le 31 janvier

Le second rendez-vous s’inscrira dans la Rencontre sur la collaboration entre les Églises mise sur pied par l’EPER avec pour thématique « Les Églises s’engagent dans la société ». Aux côtés de Sebouh Terzian, prédicateur laïc dans l’Église évangélique arménienne au Liban et Eva Balcarová, coordinatrice de l’aide aux Ukrainiens dans l’Église évangélique des Frères tchèques, je présenterai à mon tour et à mon échelle l’aumônerie œcuménique de rue, notamment quel sens a la Lanterne aujourd’hui, comme un lieu d’accueil et d’engagement.

Cette soirée aura lieu le vendredi 31 janvier de 19h00 à 21h00 à la salle de la Maladière à Neuchâtel (rue de la Maladière 57).

Vous trouverez le détail de la soirée via ce lien : Les églises s’engagent dans la société.

Pour des questions d’organisation, il est recommandé de s’inscrire via ce lien d’ici au 21 janvier : Rencontre sur la collaboration avec les Églises 2025

Ces deux rencontres s’inscrivent dans des contextes différents et s’adressent à des publics différents aussi. Je vous invite cordialement à nous rejoindre à l’un de ces événements ou aux deux.

Pour une Église du seuil

Présentation lors de l’assemblée plénière de la Conférence Diaconie Suisse le 11 novembre 2024 à Neuchâtel. À cette occasion, j’ai été approché pour parler de la diaconie à partir de mon expérience du terrain aux représentant·es des Églises réformées cantonales de Suisse.

Mesdames et Messieurs, chers Membres de l’assemblée plénière,

Merci de me donner l’occasion de m’adresser à vous lors de cette assemblée de la Conférence Diaconie Suisse dans le Canton de Neuchâtel. C’est un honneur et une joie d’être là avec vous. J’aimerais me présenter en quelques mots avant de vous partager quelques réflexions autour de la diaconie en partant de ma propre expérience de terrain.

Je m’appelle Jean-Marc Leresche et je suis diacre de l’Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel et je partage mon emploi du temps entre deux engagements : la responsabilité de la Lanterne, le lieu d’accueil de l’aumônerie œcuménique de rue en Ville de Neuchâtel et le catéchisme des préadolescents et adolescents. Deux activités qui se rejoignent dans le sens où je travaille en équipe avec des collègues, bénévoles et de jeunes moniteurs, où j’accompagne des adultes et des jeunes qui n’ont pas forcément d’implication ni de parcours dans l’Église ; je pourrais parler de « distancés » de nos institutions. Et j’ajouterais encore : deux engagements où la foi s’exprime d’abord dans sa manière d’être et d’accueillir plutôt que dans des discours sur la foi. Et enfin, deux engagements qui m’enrichissent humainement.

Comment me présenter ?

J’ai réfléchi à la manière de m’adresser à vous. J’ai alors fait le choix de commencer par ma réalité du terrain, celle de la Lanterne. Pour cela, je ne suis pas venu seul. Me voici accompagné de quelques-uns de nos visiteurs à qui j’ai donné la parole, écoutons-les : « La Lanterne, c’est un lieu de vie où il est possible de faire des rencontres variées et enrichissantes, où la bonne humeur, la confiance et l’écoute sont de mise. L’ambiance y est décontractée, les animateurs très sympathiques. La Lanterne, ça me fait penser à la Chanson pour l’Auvergnat de Georges Brassens : Toi, l’Auvergnat, qui sans façon, m’as donné quatre bouts de bois quand dans ma vie il faisait froid… Quatre bouts de pain quand dans ma vie, il faisait faim.’ C’est un bel endroit accueillant et chaleureux, où il est possible de se poser et ça compte ! On y vient comme on est, pas besoin de montrer patte blanche. Quand on se sent seul, on y trouve une proximité qu’on ne trouve pas ailleurs. C’est une porte ouverte en cas de coup dur. On peut se plaindre sans peur d’être jugé, et cela compte aussi. »

À lire aussi le journal Reflets de la Lanterne 2-2022.

Je retiens ces quelques mots qui donnent du sens à mon engagement et à celui de la douzaine de bénévoles qui donnent de leur temps et de leur personne à mes côtés :

Rencontres et confiance

La Lanterne est un lieu où se rencontrent des parcours de vie souvent chaotiques, mais au cours desquels nous pouvons découvrir une force de vie, la capacité à rebondir, à trouver un nouveau départ, l’élan pour faire le petit pas de plus. C’est un lieu où la confiance se tisse avec le temps. Et c’est précieux et fragile la confiance, il faut en prendre soin et elle ouvre à la confidence.

L’ambiance

À la Lanterne, on vit la vie avec toutes ses couleurs et nuances. On y rit, on y pleure, on y discute de ses problèmes, on cherche un début de solution et l’ambiance « bistrot » aide à s’y sentir bien. Assis autour d’un petit-déjeuner, d’un bircher, d’une soupe ou d’une salade, qui sont pour certains le premier repas de la journée, on parle de la vie. Quelqu’un a dit un jour : « Ici, à la Lanterne, vous avez le temps de nous écouter, c’est pas comme au café. »

Se poser

Trouver un lieu accueillant, des personnes qui le sont tout autant, ça aide quand il fait froid dehors et dans la vie. Prendre un peu de temps ou beaucoup pour donner la place à chacun, pour déposer aussi le fardeau dans la discussion, la confidence ou la prière.

