Demain, lundi 18 janvier, resteront fermées les portes de nombreux magasins dits non-essentiels (c’est un peu la jungle pour s’y retrouver ! Merci, Heidi news de faire le point). Tantôt excédés, tantôt résignés, les principaux intéressés se sont fait une raison. Pas le choix ! Tous espèrent que les aides financières seront à la hauteur des sacrifices consentis. Quand j’entends qu’à l’horizon de mars, et si rien n’est fait, près de la moitié des établissements publics ne rouvriront pas, j’en reste bouche bée.
Une couleur particulière
Cette année, sans doute plus que toute autre, la Semaine de l’Unité prendra pour moi, pour vous, pour nous, la couleur de la Solidarité. Solidarité avec celles et ceux qui se voient privés de travail, de revenus, de clients. Mais, et c’est encourageant aussi, assez pour le relever, la plupart feront preuve de créativité et d’imagination pour remettre l’ouvrage sur le métier, sur les réseaux sociaux et sur internet. Ils livreront ou transformeront les magasins en points de retrait ; ce qu’ils avaient déjà fait au printemps dernier.
Actuellement, rien n’interdit le maintien des célébrations religieuses, toujours limitées à 50 personnes. On peut s’en étonner, alors que la limite de rassemblement a été ramenée à 5 un peu partout. À croire que les Églises ne sont pas un peu partout. Alors, si nos communautés pourront se retrouver le dimanche pour célébrer le culte ou la messe, nous y mettrons une couleur particulière, une pensée solidaire, une prière communautaire, un geste concret ou symbolique pour tous ceux et toutes celles qui n’ont pas ce privilège. S’il y a les restaurateurs, il y a aussi tous les acteurs des milieux culturels, sportifs, de loisirs qui devront laisser encore un mois durant une pancarte « FERMÉ ».
Une invitation… Des invitations
Pendant la semaine à venir, nous sommes invités à prier. Prier pour l’unité des chrétiens. L’appel avait été lancé à une époque où le coronavirus était un mot inconnu, tout comme ses effets sur nos rencontres, nos relations et nos activités. Aujourd’hui, nous sommes toujours, et plus que jamais, appelés à perpétuer cet appel, à y répondre, non pas janvier après janvier, mais tous les jours. Encore plus, en cette année.
Prier pour l’unité, oui. Mais prier et agir pour la solidarité, aussi et surtout. Cette solidarité déborde de nos murs d’Églises pour rejoindre celles et ceux qui souffrent aujourd’hui dans leur corps, dans leur moral, dans leur espoir d’un avenir sinon meilleur, du moins envisageable. On peut prier pour que le virus fiche le camp. On peut aussi dire quelques mots de soutien à un libraire local. On peut prier pour que les chrétiens restent fidèles à l’appel du Christ. On peut aussi remercier cette infirmière qui est au bout du rouleau, mais qui continue. On peut prier pour la paix dans le monde. On peut aussi faire en sorte qu’autour de soi, il y ait de vraies relations empreintes d’humanité et non de peur. On peut prier bien au chaud dans son salon avec une musique douce. On peut aussi sortir et aller à la rencontre de ceux qui tournent en rond en ville, parce que tout ou presque est fermé. On peut rendre grâce pour tout le confort qui est le nôtre. On peut aussi faire un don à une œuvre pour aider ici ou ailleurs celui et celle qui n’a pas de toit.
Porter du fruit
Demain, lundi 18 janvier, nous serons beaucoup à prier autour du thème « Demeurez dans mon amour et vous porterez du fruit en abondance » – Paroles du Christ. J’espère que nous serons tout autant voire plus à faire un geste, petit ou grand qu’importe. Un geste qui dira qu’Unité et Solidarité sont les deux pieds qui nous font avancer sur nos routes humaines au nom de l’amour du prochain. Un amour tout humain. Un amour qui pousse à donner. Un amour aux grands effets. Donner du fruit, et en abondance, pour nourrir, pour encourager, pour faire du bien, pour partager et pour dire qu’on n’est pas seul. Pour qu’Unité et Solidarité ne soient jamais réduits à des mots cachés dans un dictionnaire, mais des raisons de ne pas désespérer. Des raisons de vivre, tout simplement.
Le village de Saint-Blaise, sur les bords du Lac de Neuchâtel, offre de belles balades entre ruelles pavées et plages verdoyantes. Même en hiver, la localité permet de déambuler et méditer au rythme et aux sons parfois tumultueux du ruisseau qui la traverse : le Ruau, une eau vive !
