Chœur mixte de La Béroche, Charles-Philippe Huguenin (dir.)
Un appel d’abord
« Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Une phrase qui m’accompagne depuis le début de ma formation de diacre. Une phrase que j’ai entendue, retenue et comprise comme une invitation, un appel à devenir, moi aussi, modestement et humblement, un disciple à la suite des premiers disciples du Christ. Une phrase qui m’invite à faire confiance à la confiance que Dieu place en moi. Peut-être en est-il de même pour vous aussi en entendant ce texte ce matin.
Lors du culte de fête du KT qui s’est déroulé dimanche de Pentecôte à Cortaillod, les 15 jeunes des paroisses du Joran et de La BARC nous ont fait le cadeau de leurs mots pour dire leur cheminement spirituel.
Des questions pas faciles
C’est pendant le camp de La Bégude, durant la semaine de l’Ascension, que nous avons demandé aux catéchumènes de rédiger leurs textes personnels en vue de la fête.
Qu’avez-vous envie de répondre à l’amour de Dieu pour vous ?
Où en êtes-vous aujourd’hui avec la foi ?
Vers quoi avez-vous envie de vous engager après cette année de KT ?
Pourquoi demandez-vous le baptême aujourd’hui ? Pour celles et ceux qui n’étaient pas baptisés.
Ces questions ne sont pas faciles, n’est-ce pas ? Même pour nous, adultes et animateurs dans la jeunesse ! De telles questions nous posent… question !
La belle équipe du camp de La Bégude 2025
Authenticité et sincérité
C’est avec beaucoup de sérieux que les catéchumènes y ont répondu. Elles et ils ont fait preuve d’authenticité et de sincérité pour mettre en mots ce qui relève de l’intime. C’était encore un autre exercice que de prendre distance avec des exigences scolaires : l’orthographe, ça compte ? Non, ce n’est pas le plus important… Oui, on peut faire des ratures…’catéchumènes’, ça s’écrit comment ?
Et c’est avec un courage certain, qu’elles et ils ont partagé leurs témoignages devant une large assemblée, composée de leur familles et des paroissiens réunis lors du culte de fête à Cort’Agora.
Un cadeau pour toutes et tous
Pour nous, animatrices et animateurs, qui avons suivi le cheminement de chacune et chacun, c’est un vrai et beau cadeau qui nous est partagé. Oser affirmer sa confiance tout autant que ses hésitations. Dire que Dieu est là dans sa vie ou qu’il est plutôt à découvrir. Vouloir s’engager pour accompagner de futurs catés ou se donner le temps de la réflexion. Tout autant de bonnes réponses.
Un compagnonnage à vie
Croire ou ne pas croire, telle n’est pas la question ! Le KT, c’est permettre à chaque jeune de se forger sa propre opinion, de l’accompagner dans ses questions, sans imposer de réponses toutes faites ni définitives.
Tout au long de l’année, ça a été une joie vraie et sincère de découvrir ensemble la richesse de l’Evangile et de chacun au travers de questions sur la vie, sur soi, sur le monde, sur Dieu. Et, aujourd’hui, au terme de cette année, c’est une joie tout aussi vraie et sincère de voir le chemin parcouru, les belles personnes que ces jeunes sont devenus.
L’équipe du KT lors du culte de fête à Cortaillod
On ne cesse de le répéter : le caté ne s’arrête pas à la fin de l’année, au culte de fête. Du KT, on en fait tout au long de sa vie.
Et chacune et chacun constatera sans doute que ce qui était vrai et certain à une époque l’est peut-être un peu moins ou un peu différemment à une autre. C’est normal, c’est la vie.
Bravo à vous toutes et tous, catéchumènes, monitrices et moniteurs, collègues !
📖 Textes bibliques : Premier livre des Rois 17, 8-16 et Evangile selon Matthieu 6, 24-34.
Cette prédication est en lien avec la Lanterne, le lieu d’accueil de l’aumônerie œcuménique de rue en Ville de Neuchâtel.
Maryclaude Huguenin à l’orgue
Vivre l’instant… Impossible !
Chers Amis, chères sœurs et chers frères en Christ,
Procédons à un petit sondage, si vous le voulez bien : combien parmi nous ne se font aucun – mais vraiment aucun – souci pour l’avenir ? Qui applique parfaitement cette exhortation du Christ à ne pas s’inquiéter de sa vie ? Qui a fait de ces mots « À chaque jour suffit sa peine » sa philosophie de vie et l’applique sans faillir ni faiblir ?
Je ne crois pas beaucoup me tromper en disant que nous vivons rarement pleinement le moment présent. Ne sommes-nous pas des experts de l’anticipation, de l’organisation, de la projection ? Que ce soit dans notre vie personnelle et professionnelle, nous avons besoin de prévoir les choses, de noter les rendez-vous à venir, d’entourer des échéances importantes dans l’agenda déjà bien rempli, de penser aux courses de la semaine, de réserver ses vacances d’été, de peut-être même commencer à se demander où et avec qui nous fêterons Noël cette année.
Même, notre vie d’église n’échappe pas à la règle : d’une main, nous élevons et proclamons l’aujourd’hui de la foi et de l’autre nous nous projetons déjà dans les engagements à venir.
Vendredi 31 janvier, j’ai eu le privilège de présenter la Lanterne lors de la soirée mise sur pied par l’Entraide protestante suisse (EPER). Eva Balcarová, Sebouh Terzian et moi-même avons parlé de nos réalités autour d’une même mission qui était d’ailleurs le thème de la soirée : « Les Églises s’engagent pour la société ». Je reproduis ci-dessous le texte de ma présentation. J’ai déjà parlé de ce rendez-vous dans ce billet.
Prédication du dimanche 26 janvier 2025 au temple de Cortaillod (NE)
Textes bibliques : Psaume 19(18), livre de Néhémie 8, 2-8 et Évangile selon Luc 4, 14-24
Jacques Barbezat à l’orgue.
Ayant lu le passage du jour, Jésus referma le livre, le rendit au servant, s’assit. Tous dans la synagogue avaient les yeux fixés sur lui.
Luc 4, 20
[Silence…]
Toute ressemblance…
Toute ressemblance avec des situations ou des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence… Ou presque.
Ne voyez-vous pas, chers Amis, quelques similitudes entre le prêtre Esdras devant l’assemblée, Jésus à la synagogue et nous aujourd’hui, ici en ce temple de Cortaillod ?
Il y en a plusieurs, évidemment : le fait d’être réunis d’abord en un seul lieu autour d’un « célébrant » et dans l’attente d’une parole. Et surtout, ce qu’il y a au centre, c’est la parole justement. La parole de Dieu, contenue, relatée dans le rouleau pour nos prédécesseurs, dans la bible pour nous aujourd’hui. Une parole. Et bien plus qu’une parole, son interprétation. C’est-à-dire cette volonté de lui donner du sens pour ceux qui écoutent, afin que cette parole lue et proclamée ne reste pas des mots qui pourraient s’évaporer, non ! Mais au contraire qu’ils prennent corps, qu’ils s’enracinent au plus profond de notre être et qu’ils deviennent inspirants pour la vie de chacun.