Une porte ouverte

La Lanterne est une porte ouverte à chacun et chacune. Après 21 ans d’existence, elle est encore connotée « lieu pour les marginaux » et j’aimerais que cela puisse évoluer et que la Lanterne devienne une maisonnette de quartier, car avec une capacité de 15-20 places, on ne peut pas trop rêver.

Une communauté

La Lanterne, ce sont d’abord des visiteuses et visiteurs, des hôtes, des amis… Autant de mots pour éviter ceux de « bénéficiaires » ou d’« usagers ». Elles et ils sont près d’une centaine à franchir le seuil chaque mois. Il y a la douzaine de bénévoles qui se relaient par deux au fil des trois ouvertures hebdomadaires, afin d’accueillir, écouter et servir nos visiteurs. Il y a l’animateur de rue qui se rend présent en ville et fait le lien avec la Lanterne. Il y a le comité de l’association Dorcas qui veille aux aspects administratifs du fonctionnement de notre lieu. Et il y a les trois Églises du canton : réformée, catholique-romaine et catholique-chrétienne qui soutiennent ce lieu d’accueil au cœur de la ville. Ensemble, nous formons une communauté vivante où la dimension spirituelle n’est pas oubliée, puisque notre lieu dispose d’une chapelle et où nous terminons chaque permanence par un temps de prière et de méditation, ouvert à celles et ceux qui le souhaitent. Nous donnons ainsi vie à une communauté « en marge de nos Églises du dimanche matin ». Certains de nos hôtes m’ont dit : « La Lanterne, c’est mon église ! » Et les absents ne sont pas oubliés, mais ont leur place dans nos prières communes.

Une église comme je la rêve

J’aimerais vous faire une confidence, puisque nous sommes entre nous. J’aime cette Église, j’aime cet engagement au plus près des seuils de la société, parce que je crois qu’au travers des visages, des personnes et des histoires, j’ai entrevu quelques reflets du visage de Dieu et de son action dans nos vies. Pas de grandes révolutions, mais de petites révélations ô combien essentielles : retrouver un peu de confiance, oser le pas suivant, faire un choix parfois difficile, mais salutaire…

J’aime cette manière d’accueillir et d’être accueilli dans la convivialité, sans étiquette (ou en les enlevant), en essayant de ne pas trop juger, ni trop vite, en découvrant de belles personnes, de recevoir des confidences de vie et sentir en ce lieu et entre nous un esprit de paix et d’accueil.

À lire aussi : « La diaconie est l’avenir de l’Eglise » – Diaconie Suisse

Des lieux similaires

Je ne vous apprendrai rien, en vous disant que la Lanterne n’est pas une exception et que de nombreux lieux similaires existent en Suisse. Nous en avons eu un panorama francophone lors de la Journée diaconale romande à Lausanne, au mois de février dernier. À La Chaux-de-Fonds, « La Cascadelle » est un autre lieu d’accueil pour le Haut du Canton de Neuchâtel. Et cela me réjouit profondément. Ces lieux, chacun avec sa spécificité et sa réalité, sont une manière d’être et de faire Église. J’aimerais ici remercier toutes les personnes qui s’y engagent et vous, chères Déléguées et chers Délégués, de soutenir de telles actions.

À lire aussi : Lieux présentés lors de la Journée diaconale romande.

L’existence de ces lieux pose aussi la question de la précarité et de la mendicité dans notre pays et la manière de la prendre charge. Cela est une vaste question, mais je me réjouis de constater que les Églises sont partenaires des associations laïques actives dans ce domaine et des autorités politiques.

Notre spécificité

Qu’est-ce qui distingue la Lanterne et les lieux similaires d’un bistrot ou d’une maison de quartier ? Ma réponse sera la dimension spirituelle qui s’exprime déjà dans notre manière d’accueillir, de s’engager, car nous ne sommes jamais seuls. Nous avons la certitude que Dieu nous accompagne dans nos engagements. Il permet que la parole se libère, il ouvre des chemins possibles. C’est là ma conviction et la nôtre.

Dans nos lieux, nous pouvons aussi aborder les questions en lien avec la foi, l’Église, Dieu sans tabou, ce qui n’est pas forcément le cas ailleurs. Comme nous travaillons en réseau avec d’autres associations, celles-ci peuvent orienter leurs hôtes vers la Lanterne pour des questions qui les dépassent. Nous n’aurons pas forcément les réponses, mais nous pourrons cheminer avec la question et c’est déjà pas mal. Et à notre tour, nous pouvons proposer une aide par un service plus spécifique.

Conclusion

Je conclus en relevant deux citations bibliques qui sont le cœur de mon engagement et que je partage avec les bénévoles, le comité et les Églises :

La première :

Que veux-tu que je fasse pour toi ?

reprenant la question de Jésus à l’aveugle Bartimée (Mc 10, 46-52).