En ce début du mois de janvier, il nous prend l’idée de quitter les hauteurs du Jura neuchâtelois pour aller là où la neige est moins présente. Nous décidons de nous arrêter à Saint-Blaise. Si nous y sommes allés en voiture, il est aisé de rejoindre le village par les transports publics depuis Neuchâtel.
Quel accueil !
Ce jour-là, il fait froid. La marche qui nous entraîne du centre vers le Ruau nous fait passer sous le temple et une raide montée nous attend. Un bruit assourdissant nous accueille au pied de cette montée. Le Ruau est en crue. Le dénivelé lui fait prendre des airs de cascade impressionnante. Tantôt à découvert, tantôt souterrain, la rivière joue à cache-cache, mais lorsqu’elle apparaît, elle montre son écume blanche et bouillonnante.
Le Ruau prend des airs de cascade
Nous arrêtant quelques instants pour admirer le spectacle, voilà que des mots me viennent à l’esprit :
Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai – dit Jésus- n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.
Évangile de Jean, chapitre 4, 14
Parvenu au sommet de la rude montée toute de pavés, nous arrivons à la rue du Moulin qui doit son nom au moulin à roue à aube qui est là. L’eau le fait tourner. En tendant l’oreille, on perçoit les grincements du bois de l’axe. Nous continuons par un étroit chemin qui longe au plus près les flots.
Le Moulin de Saint-Blaise en mouvement
On se croirait à Colmar, dans le quartier de la Petite-Venise. Il y a quelque chose de romantique, malgré le froid et le vent.
En suivant le cours d’eau, voilà que résonnent cette chanson bien connue :
Ma petite est comme l’eau, elle est comme l’eau vive
Elle court comme un ruisseau, que les enfants poursuivent
Courez, courez vite si vous le pouvez
Jamais, jamais vous ne la rattraperez…
Ce jardin participatif pourrait bien ressembler, en une autre saison, à un autre jardin, celui des commencements :
L’Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé.
L’Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin.
Livre de la Genèse, chapitre 2.
De découverte en découverte
La balade se poursuit en nous faisant passer sur un petit pont puis devant L’Eau forte, une chambre d’hôte accueillante de prime abord. À un endroit, le Ruau se prend pour le Doubs et offre une chute, moins impressionnante évidemment, mais tout de même, ramenée à la largeur du ruisseau… Au détour d’une maison, nous passons devant la Fontaine de la Pinte de Dardel et traversons la route cantonale. Ensuite, l’itinéraire pédestre indiqué nous fait traverser un jardin. A-t-on vraiment le droit ? On s’y risque et on débouche sur un jardin public.
La balade continue à travers un jardin
On en fait le tour et on admire au passage les ponts, ou pontons, chacun choisira le terme le mieux adapté. On revient par le même chemin, laissant la route et son trafic sur notre gauche. Peu après l’Atelier du Ruau, on bifurque à gauche dans la Ruelle des Voûtes pour passer dans un « coupe-gorge ». Le terme est usurpé, car en levant les yeux, on se rend compte qu’il y a des néons qui doivent éclairer ce passage la nuit. L’espace d’une petite centaine de mètres, on se croit revenus à une époque où il ne faisait pas bon traîner dans les rues. On presse le pas.
Un passage inquiétant
La sortie nous fait retrouver la rue du Moulin et nous redescendons par le même chemin, accompagnés des flots du Ruau dont les échos se répercutent contre les murs. Revenus au centre du village, nous nous arrêtons encore devant les vitrines de la Galerie l’Angle d’Art, tout en admirant les œuvres mises en valeur par le jeu des spots.
Un lieu à découvrir : la galerie Angle d’Art
Nous faisons le projet de suivre à une autre occasion, en une saison sans doute plus douce, la balade des 12 fontaines.
En lisant les vœux d’Antoine Nouis, le sel et la grâce, j’ai commencé à laisser ses mots résonner. Il m’est alors venu cette petite réflexion entre espoir et espérance :
L’espoir est parfois un peu fou, parfois naïf, souvent déçu. L’espoir, c’est « si seulement… »
L’espérance, c’est autre chose. C’est parfois tout aussi fou, pas si naïf que ça en a l’air, mais jamais déçu. L’espérance, c’est « malgré tout ! »
Et, en même temps, je me suis laissé imprégner de ce tableau de mon épouse Myriam. Elle l’a intitulé JOUR DE PLUIE. Si le ciel est nuageux, tourmenté, agité, il y a aussi, et c’est cela qui compte, des pointes de ciel bleu, comme des signes prometteurs d’avenir. Car, comme le dit l’adage populaire :
Après la pluie, le beau temps.
Tableau de Myriam Leresche – JOUR DE PLUIE
Ce sont là mes vœux pour cette année sur le point de commencer : de l’espérance, toujours et malgré tout. De l’émerveillement, de la confiance, de la lucidité et, comme le dit Antoine Nouis, une bonne dose de grâce. Tout cela pour vous, vos proches et ceux que vous aimez.
Et n’hésitez pas à visiter le site de mon artiste préférée, il y a de quoi être émerveillé : myacrylique.wordpress.com.
Ces derniers jours, j’ai écrits des messages de fin d’année. J’ai terminé chacun par quelques lignes autour de Noël. J’aurais pu bien sûr reprendre à chaque fois le même texte. Mais, j’ai renoncé à cette solution de facilité pour personnaliser ces méditations. Je les partage ici.
Noël aura une couleur particulière
Évidemment, cette année, Noël aura une couleur particulière. Qui a dit qu’il serait plus terne ?
Au contraire, cette fête illuminera ces mois d’une vive espérance.
Noël est un heureux événement qui donne de la joie à qui l’accueille. Noël est ce jour qui se lève pour rappeler que demain est déjà là. Noël est ce moment de la vie où tout commence, où rien n’est impossible.
Pensez à ce Dieu qui vient naître au milieu d’animaux, dans la pauvreté d’une mangeoire. Ce petit d’homme qui est certainement passé inaperçu aux yeux de beaucoup et qui va changer le cours de l’histoire des hommes.
Noël, c’est le soleil qui réchauffe la terre et lui apporte toute la chaleur d’un amour inconditionnel. Dieu ne nous abandonne pas. Bien au contraire, il se fait proche, si proche qu’il vient naître dans ce monde.
Aujourd’hui, cette Bonne Nouvelle résonne dans nos cœurs, dans nos voix, tout autour de nous : un Sauveur nous est né ! Alors, n’ayons plus peur.
Noël essentiel
Ce Noël ne nous inviterait-il pas à redécouvrir l’essentiel ?
Toute la force d’une naissance, d’une présence, d’une parole, d’une écoute, de quelques mots…
Que ce Noël vous soit joyeux, vraiment !
Nous le fêterons différemment, évidemment. Nous pourrions regretter les grandes tablées de l’année dernière.
Nous pouvons aussi en faire (un peu) moins pour apprécier ce qui nous est donné. Ce qui nous est donné, c’est un Sauveur ! Un Fils, une lumière, une espérance. Rien de moins.
Ce qui nous est donné, c’est un Amour ! Sans condition, sans mérite, par pur don et pure grâce, car cela vient de Dieu.
Gardons confiance que rien ne peut nous séparer de cet Amour manifesté en Christ.
Noël, quatre petites lettres
Noël, quatre petites lettres de notre alphabet ; un mot dans le dictionnaire ; un jour dans l’année. Trois fois rien ou si peu. À l’image d’une graine ou d’un bourgeon. On risquerait bien ne pas le voir ou de l’écraser par mégarde, ce petit mot de rien du tout.
Noël, ça change tout. Ça donne un nom à une promesse. Ça illumine la nuit du monde. Ça ravive les espoirs les plus fous et ça nous met en route vers un avenir dont on peut qu’esquisser les contours encore flous.
Mais Noël, ça dit surtout, pour moi et pour nous, une certitude : Dieu est là. Dieu est avec nous. Dieu ne nous lâche pas. Dieu nous sauve de toutes nos peurs. Dieu croit en nous !
Noël dit à sa manière…
À vous toutes et tous, à vos proches et familles, j’adresse tous mes vœux pour un Noël joyeux. Oui, il le sera, car …
Noël dit à sa manière que Dieu veille et nous rejoint dans nos vies.
Noël dit à sa manière que Dieu ne nous abandonne pas, se réfugiant bien à l’abri dans ses cieux lointains, loin des vicissitudes du monde.
Noël dit à sa manière que Dieu veut et vient partager notre condition pour nous ouvrir un chemin lumineux fait d’espérance et de confiance.
Et que l’année qui vient soit placée sous le signe de l’espérance. Que la présence de Dieu, à l’image de l’étoile qui guida les mages, nous guide nous aussi dans les mois à venir.