L’importance de laisser la liberté à l’autre, de lui donner l’espace pour dire ses besoins, ses attentes. Bien sûr, il est plus facile et rapide de décider pour lui pour elle, mais on prendra alors certainement une mauvaise décision.

La seconde citation :

Il ne faut pas que notre amour consiste uniquement en discours et en belles paroles ; ce doit être un véritable amour qui se manifeste par des actes. (1 Jean 3,18).

Si nous sommes là, c’est aussi pour apporter une aide concrète et matérielle, sous la forme de nourriture ou de bons Migros, pour ce qui concerne La Lanterne. L’Évangile, cette bonne nouvelle, s’enracine aussi dans le quotidien le plus ordinaire et nous avons à accueillir des demandes de soutien et à y répondre avec discernement, c’est aussi un exercice difficile.

Nous le savons bien, n’est-ce pas, la diaconie, c’est le cœur et la main tendus vers l’autre. À la Lanterne, comme ailleurs, j’en suis convaincu.

Rencontrer, faire un bout de chemin, accueillir, écouter, soutenir, voilà ce qui donne du sens à mes engagements.

Arrivé au terme de ma réflexion aujourd’hui, je n’ai évidemment pas fait le tour de la question, mais j’ai souhaité partager avec vous ce qui m’anime, ce que j’ai découvert depuis 4 ans que je suis à la Lanterne.

Alors, comme je l’ai déjà maintes fois expérimenté, c’est par la discussion que nous nous enrichissons, je serais heureux de poursuivre avec vous par un temps de réactions.

Le KT, c’est du job !

Récemment, j’ai été occupé par la finalisation des diplômes de nos monitrices et moniteurs. En me prêtant au difficile exercice du décompte des heures, j’ai pris conscience de tout l’investissement que  cela représente et dont on n’a pas toujours une idée très précise. Voici quelques éléments pour en prendre toute la mesure.

Cet article reprend des réflexions de « une expérience de formation« .

Une formation en trois étapes

A l’issue de l’année de KT, les jeunes âgés de 15-16 ans, peuvent choisir de se former pour devenir monitrices ou moniteurs de KT. Cette formation se compose de trois étapes : premièrement,  le ou la  catéchumène est Jeune en formation (JEF). Une formation théorique et pratique lui permet d’acquérir et développer des compétences en animation de groupe, prise de parole en public, réflexion autour de sa propre foi et la manière de la partager.

La deuxième étape sera centrée sur l’aspect biblique et la mise en lien des textes avec les enjeux actuels et comment les partager avec de jeunes publics. Un peu plus âgés, les JEF deviennent  alors de Jeunes accompagnants de catéchisme (JAC). Ainsi, ils et elles prennent plus de responsabilités dans les week-ends et les camps.

La troisième étape est la réalisation d’un travail de diplôme, de la réflexion thématique à son évaluation, en passant par la réalisation pratique et l’animation lors d’une activité,  un week-end ou un camp. Une remise officielle du diplôme lors d’un culte marque cette étape importante.

Un investissement conséquent

On l’imagine aisément, une telle formation demande du temps et de la disponibilité, souvent en soirée, le week-end ou lors d’une semaine de vacances d’été, et un investissement personnel. Tout cela à côté d’une vie de famille, d’une formation, d’engagements associatifs. Car, au-delà de la théorie, il y a les rencontres pratiques d’animation et les séances de préparation qui les précèdent. On atteint ainsi et rapidement quelques centaines d’heures pour obtenir le diplôme (on avoisine au minimum les 500 heures). Tout cela demande un certain esprit de sacrifice, mais la motivation et l’enthousiasme sont au rendez-vous à chaque fois. Je n’ai pas entendu de jeunes regretter leur choix.

Il y a de quoi être fier

Oui, il y a de quoi être fier. Pour les diplomé-es d’abord qui voient leur travail récompensé et leurs efforts mis en  valeur. Et un tel diplôme de JEF (remis au terme de la première année de formation) et le diplôme (JEF+JAC après la  validation du travail) devient un atout incontestable dans le CV et la recherche d’un premier emploi.

Fierté aussi pour les professionnels du KT qui ont accompagné ces jeunes tout au long de leur parcours, les écoutant et les soutenant, les voyant grandir en maturité et en responsabilité.

Et l’aventure ne s’arrête pas là. Par exemple, trois monirices diplomées font désormais partie de l’équipe de direction du KT, là où je suis engagé.

Fierté encore de pouvoir compter sur nos JEF et JAC comme de vrais partenaires dans l’animation et la vie du KT, car sans eux, notre programme ne pourrait tout simplement pas avoir lieu.

Conclusion

On l’aura compris, faire du KT, c’est du job ! Et c’est aussi de magnifiques occasions de vivre des moments extraordinaires et  de se former (même si on a dépassé l’âge des monos), tout en mettant en valeur, et au service de toutes et tous, des compétences,  des qualités,  des dons déjà présents, tout en en acquérant d’autres.

On en viendrait à prétendre qu’on fait le plus beau métier du monde ! Et c’est vrai !