Confiance, il nous appelle.
Noël, la visite de Dieu
Noël, c’est Dieu qui nous visite. Il vient discret et humble.
À Noël, Dieu se tait pour laisser ses messagers parler. Il laisse la parole aux anges, aux bergers, aux mages. Tous raconteront ce qu’ils ont vu et entendu. Ils annonceront une Bonne Nouvelle.
Marie, elle, ne dira rien, mais se laissera bouleverser par tout ce qu’elle entend et le gardera en mémoire.
Noël est la visite de Dieu dans notre vie. Il nous met en marche vers ceux et celles qui nous attendent. Il nous laisse dire avec nos mots sa Parole. Il habite nos silences partagés.
Noël, c’est Dieu qui est là, silencieux et présent. Il ne s’impose pas, mais se propose.
En ce troisième dimanche du temps de l’Avent, les textes proposés nous invitent à la rencontre avec Jean, celui qu’on appelle le Baptiste. Est-il celui qu’on attendait. « Qui es-tu ? » La question lui est posée. Elle nous est posée à nous aussi dans notre marche commune vers Noël.
Accueil
Ce matin aurait pu ressembler à tous les autres matins. Et pourtant, il n’a rien d’ordinaire.
D’abord, parce que nous pouvons à nouveau et enfin nous rassembler et nous revoir. Ensuite, parce l’extraordinaire de Dieu jaillit dans l’ordinaire de nos vies. Enfin, parce que Dieu nous accueille et nous rend visite dans ce que nous vivons. Il est là, avec nous et au milieu de nous.
Ce matin ne ressemblera plus à tous les autres matins. Il a quelque chose d’extraordinaire.
Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père, de Jésus-Christ son Fils et notre Sauveur dans le souffle et l’unité du Saint-Esprit.
Amen.
Invocation
Nous t’attendons, Seigneur notre Dieu, le cœur en éveil.
C’est par toi que nous vivons, car c’est toi qui renouvelles nos forces et notre espérance et qui donnes à notre vie son centre de gravité et son fondement.
Et que cette heure nous rapproche de toi et des autres, et surtout de ceux qui ne sont pas là avec nous, afin qu’ensemble, tous ensemble, nous formions la famille de tes enfants.
Voici le témoignage de Jean lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des Lévites pour lui demander : « Toi, qui es-tu ? »
Il déclara et sans restriction affirma : « Moi, je ne suis pas le Messie. »
Ils lui demandèrent : « Qui es-tu donc ? Es-tu Elie ? »
Et il dit : « Je ne le suis pas. »
« Es-tu le prophète ? »
Et il répondit : « Non. »
Ils lui dirent alors : « Qui es-tu ? Nous devons donner une réponse à ceux qui nous ont envoyés ! Que dis-tu de toi-même ? »
« Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert : ‘Rendez le chemin du Seigneur droit’, comme l’a dit le prophète Esaïe. »
Prédication
Les temps changent… Soudain
Cette année nous a donné un autre rapport au temps. Plus de temps que nous imaginions en avoir. Ou du temps qui nous venait à manquer parfois. Souvenez-vous, quand on courait d’un rendez-vous à une réunion. Quand on essayait de « caser » une fête de famille pour que chacun soit là, jonglant avec les agendas surchargés. Quand on ne savait plus vraiment prendre du temps, du bon temps.
Et soudain, voilà du temps à accueillir, à occuper, à remplir.
Au début, c’était étrange. Il y a eu deux attitudes que j’ai remarquées : la première, celle du soulagement : « Enfin, je vais pouvoir me reposer, prendre soin de moi, faire tout ce que j’ai remis à plus tard… Les rangements, notamment ! »
Et une autre, plus angoissante : « Que vais-je faire de mes journées ? »
Mais, peut-être aussi que ce printemps, cette année n’ont rien changé à votre rythme de travail.
Alors, peu à peu, on s’est habitué à cette situation. Pas le choix. Il fallait faire avec. Alors s’est posée la question : comment passer ces journées qui soudain pouvaient se dérouler différemment ?
Relire les classiques
Peut-être en avez-vous profité pour lire ou relire des classiques de la littérature. Découvrir de nouveaux auteurs contemporains ou regarder des films et séries en ligne et en boucle !
Mais, le temps m’a manqué. Eh oui ! La pastorale du téléphone et la pastorale de l’écran ne m’ont pas laissé suffisamment de temps.
Alors, en cette période de l’Avent, chargée elle aussi, je me rattrape en relisant avec plaisir les textes des Évangiles qui nous préparent à Noël. J’aime le faire chaque année. Je vois ainsi le décor se mettre peu à peu en place. Je découvre l’un après l’autre les personnages qui me font regarder vers la crèche, vers l’enfant à naître, vers la lumière du monde venue éclairer nos vies.
Et parmi eux, il y a Jean le Baptiste qui n’est pas sans me rappeler Jean Valjean, le héros des Misérables. Car, tous les deux sont un trait d’union entre deux temps, entre deux tomes d’une même histoire. Jean Valjean, passant du bagne de Toulon à la haute société de Paris, sous le nom de M. Madeleine qui reste une énigme à percer pour l’inspecteur Javert.
Et Jean le Baptiste, au bord du Jourdain, qui reste pour beaucoup aussi un personnage énigmatique.
Un trait d’union : « On se disait que… Peut-être… »
Jean-Baptiste nous permet de faire le lien entre le premier Testament et le second. Il nous rappelle que c’est bien une seule et même histoire qui se joue. Mais, on se pose cette question. Mais on lui pose cette question : « Qui es-tu ? » Et Jean chasse d’un revers de main toutes les spéculations qu’on pouvait faire à son sujet. Il n’est ni le Messie, ni Elie, encore moins le prophète qui étaient attendus.
Parce qu’au temps de Jean, les promesses qui annonçaient le Messie, l’envoyé de Dieu, qui affirmaient qu’Elie allait revenir ou qu’un prophète allait se lever étaient dans toutes les mémoires.
On guettait des signes qui diraient que les choses allaient changer, que les prophéties allaient se réaliser, qu’on avait raison de ne pas désespérer, qu’on avait raison de croire toujours et encore.
Alors, en voyant Jean baptiser aux bords du Jourdain, on se dit que… On espère que … Et on veut en avoir le cœur net : « Qui es-tu ? »
Jean répond : il est une voix. La voix de celui qui crie dans le désert.
De prime abord, je voyais cette voix se perdre, emportée par le vent, ricochant d’écho en écho, dans un lieu vide. Mais, en y réfléchissant, je comprends que le désert est le lieu privilégié de la rencontre avec Dieu, ce lieu qui place chacun face à Dieu et à lui-même. Souvenez-vous, par exemple, de Jésus au désert juste après son baptême par Jean, justement.
« Qui es-tu ? » Cette question n’est pas lancée en l’air, elle fait au contraire son chemin dans notre cœur et notre être, jusque dans nos profondeurs, mais aussi dans ce vis-à-vis avec Dieu qui se tient là. Silencieux vis-à-vis qui écoute.
Jean est cette voix qui rend témoignage. Cette voix qui annonce un chemin vers celui qui est la lumière du monde. Cette lumière que Dieu vient déposer dans notre monde et dans nos vies. Il annonce celui qui est déjà là, mais que personne ou presque n’a remarqué. Jean annonce que les prophéties d’Esaïe sont sur le point de se réaliser, là sous les yeux de ceux qui sont aux bords du Jourdain.
Se rappeler que Dieu n’oublie pas
Il affirme ainsi qu’on a raison de croire, de ne pas désespérer. Qu’on aurait tort de se résigner, pensant que le temps emporte tout vers l’oubli. Car on le sait, Dieu n’oublie pas !
Ta femme Elisabeth – dit le messager – te donnera un fils et tu l’appelleras Jean.
Jean… ce sera le Baptiste.
Je ne sais pas, mais il me plaît de croire que le vieux Zacharie avait peut-être tiré un trait sur son désir d’être père, qu’il avait abandonné l’idée, se disant que c’était sans doute trop audacieux ou trop tard de demander à Dieu une descendance. Mais rien n’est impossible à Dieu.
Jean rend témoignage. C’est-à-dire qu’il affirme une vérité. Celui qui vient, le Christ, le Messie annoncé, est aux portes du Jourdain. Jean prépare le chemin, comme on prépare jour après jour la crèche, mais il se retirera pour donner tout l’espace, toute la place à Jésus-Christ.
Tous en route…
A l’image de Jean, les personnages de la crèche que sont Joseph et Marie, les bergers, les mages venus de loin, les anges dans le ciel, tous nous entraînent à nous mettre en route, au moins intérieurement vers Bethléem. À regarder celui qui est sur le point de naître. Par leurs témoignages, parfois teintés de doutes, et c’est tant mieux, ils nous entraînent dans leur histoire qui devient alors la nôtre aussi.
Qui ne s’est pas, au moins une fois, identifié à Marie, à Joseph, à Jean Valjean ou à Cosette des Misérables ? On dirait, pour de faux…
Une histoire pour tous et qui s’adresse à tous
C’est cela qui est beau dans ces histoires : elles nous posent, chacune à sa manière, cette question : « Qui es-tu ? » « Que dis-tu de toi-même ? »
Ces histoires nous mettent face à nous-mêmes et nous invitent à regarder au-delà de ce que nous voyons, prenant conscience qu’il y a en chacune d’elles une part d’universel et en chacun de nous une part de divin.
Après Jean viendra Jésus de Nazareth qui racontera, à son tour, l’histoire de Dieu et des hommes. À Jésus, on posera cette même question « Qui es-tu ? » Dieu répondra : « Tu es mon Fils bien-aimé ».
Et Jésus mettra aussi ceux et celles qui croiseront son chemin face à cette même question : « Qui es-tu ? » Et il donnera sa réponse, celle de Dieu : « Tu es celui ou celle en qui Dieu place toute son affection ».
Je crois qu’il est bon de relire, toujours et encore, ce que nous croyons connaître, les Évangiles ou Les Misérables. Il est bon aussi d’avancer sur le chemin de l’Avent, et de la rencontre, avec cette question adressée à soi d’abord et aux autres ensuite : « Qui es-tu ? »
Amen.
Confession de foi
Ô Dieu de la vie,
Nous croyons que tu soutiens la petite flamme qui s’obstine à briller dans notre cœur.
Nous croyons que tu renouvelles notre courage quand il risque de disparaître.
Nous faisons confiance à tous les petits signes qui nous aident à attendre le jour de ta venue.
Nous croyons à la force d’une rencontre qui nous permet d’espérer les retrouvailles.
Nous avons l’espoir indestructible qu’un jour nous verrons notre sauveur.
Nous croyons en ton fils Jésus, qui vient tout fragile nous rencontrer dans la pauvreté.
Amen.
Prière d’intercession
Nous ouvrons nos mains et nos cœurs pour prier :
Seigneur,
Sur ce chemin qui nous conduit à la rencontre de ton Fils bien-aimé, apprends-nous à vivre chaque jour en servantes et serviteurs, en témoins, nous mettant à l’écoute de ta voix et à celle de nos frères et sœurs en humanité. Dans le monde, dans notre petit monde, ici, tout près, montre-nous le service que tu attends de chacun. Et donne-nous cette joie de le partager avec d’autres, eux aussi en chemin.
Seigneur,
Que notre service prenne la forme du témoignage en paroles et en actes et qu’ensemble nous portions ta lumière auprès de ceux qui ont abandonné tout espoir. Nous te confions tous ceux qui vivent difficilement ces jours, ceux qui sont loin de chez eux, qui souffrent à cause de la maladie, de la séparation, de la solitude. Nous te confions tous ceux qui ne ménagent ni leur temps ni leurs efforts pour aider, soigner, accompagner. Rends-nous attentifs, oreilles grandes ouvertes, à leurs cris.
Faisons silence. Dans le secret de notre cœur, prions le Seigneur.
Membres d’une même famille, enfants d’un même Père, animés d’un même Esprit, nous pouvons dire, avec confiance, la prière que Jésus nous a lui-même enseignée :
Notre Père qui es aux cieux,
Que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés
Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire
Aux siècles des siècles. Amen
Envoi et bénédiction
Les portes vont s’ouvrir, nous allons retrouver les visages connus, d’autres que nous aurons peut-être de la peine à reconnaître, les rues de notre ville et ses vitrines décorées, la maison qui nous est familière, la peine des malades, les joies, les solitudes, les émotions à fleur de peau : la vie comme elle est.
Redis-nous, ô Père, que nous n’avons pas rêvé.
Redis-nous, ô Père, que de l’extraordinaire a jailli dans notre ordinaire.
En Jésus, tu nous fais la grâce d’une nouvelle naissance, par lui, tu nous donnes la vie pour les siècles des siècles.
Que le Seigneur de toute éternité dépose sa lumière en vos cœurs, qu’il fasse luire au plus profond de votre être la flamme de l’espérance. Ce feu qui ne s’éteint jamais.
Que le Seigneur vous bénisse et vous garde, aujourd’hui, demain et tous les jours.